Cinéphile tunisienne

Cinéphile tunisienne Critique de cinéma | La Presse. Distinguée par l’ATPCC et la FIPRESCI (2024, 2025). Jurée internationale (My First Doc Festival 2026).

هي : قل... ألست أنت راعي النجوم ؟ هو : أنا هو. هي : ماأتعبك وأثقل كاهلك حتى جعلك لاتراها ؟هو : أتعبتني الراحة.هي : وماأن...
25/09/2026

هي : قل... ألست أنت راعي النجوم ؟
هو : أنا هو.
هي : ماأتعبك وأثقل كاهلك حتى جعلك لاتراها ؟
هو : أتعبتني الراحة.
هي : وماأنت صانع الآن ؟
هو : (لنفسه) ماأكثر أسئلة المرأة !! (لها) إني لاأجد الوقت حتى لأن أصنع شيئا…
هي : أتعرف "الأبجدية" ؟
هو : ذاك مما لاأزال أذكره.
هي : اكتب …
هو : ألا ترين الظلام يشملنا ؟

Les premiers mots que l’on entend dans le film Le Pâtre des étoiles réalisé par Hatem Ben Miled en 1971

Un film où le corps se souvient de ce que le temps a tu. ▪️Mémoire d’un corps brûlant (2024), réalisé par Antonella Suda...
19/09/2026

Un film où le corps se souvient de ce que le temps a tu.

▪️Mémoire d’un corps brûlant (2024), réalisé par Antonella Sudasassi Furniss

Un film sur le doute, quand décider devient une affaire de conscience. ▪️La Grazia (2025), réalisé par Paolo Sorrentino
19/09/2026

Un film sur le doute, quand décider devient une affaire de conscience.

▪️La Grazia (2025), réalisé par Paolo Sorrentino

14/09/2026
Cinq ans après sa parution en 1984, ce roman d’André Miquel a été adapté au cinéma par le réalisateur tunisien Taieb Lou...
09/09/2026

Cinq ans après sa parution en 1984, ce roman d’André Miquel a été adapté au cinéma par le réalisateur tunisien Taieb Louhichi dans son film Layla, ma raison.

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Extrait du BULLETIN CRITIQUE DES ANNALES ISLAMOLOGIQUES N° 3
Par Nada TOMICHE
(Université de Paris III)

« … En naissant, l’amour a produit le discours; rendu impossible par la séparation, il l’a exacerbé. Devenu absent dans son objet par la mort de Layla, il efface en même temps le sujet qui produisait le discours » (p. 26). En fait, il le prolonge par l’imaginaire populaire et une longue postérité poétique. Et parce que l’amour nourrit et sublime son génie verbal, « dans la nuit de sa folie, (Mağnūn) pourrait dire ‘Laylā, ô ma raison!’ » (p. 80).
Ce cri formera le titre du roman que Miquel construit sur les résultats de son travail de savant, dernier avatar de l’histoire légendaire de Mağnūn et de Laylā. L’histoire a connu un destin paradoxal, finissant par signifier non plus l’amour de la femme mais l’amour qui se détourne d’elle pour aller vers Dieu, non plus la torture de l’absence mais l’extase de l’union mystique. Dans le roman, c’est un autre problème qui préoccupe Miquel, une question déjà posée dans son étude (p. 147) : « Comment Majnūn aima-t-il Laylā ? … Comment vécut-il cette aventure en tant que personne? ». Et l’on assiste à la libération de l’imagination romanesque, de la f***e du logis. Miquel, co-auteur de l’ouvrage scientifique, prend son objet d’étude pour héros du roman, comme sujet d’une action auto-destructrice, mû par une volonté de mort. Cette obsession suicidaire du personnage et de son créateur qui le suit comme une âme, comme son double et comme son narrateur, fascine et angoisse. Un dialogue s’établit entre eux sur l’amour, dont le lecteur est témoin. Aux précédentes questions du pourquoi et du comment, Miquel répond avec la liberté totale du romancier et le style du poète. Il instaure alors, à un second degré, un « discours amoureux » qu’il développe en écho à celui de Barthes, souvent cité dans l’étude et avec qui l’accord n’est pas constant.
Et l’on assiste ainsi au prolongement de l’œuvre scientifique devenue source de la création romanesque, témoignage rare dans l’histoire littéraire. »

*Photo générée par IA.

𝐋𝐞 𝐛𝐮𝐫𝐥𝐞𝐬𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐞𝐥𝐨𝐧 𝐀𝐧𝐝𝐫𝐞́ 𝐁𝐚𝐳𝐢𝐧André Bazin, dans son texte « Théâtre et cinéma » (1940), s’intéresse notamment à une for...
06/09/2026

𝐋𝐞 𝐛𝐮𝐫𝐥𝐞𝐬𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐞𝐥𝐨𝐧 𝐀𝐧𝐝𝐫𝐞́ 𝐁𝐚𝐳𝐢𝐧

André Bazin, dans son texte « Théâtre et cinéma » (1940), s’intéresse notamment à une forme de burlesque dans laquelle quelque chose de très particulier se produit : l’action remplace l’intrigue.
Pour comprendre ce qu’il veut dire, partons d’une histoire classique. Normalement, le fonctionnement se présente ainsi : un personnage veut quelque chose >> des obstacles apparaissent >> il essaie de les surmonter >> de nouvelles complications surgissent >> les rebondissements s’enchaînent >> puis vient la résolution.
Or, dans certains films burlesques, cette mécanique disparaît complètement. Il n’y a plus besoin d’une intrigue complexe. Le personnage a une idée fixe, et il va la poursuivre jusqu’à l’absurde.

Bazin parle ainsi d’une « phénoménologie de l’entêtement ». Le terme peut sembler compliqué, mais l’idée est finalement très simple. Le personnage devient une machine à agir. Il entreprend une action et s’y accroche avec une obstination absolue.
Il prend l’exemple de Boireau qui décide de faire le ménage.
Dans une histoire traditionnelle, on pourrait imaginer : il commence à nettoyer >> quelque chose arrive >> il réagit >> une nouvelle situation apparaît >> puis l’histoire avance vers sa conclusion.
Mais ici, ce n’est pas vraiment ce qui se passe.
Il continue de nettoyer.
Encore.
Et encore.
Et encore.
Jusqu’à ce que son entêtement finisse par produire une situation qui échappe progressivement à toute logique… jusqu’à ce que la maison soit pratiquement détruite.

C’est le mécanisme burlesque décrit par Bazin. Le personnage ne fait plus quelque chose parce qu’il doit logiquement parvenir à un résultat. Il continue simplement parce qu’il a commencé.
On pourrait résumer cette logique par une formule : Je veux faire X >> donc je vais faire X, quoi qu’il arrive.
Et peu importe que les circonstances deviennent de plus en plus invraisemblable. Peu importe que les difficultés deviennent gigantesques. Plus tout s’effondre autour de lui, plus il persiste.
C’est donc cette persévérance démesurée qui produit le comique.
Cela n’avance à rien de se demander : « Qu’est-ce qui va arriver ensuite ? »
On se retrouve plutôt face à une autre interrogation : « Jusqu’où va-t-il aller ? »

À bon entendeur.

𝐄𝐱𝐢𝐥 (𝟐𝟎𝟐𝟓) était au programme de la section « Spotlight on Tunisian Cinema » du Amman International Film Festival - Awa...
30/08/2026

𝐄𝐱𝐢𝐥 (𝟐𝟎𝟐𝟓) était au programme de la section « Spotlight on Tunisian Cinema » du Amman International Film Festival - Awal Film

Le dernier film de 𝐌𝐞𝐡𝐝𝐢 𝐇𝐦𝐢𝐥𝐢 commence par une sensation. Avant même de raconter une histoire, il fait entendre une matière.

Avec Exil (2025), Hmili poursuit une œuvre traversée par l’exclusion et la violence sociale. Il déplace ici son regard vers le monde ouvrier et industriel tunisien. Les destins individuels se retrouvent pris dans des rapports de pouvoir qui les dépassent.

Un homme assis au bord d’un lit, perdu dans ses pensées. Une présence féminine à l’arrière-plan, effacée. Et surtout, aucun mot. Mehdi Hmili commence par enfermer le spectateur dans un état intérieur avant de lui donner les clés du récit. Les plans très serrés et une bande sonore saturée font du corps le premier territoire du film.

Puis vient l’aciérie. Les flammes, le métal, les machines et leurs grondements donnent l’impression d’un organisme gigantesque qui respire et dévore.

Cette matière industrielle produit aussi un monde social. Une communauté d’hommes qui travaillent, souffrent, mangent et dorment ensemble, mais où l’intimité demeure impossible. Les corps sont proches, les émotions éloignées. Le manque et le désir, sous toutes leurs formes, circulent dans les non-dits.

Après le couscous partagé viennent les assiettes sales et les rats qui se nourrissent des restes. Le motif fait écho à celui de L’Opéra de quat’sous de Brecht et Weill, où le rat renvoie à un imaginaire de la misère et des êtres relégués, comme dans Streams (Amel et les fauves) (2022). Ici, derrière la solidarité apparente du repas, se dessine déjà une société rongée de l’intérieur.

C’est dans cet univers que la mort d’Adel (interprété par Mohamed Kolsi), ouvrier de l’aciérie, fait naître une enquête.
Mais Exil ne s’intéresse pas véritablement à la question policière. Ce qui l’intéresse, ce sont les vérités qui émergent peu à peu : un monde de compromis et de loyautés, où chacun sait quelque chose, mais où personne ne peut, ou ne veut, tout dire. L'accident révèle les intérêts qui entourent la privatisation de l’aciérie publique.

Le long-métrage s’inscrit ainsi dans un contexte tunisien marqué par les transformations économiques de l’après-révolution et par la remise en question du modèle industriel public. Derrière l’aciérie et ses ouvriers se dessine un monde du travail fragilisé, pris entre intérêts économiques et perte de repères. La mort d’Adel apparaît comme le symptôme d’un système en train de se défaire.

Le véritable sujet du film semble finalement être le silence. Silence des ouvriers, silence des institutions, silence autour du désir, silence autour d’Adel. Le travail sonore d’Amélie Legrand et du sound designer Ismail Ben Abdelghaffar donne à ce silence une présence physique : les machines parlent à la place des hommes, et les bruits métalliques résonnent comme les cris que personne ne pousse.

👉 La suite de l’article est disponible dans le premier commentaire.

𝐂𝐚𝐫𝐧𝐞𝐭 𝐯𝐢𝐬𝐮𝐞𝐥 |  🇹🇳 𝐌𝐚𝐤𝐢𝐧𝐠 𝐨𝐟 (𝟐𝟎𝟎𝟔) 𝐫𝐞́𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐍𝐨𝐮𝐫𝐢 𝐁𝐨𝐮𝐳𝐢𝐝
20/08/2026

𝐂𝐚𝐫𝐧𝐞𝐭 𝐯𝐢𝐬𝐮𝐞𝐥 | 🇹🇳 𝐌𝐚𝐤𝐢𝐧𝐠 𝐨𝐟 (𝟐𝟎𝟎𝟔) 𝐫𝐞́𝐚𝐥𝐢𝐬𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐍𝐨𝐮𝐫𝐢 𝐁𝐨𝐮𝐳𝐢𝐝

En préparant mon texte autour du film de Nouri Bouzid, je suis tombée sur une 𝐜𝐫𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐞́𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐋𝐞 𝐌𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐥𝐞 𝟐𝟕 𝐨𝐜𝐭𝐨...
20/08/2026

En préparant mon texte autour du film de Nouri Bouzid, je suis tombée sur une 𝐜𝐫𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐞́𝐞 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐋𝐞 𝐌𝐨𝐧𝐝𝐞 𝐥𝐞 𝟐𝟕 𝐨𝐜𝐭𝐨𝐛𝐫𝐞 𝟐𝟎𝟎𝟗, dans laquelle Jacques Mandelbaum écrit à propos de Bahta (interprété par Lotfi Abdelli), le personnage principal de Making-of : « danseur de rue suranné qui évoque l'univers de Grease ».

Grease, sorti en 1978, avec notamment John Travolta à l’affiche. Un film devenu culte, notamment par son mélange de comédie musicale, de chansons, de danses et d’une esthétique pop qui revisite, en les fantasmant, les années 1950. Devenu un véritable phénomène culturel, le film a largement dépassé son époque et fait encore partie de l’imaginaire collectif.

Je vous laisse avec une scène de Grease. À vous d’en juger.

No one did it like Olivia Newton John, RIP Queen.🔥 Buy or rent the...

20/08/2026

🎬 𝐂𝐥𝐢𝐩 𝐩𝐫𝐨𝐦𝐨 𝐝𝐮 𝐟𝐢𝐥𝐦 𝐌𝐚𝐤𝐢𝐧𝐠 𝐨𝐟 (𝟐𝟎𝟎𝟔) - 𝐍𝐨𝐮𝐫𝐢 𝐁𝐨𝐮𝐳𝐢𝐝.

Devant la caméra, une génération d’artistes qui allait laisser son empreinte : Lotfi Abdelli, Fatma Ben Saïdane, Lotfi Dziri, Mohamed Jebali, Afef Ben Mahmoud, Majdi Smiri, Mehdi R2M…

Un film qui a remporté le Tanit d’or aux Journées cinématographiques de Carthage, tandis que Lotfi Abdelli remportait le prix du meilleur acteur.

Un des marqueurs du cinéma tunisien des années 2000.

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