Ali Najab : " TOUS POUR LE Sahara Marocain "

Ali Najab : " TOUS POUR LE Sahara Marocain " ARTICLE 38. Tous les citoyens et citoyennes contribuent à la défense de la patrie et de son intégrité territoriale contre toute agression ou menace.
+ En vain.

Ali Najab, capitaine courage

"Avec un quart de siècle passé dans les camps de Tindouf, il est le plus célèbre des prisonniers de guerre marocains. Libéré depuis une décennie, il ne lâche pas son combat pour la dignité de ses anciens compagnons d’infortune. C’est dans sa résidence secondaire de Bouznika que Ali Najab nous reçoit. Barbe blanche soigneusement taillée, chemise et jeans repassés, on p

rendrait facilement ce beau septuagénaire pour l’un des rentiers ou anciens grands fonctionnaires de l’Etat qui vivent le crépuscule de leur vie sur ce petit bout de paradis balayé par les vagues de l’Atlantique. Il n’en est rien : cet ancien capitaine de l’armée de l’air est notre plus célèbre prisonnier de guerre. Le 10 septembre 1978, au moment où le conflit du Sahara fait rage, son avion est abattu par un missile sol-air près de Smara. Il s’éjecte à 10 kilomètres d’une position des FAR, mais les combattants du Polisario sont plus rapides. C’est ainsi que commence sa longue descente aux enfers : le capitaine, alors âgé de 35 ans, s’apprête à passer un quart de siècle dans un no man’s land nommé Tindouf, dans le sud algérien. « J’ai d’abord été interrogé par trois officiers de l’armée de l’air algérienne pendant un mois et demi avant d’être ballotté entre divers centres de détention à Tindouf », se souvient Najab, pour qui les camps sont déjà une grande prison à ciel ouvert. Seul au monde

Pour Najab, les premières années de captivité sont les plus dures. « Il est vrai que nous étions séparés des prisonniers sous-officiers et hommes de troupe, mais nous n’avions droit à aucun traitement de faveur », se rappelle l’ex-capitaine. Comprenez que la torture est le lot de tous. « En novembre 1984, on nous a exposés comme des bêtes de foire à l’occasion de la visite du ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Wilayati. Après avoir copieusement insulté le Maroc, son peuple et son roi, le ministre m’a sommé de dire amen. Je l’ai traité de tous les noms », se souvient, amusé, Ali Najab. Un autre iranien qui accompagnait le ministre me dit: " le ministre est ton frère en islam...." . je le stop net pour lui dire:" ni vous ni le ministre, n'êtes mes frères ni en islam, ni en quoi que ce soit. Etsi l'Islam de Koumaini est le vrai islam, alors je quitte l'Islam. La délégation iranienne décide d'écourter sa visite. Dès qu'elle avait franchi le portail, on m'enganta le visage avec des coups de poings; un de mes camardes officiers Ali Jawhar manifesta son mécontentement , d'un coup de poing on lui ouvrit la tempe. De retour au centre on nous mit tous les deux dans des cellules individuelles où nous avions passé 14 jours dans conditions extrêmement difficiles les, pieds et mains attachés derrière le dos avec une corde en nylon. Sortis de là, nous fumes jetés dans une cellule à deux pendant 11 mois.." Sorti de là le Capitaine Ali Najab fut puni encore pour avoir refusé d'insulter le Roi et les institutions du Maroc à la radio m’arranger le portrait. J devais trimbaler, pendant deux jours, pieds nus, des briques qui pesaient 20 kilos sur 200 mètres », se rappelle l’ancien officier de l’armée de l’air. Il enchaîne avec onze mois d’isolement dans une cellule. « Le plus dur était de penser à ma famille. Lorsque j’ai été fait prisonnier, mon unique fille, Ôla, n’avait que trois ans », se souvient-il, les larmes aux yeux. Mais le plus insupportable de ses souvenirs reste celui de ses compagnons, torturés jusqu’à la mort. Avec beaucoup de peine et de douleur, il raconte comment deux gardiens, au lieu d’évacuer un prisonnier à l’article de la mort, approchaient un miroir de ses lèvres pour vérifier s’il respirait encore. Ali Najab lui-même est un miraculé. Devenu diabétique dans les camps, il a lutté pour survivre. L’insuline n’est pas disponible, et le régime imposé aux prisonniers est drastique, surtout au début : il consiste en un bout de pain une louche de lentilles ou de pates bouillies dans l'eau et une carafe d’eau imbuvable par jour. Au Maroc, sa femme Atika multiplie les initiatives pour s’enquérir du sort de son mari. Il lui faudra attendre 1980 pour savoir que le capitaine Najab est toujours de ce monde. « Andrew Young, ex-ambassadeur américain aux Nations Unies, était venu à Tindouf. "Je l’ai chargé de transmettre une lettre à ma femme, sans trop y croire. Mais il a tenu parole », se rappelle l’ancien prisonnier. Survivre pour témoigner

Dans les prisons du Polisario, Ali Najab a une seule obsession : survivre pour pouvoir un jour retrouver les siens, mais aussi être capable de témoigner. « Je n’ai jamais perdu espoir. Je me mettais toujours dans l’état d’esprit d’un soldat à la veille d’une permission », témoigne notre ex-capitaine. « Je me devais de «faire face» : cette expression, écrite sur le fronton de mon école en France: l'Ecole de l'Air, ne m’a jamais quitté lors de mes longues années de captivité », confie-t-il. Mais ce n’est pas toujours facile quand, au fil des années, on voit ses camarades tomber les uns après les autres. « En 1992, un an après le cessez-le-feu, Larbi Mouzoune, officier de l’armée de terre , est mort sous la torture. . Un pilote officier pilote de chasse Maataoui Mahjoub après une tentative d'évasion sera retrouvé mort, 8 mois plus tard dans un container de lentilles, le corps décomposé », confie Najab. De son quart de siècle de captivité, il garde des souvenirs précis et datés. Celui d’un lieu à 3 kilomètres de Rabouni, siège de la RASD, ne quitte pas son esprit. 46 prisonniers marocains y ont été enterrés. Dès 1994, Atika parvient à lui écrire régulièrement, grâce à la Croix Rouge. Elle peut même lui faire parvenir de l’insuline et quelques petits effets. Mais il faut aussi tromper l’ennui, l’autre grand ennemi. « Nous n’avions pas grand-chose, mais nous fabriquions quelques petites bricoles comme des damiers. Certains prisonniers, affectés à des corvées dans les bureaux, volaient des livres et nous les ramenaient », dit-il avec un petit sourire malicieux. Certains prisonniers marocains ont-ils retourné leur veste pour se mettre au service de la propagande du Polisario ? « Je peux vous assurer que ceux qui ont accepté de dire du mal du Maroc et de son roi sur les ondes de la radio des séparatistes se comptent sur les doigts d’une seule main », répond l’ancien officier. Lui-même, après sa libération, a eu à essuyer de telles accusations. « Un jour, un gradé du Polisario est venu me voir. Il m’a dit que si les enfants et les femmes sahraouis nous tenaient tellement à cœur, à nous les Marocains, je n’avais qu’à leur apprendre la langue que je maîtrise », se rappelle Najab, devenu alors professeur d’anglais deux heures par jour. « Si on peut considérer cela comme un acte de traîtrise, alors je l’assume », tonne-t-il. A partir du milieu des années 1990, les choses commencent à s’améliorer dans les prisons des camps. « Mais ce n’était pas le Club Med », précise Ali Najab, qui déplore encore l’absence de code d’honneur militaire chez les miliciens du Polisario. Les prisonniers marocains commencent à être libérés. Le 1er septembre 2003, près de 25 ans après sa capture, Ali Najab sort finalement de prison. Le Maroc a changé, et sa fille, devenue femme, s’apprête à lui offrir ses premiers émois de grand-père. Meryem, Yazid et les camarades

« J’ai l’impression, grâce aux échanges de lettres, d’avoir toujours vécu auprès de ma fille et de ma femme. Mais ce n’est pas la même chose », témoigne l’ancien officier. Il réapprend à vivre et ses petits-enfants comblent son existence. Meryem a 11 ans, Yazid en a 8. « Ces gamins m’ont appris beaucoup de choses et sont devenus ma raison de vivre », dit-il, attendri à la vue de Meryem, qui vient nous dire bonjour avant de s’éclipser en lançant un « Papy, à tout’ ! ». Son autre raison de vivre est le combat qu’il livre depuis sa libération : que justice soit rendue aux anciens prisonniers. De retour au pays, il soutient qu’ils n’ont pas eu droit à un accueil digne de leurs souffrances. Ni par les autorités, ni par les politiques, ni même par la société civile. Ses compagnons et lui se demandent encore pourquoi ils n’ont pas eu un avancement de grade correspondant aux années de leur captivité, et pourquoi ils n’ont pas continué à bénéficier de la double solde qui leur était octroyée en tant que soldats déployés au Sahara. Lorsqu’il tente de créer, en 2005, une association d’anciens prisonniers, Najab est sévèrement rappelé à l’ordre. « Moi, j’ai la chance d’avoir une femme et une famille qui a veillé à tout, mais d’autres se sont retrouvés sans rien à leur retour », se désole-t-il. L’exemple qui demeure et continue de lui briser le cœur est celui de cet ancien prisonnier, rentré au Maroc pour apprendre que sa femme, avec qui il avait deux enfants, avait obtenu le divorce en son absence et épousé son frère, dont elle a eu deux autres enfants. « Il est mort trois mois après son retour », souffle Najab. Aujourd’hui, le plus grand souhait du capitaine est de voir le roi accorder une audience aux anciens prisonniers et les réhabiliter dans leurs droits." Par Mohammed Boudarham

Publié le 6 septembre 2014 par le journal Telquel.

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Un gros coup de filet doublé de plusieurs démantèlements de groupes terroristes viennent d’être réalisés par Interpol, l’Organisation Internationale de Police Criminelle, appuyée par Frontex, l’Agence Européenne de garde-frontières et gardes côtes, ainsi que les services de 14 pays d...

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