Journal L'opinion Maroc

Journal L'opinion Maroc Journal quotidien politique

04/03/2017

Le Maroc, la CEDEAO et l’UMA

Le Maroc poursuit la mise en oeuvre de sa politique d’ouverture sur le monde et sur le continent africain par la conquête de nouveaux espaces vitaux. Après son statut avancé avec l'Union européenne, son alliance stratégique avec le Conseil de Coopération du Golfe (CCG), son retour triomphal dans le giron institutionnel africain (UA), voilà qu'il s’apprête à intégrer, comme membre à part entière, la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), ce qui semble acquis d’avance au regard des liens forts que le Royaume entretient avec les pays de l'ouest africain aux niveaux politique, historique, religieux, culturel et économique.
Le Maroc donne ainsi toute sa consistance à son approche basée sur la coopération triangulaire, le partenariat Sud-Sud et l'intégration régionale comme clé de voûte du décollage économique de l'Afrique.
Sans doute, l'idéal, voire le naturel, aurait été que l'Union du Maghreb soit partie prenante de cette dynamique inclusive, le Maroc étant membre central de l'UMA. Mais il est entendu que celui qui n'avance pas recule et que le Royaume ne saurait être la victime éternelle des adeptes de l'inertie. L'UMA a été étouffée par des considérations désuètes héritées de la période de la guerre froide et entretenues avec entêtement par un régime algérien grabataire, rancunier et haineux, au point que l’ensemble maghrébin n'est que l'ombre de lui-même, une coquille vide à laquelle ses fossoyeurs ont voulu qu'il demeure en rade du développement et du progrès.
La flamme de l'Union maghrébine étant éteinte et la nature ayant horreur du vide, le Maroc a décidé de prendre son destin en main par la prospection de nouveaux horizons, autrement plus porteurs et dont les acteurs savent donner un sens à l'intérêt commun des peuples.
Par Jamal HAJJAM

SM le Roi marque le grand retour du Maroc à l’UA et prononce un discours historique« Le Royaume rentre dans l’Union Afri...
31/01/2017

SM le Roi marque le grand retour du Maroc à l’UA et prononce un discours historique

« Le Royaume rentre dans l’Union Africaine par la grande porte »

« C’est à l’Afrique que le Maroc cherche à donner le leadership »

Le Maroc a pris officiellement place au sein de l’Union Africaine, lundi 30 janvier, après avoir recueilli une écrasante majorité de soutiens des pays membres lors de l’examen de son adhésion à l’organisation panafricaine. Hier, mardi, S.M. a fait son entrée dans la salle de conférences où il a été chaleureusement accueilli et a assisté à la prestation de serment du nouveau président de la Commission de l’UA, avant de prononcer un discours historique devant les Chefs d’Etat africains.
Le texte intégral du Discours Royal sur le :
www.lopinion.ma

31/01/2017

Editorial : UA : Une étape de franchie

Par Jamal HAJJAM

Le retour du Maroc à l’Union Africaine marque une nette et déterminante victoire du Royaume sur les ennemis de son intégrité territoriale et de sa vision, résolument tournée vers l’avenir, conçue et mise en oeuvre pour le développement du continent. La victoire est certes celle de tout le Maroc, mais c’est d’abord le triomphe d’un Roi clairvoyant, perspicace et pragmatique qui a su, grâce à sa démarche pertinente, patiente et laborieuse, redonner âme et vitalité à la diplomatie marocaine et, du coup, mettre en échec les tentatives désespérées d’entraver à ne pas en finir la suprématie de la vérité et du droit. La capacité du Souverain à fédérer la quasi-totalité des chefs d’Etat africains renseigne sur le respect existant entre le Maroc et ces pays et sur la transformation que l’instance panafricaine va devoir connaître sur le plan opérationnel et au niveau des statuts.
Le retour du Maroc n’est qu’une première manche sur la voie du renouveau de l’UA et de la réinstauration de la légalité en son sein. La seconde manche devra être celle de l’amendement des statuts pour consacrer la normalité dans les rangs de l’instance panafricaine et lui permettre de fonctionner dans la performance qui lui a manqué jusqu’ici.
Il ne faut pas perdre de vue qu’avec le retour du Maroc, la famille institutionnelle africaine compte désormais 54 Etats souverains plus un membre illégitime du nom du polisario qui ne répond à aucun des critères fondamentaux qui font qu’une entité puisse être considérée comme Etat, à savoir un peuple, un territoire, une souveraineté et une reconnaissance internationale. Des ingrédients dont la pseudo rasd ne peut en aucun cas se réclamer. Cette entité, faut-il le rappeler, n’existe que sur le territoire algérien. Elle ne siège dans aucune organisation internationale. Elle ne doit sa présence au sein de l’UA qu’aux égarements de l’OUA et à la violation antérieure du droit international. A présent que l’Union Africaine s’est recomposée dans sa grande famille, il va falloir qu’elle se débarrasse de cette casserole qu’elle traîne depuis 33 ans.

31/01/2017

Triomphe de la diplomatie Royale : Le Maroc, 54ème membre légitime de l’Union Africaine

Par Ahmed NAJI

Lundi 30 janvier, par l’écrasante majorité de 39 voix sur 54, le Maroc a marqué son retour au sein de l’Union Africaine (UA), un moment historique qui marque un tournant majeur dans la destinée de l’Organisation panafricaine. Cette éclatante victoire a été arrachée au terme d’une rude bataille diplomatique et grâce à l’engagement personnel de SM le Roi Mohammed VI, les adversaires du Royaume n’ayant épargné aucune manœuvre dilatoire pour tenter jusqu’au dernier instant de retarder, faute de pouvoir saboter, son admission à l’UA.
Le Maroc sait maintenant pouvoir compter 39 pays alliés et amis au sein de l’UA, qui ont refusé de céder aux pressions des pays de l’axe Prétoria-Alger, et avec lesquels il sera désormais possible de briser la coquille idéologique ossifiée dans laquelle l’UA a été trop longtemps enfermée, pour sortir au monde actuel, en profonde transformation géopolitique, et y marquer fortement sa présence autrement qu’en suscitant la pitié, à travers la médiatisation de ses crises et difficultés qui n’en finissent jamais. Une UA renforcée par l’adhésion du Maroc qui n’en a pas moins besoin de gagner en crédibilité en commençant par nettoyer les écuries d’Augias.
Il y a des bizarreries fonctionnelles de l’UA qu’elle se doit bien d’éliminer afin de réhabiliter son image aussi bien sur la scène internationale qu’auprès des peuples africains. Ainsi en est-il du bureau de conseiller juridique de l’UA, qui a récemment émis un avis défavorable à l’admission du Maroc dans l’Organisation panafricaine, alors même que le poste est vacant depuis que le Sud-Africain M. Vincent Nmehielle l’a quitté, début septembre dernier, pour devenir secrétaire général du Groupe de la Banque Africaine de Développement. Qui a donc élaboré et émis cet avis ? Si bureau de conseiller juridique de l’UA il y a, quel est donc son avis sur la présence d’un Etat non reconnu par les Nations Unies dans les rangs de l’Union Africaine ? Les deux tiers des membres de l’UA peuvent voter des amendements à apporter à son Acte constitutif, qui ne prévoit jusqu’à présent pas l’expulsion d’un parasite indésirable comme l’entité étatique fictive rasdienne, soit moins de voix qu’il n’en a fallu pour entériner le retour du Maroc à l’Organisation panafricaine.
Nouvelle orientation
Le hasard (ou la discrète diplomatie marocaine) faisant bien les choses, le retour du Maroc au sein de l’UA est accompagné par l’accession à la présidence de l’Organisation panafricaine du très sage et expérimenté président de la Guinée, M. Alpha Condé, qui a rappelé à l’Afrique du Sud, au cours de cet historique 28ème sommet d’Addis Abeba, que la majorité a toujours raison dans tout système démocratique qui se respecte. La commission de l’UA pourra également enfin sortir de l’état d’impuissance manifeste dans lequel l’avait plongé la Sud-Africaine Mme Dlamini-Zuma, plus préoccupée par sa carrière politique dans son pays et porter nuisance au Maroc qu’à remplir les fonctions pour lesquelles elle avait été élue. Elle a été remplacée par le Tchadien M. Moussa Faki Mahamat, auparavant chef de la diplomatie de son pays et très sensible au grave sujet de la lutte contre le terrorisme. Même s’il n’a pas tellement suscité l’intérêt des médias, le plan de réforme de l’UA présenté par le président rwandais, M. Paul Kagamé, est d’une grande importance pour remettre l’Organisation panafricaine sur la voie de l’efficacité et du succès, après les années gâchées de grandiloquents mais non moins inutiles verbiages. Conscients des défis auxquels est confronté le continent, une majorité de pays africains ont donc exprimé leur choix pour une nouvelle orientation dans la destinée de l’UA.
Le retour du Maroc au sein de l’Union Africaine, autant par les oppositions et débats qu’il a suscité que le potentiel de volontarisme agissant qu’il ne va pas manquer d’insuffler aux rouages de l’organisme panafricain, est symbolique d’une nouvelle ère. Fini le temps où l’Afrique se complaisait dans ses lamentations. Pleurer les méfaits du colonialisme ne les effacera pas pour autant et attendre que d’autres prennent soin de l’Afrique est aussi vain que révoltant, puisque triste aveu d’incapacité à se prendre soi-même en charge. Nous, Africains, avons les moyens de marquer l’évolution du monde de notre empreinte. Le continent est riche de terres arables encore inexploitées et de phosphates pour fabriquer des engrais et ainsi participer à nourrir les milliards d’êtres humains qui peuplent la Terre. L’Afrique n’est, non plus, en manque ni de réserves d’énergies fossiles et renouvelables ni de minerais. Des cadres bien formés et une main d’œuvre abondante, tous les ingrédients sont là pour stimuler développement industriel et technologique d’un continent jeune et somptueusement doté de ressources naturelles qui représente désormais l’avenir de l’ensemble de l’humanité.

Leadership éclairé
Ce qui manque à l’Afrique pour se dresser de toute sa puissance endormie ? Le leadership éclairé. L’exercer avec sagesse et perspicacité c’est s’assurer de s’appuyer sur une jeunesse africaine affamée de réussite et prête à suivre la voie tracée qui y mène, pleinement conscient que celle-ci est faite de sueur et de sacrifices, qu’elle est au goût de l’effort raisonné et de la satisfaction mesurée.
Il reste, bien entendu, à déterminer la nature du leadership africain. Avec le passif historique qu’est celui de l’Union Africaine et les leçons qu’il est aisé d’en tirer, ce leadership ne doit surtout pas être vicié par l’arrogance de quelques puissances régionales qui croient savoir ce qui est bon pour les peuples d’Afrique mieux que ces derniers, alors qu’ils n’arrivent même pas à répondre aux attentes de leurs propres peuples. En ces temps nouveaux dominés par la puissance des réseaux, le Maroc croit fort en la réflexion et l’action en essaim de pays africains souverains, de manière à pouvoir venir réellement à bout de la quantité de problèmes différenciés que traînent les pays du continent, dans le respect des spécificités et choix de chacun.
Le contexte mondial est au changement profond des paradigmes géostratégiques, avec des Etats-Unis qui veulent s’occuper en priorité de leurs propres problèmes et arrêter de jouer le rôle épuisant de gendarme du monde, une Europe économiquement et socialement essoufflée, dont les peuples sont de plus en plus sensibles aux chants de sirènes du nationalisme le plus étroit, une Russie sur le grand retour en tant que puissance internationale, une Inde qui prend conscience de son poids géoéconomique et une Chine qui étend sa « soft power » le long de la route de la soie en devenir. Plus globalement, les clivages politiques gauche-droite ont de moins en moins cours, laissant place à ceux entre mondialistes et souverainistes.

L’apport du Maroc
Il fut un temps où les idéaux révolutionnaires progressistes ont, à juste cause, fleuri en Afrique, quand il fallait lutter contre le colonialisme et ses suppôts, mais, confrontés à la réalité de l’exercice du pouvoir, les tenants de cette idéologie se sont révélés non seulement incapables de mettre leurs pays sur le chemin du développement, mais, pire, se croyant porteurs de LA vérité, ils ont majoritairement affiché une fâcheuse tendance à la tyrannie.
Le Maroc n’a nulle leçon à donner à qui que ce soit, ayant lui-même cherché à trouver sa propre voie, adoptant la démocratie et le libéralisme comme principes, en partant de l’attachement profond des Marocains à l’idéal de liberté, seul cadre propice à l’épanouissement de tout un chacun. Le Maroc ne retourne, cependant, pas à l’UA les mains vides, il a un projet à proposer, celui de la coopération multipartite et multiforme - politique, économique, scientifique, sécuritaire, culturelle et religieuse - en fonction des besoins de chaque pays africain et au profit de tous les peuples du continent, ainsi qu’une ambition à partager, celle de ne plus geindre en quémandeurs auprès des partenaires extérieurs, de se repositionner en porteurs d’opportunités de gains équitablement partagés qui négocient à pied d’égalité avec ces derniers.
L’Afrique, complétée du Maroc et débarrassée de ses scories idéologiques, est apte à prétendre à un statut nouveau à l’échelle planétaire, avec des partenariats à nouer avec l’Inde et la Chine sur son versant pacifique et l’Amérique latine sur son versant atlantique, dans une inversion de la carte géopolitique mondiale où la coopération horizontale Sud-Sud serait bien plus qu’une solution de rechange à la relation verticale Nord-Sud déséquilibrée qui a prévalu jusqu’à présent.

25/01/2017

Chasser les mauvais esprits qui hantent encore le continent Le retour du Maroc à l’Union Africaine annonce un temps nouveau
Par Ahmed NAJI

Une quarantaine de pays africains soutiennent le retour du Maroc au sein de l’Organisation panafricaine dans une dynamique politique qui dépasse la simple adhésion institutionnelle. Une profonde mutation géopolitique annoncée qui donne des cauchemars aux tenants de l’ordre continental statique actuel, où les postures idéologiques inefficientes et d’un autre âge priment sur les intérêts concrets et urgents des peuples africains. Dans cinq jours, à Addis-Abeba, l’Afrique post-indépendance, engluée dans ses interminables conflits internes et ses contradictions, devrait commencer à laisser place à une Afrique plus décomplexée envers son passé de soumission coloniale et les problèmes qu’elle en a hérité et résolument tournée vers un avenir qui s’annonce radieux grâce à l’énorme potentiel de développement de ses nations.
Le prétexte polisarien invoqué par les adversaires géopolitiques du Maroc pour contrer sa demande d’adhésion à l’Union Africaine peine à masquer la réalité : la plupart des pays africains ne reconnaissent pas la république fantoche, même s’ils siègent à ses côtés au sein de l’Organisation panafricaine, et il n’est jamais venu à l’idée de personne de leur en faire le reproche ou de les accuser de menacer, de la sorte, l’unité des rangs. La véritable inquiétude des opposants du Maroc serait que la réalité de l’exercice du Royaume de sa pleine souveraineté sur ses régions du Sud ne vienne anéantir l’illusion d’une entité étatique polisarienne totalement fictive et rappeler qu’elle ne compte pas parmi les Etats membres de l’Organisation des Nations Unies.
Il est intéressant de noter qu’à l’exception de l’Algérie, pays d’Afrique du Nord dont les dirigeants ont maintes fois prouvé leur manque de vision géopolitique prospective, les quatre autres pays africains à se montrer franchement hostiles au Maroc sont l’Afrique du Sud, la Namibie, le Mozambique et l’Angola. Tous ces pays sont situés dans la partie australe du continent. Il est tout aussi important de souligner que la Namibie a été sous occupation de l’Afrique du Sud du régime de l’apartheid pendant plus d’un demi-siècle et que cette dernière est également militairement intervenue en Angola et a soutenu une guérilla au Mozambique, dans les années 70 et 80 du siècle passé. A la lourdeur de cette histoire régionale de champ de bataille sanglant parmi ceux de la guerre froide, s’ajoute celle, idéologique, héritée des mouvements progressistes qui s’épanouissaient dans la région. La politique de développement socioéconomique appliquée par le Maroc depuis l’intronisation de SM le Roi se distingue, de manière évidente, de celle en cours jusqu’à présent dans les pays de l’axe Prétoria-Alger, où les tenants des régimes politiques exploitent jusqu’à l’usure la légitimité découlant de la résistance à l’oppression coloniale, pendant que corruption et népotisme gangrènent leurs sociétés et privent leurs populations de toute perspective de développement. Maintenant que le Maroc s’affirme comme modèle pour les autres pays du continent et leur propose un partenariat Sud-Sud gagnant-gagnant, son adhésion à l’Union Africaine pose aux pays de l’axe Prétoria-Alger un grave problème de leadership, puisque le Royaume en a modifié les principes mêmes à l’échelle du continent. C’est le duel entre une conception de l’Afrique mue par le pragmatisme, axée sur le développement socioéconomique et tournée vers le futur et une approche qui consiste à garder le regard fixé sur le rétroviseur tout en palabrant à l’infini sur une prétendue lutte anti-impérialiste, dont la « grandeur » n’arrive toutefois pas à subvenir aux besoins des populations et répondre à leurs attentes de bien-être.
L’Afrique est un continent jeune et sa jeunesse ne peut se rassasier ni ne veut se contenter d’un populisme qui n’enrichit que ceux qui en font leur fonds de commerce. Ses résultats en termes de progrès économique et social sont aussi fictifs que l’entité pseudo-étatique polisarienne qui siège comme un spectre à l’UA. Il est plus que temps de chasser les mauvais esprits qui hantent l’Afrique, dilapident ses richesses naturelles et étouffent son potentiel de développement, outre les menaces qu’ils font peser sur sa sécurité. Et le Maroc compte bien apporter une nouvelle dynamique à une Organisation panafricaine qui a, jusqu’à présent, surtout brillé par son incapacité à apporter la moindre solution concertée aux maux qui affaiblissent l’Afrique et entravent son envol dans le monde multipolaire en devenir. A l’aube d’une nouvelle ère où la Chine étend progressivement mais hardiment sa nouvelle Route de la soie jusqu’à atteindre la Méditerranée et où la Russie affiche ses ambitions eurasiatiques, le Maroc se veut jouer le rôle de plaque tournante entre une Afrique jeune et riche en opportunités, mais pauvre en moyens de les fructifier, et une Europe vieillissante et à bout de souffle économique, mais néanmoins dotée de capacités industrielles et technologiques dont le continent africain a rudement besoin.
Plus qu’une simple adhésion à l’Union Africaine, le retour du Maroc au sein de sa famille institutionnelle continentale marque un tournant géopolitique majeur qui annonce le début du temps de l’Afrique sur la scène mondiale.
www.lopinion.ma

14/01/2017

CAN 2017 : La fracture entre le sport et le politique

Par Hamid YAHYA

La Coupe d’Afrique des Nations 2017 sera organisée au Gabon du 14 janvier au 5 février, en remplacement de la Libye qui s’était désistée en raison de sa situation politique interne. Le Gabon avait déjà organisé conjointement en 2012 cette compétition avec la Guinée équatoriale. L’attribution a fait naître une polémique au sein de la société gabonaise.

A quelques jours du coup d’envoi, le Gabon ne cesse d’accumuler les déboires. Les causes sont d’ordre politique et sportif. La gronde monte entre différentes factions sociales suite aux élections qui ont porté à la présidence M. Ali Bongo. Des militants de la société civile gabonaise soutenant le candidat perdant, M. Jean Ping, ont appelé au « boycott » de cette Coupe d’Afrique. Des journaux proches de l’opposition ont lancé des appels similaires. Le chef de l’Etat élu tente de calmer le jeu en réitérant sa promesse d’un dialogue politique, qui s’ouvrira au lendemain de la Coupe d’Afrique des Nations, mais Ping refuse cette éventualité.
Même le côté sportif n’a pas été épargné. Principal problème : l’entraîneur. Ecarté à quelques semaines du début de la CAN, Jorge Costa a laissé sa place à Camacho. Un changement qui a déclenché une autre polémique, celle-là d’ordre sportif. Le torchon brûle entre le nouveau boss des Panthères et la Fédération. Camacho ne jouirait pas d’une totale liberté et s’est vu refuser quelques unes de ses demandes. Dans ces conditions, il sera compliqué de faire bonne figure. L’objectif sera d’aller au moins jusqu’aux demi-finales, ce qui serait mieux que 2012, année où les Panthères ont été éliminées dès les quarts de finale à domicile.
Espérons que ces problèmes ne gâcheront pas cette fête africaine. Que le spectacle commence...

22/12/2016

Accord agricole Maroc-UE : Camouflet pour les ennemis de l’intégrité territoriale du Royaume : La Cour de justice de l’UE rejette comme irrecevable le recours du polisario

Par : A. NAJI www.lopinion.ma

Justice a été enfin rendue dans l’affaire de l'annulation partielle de l'accord agricole entre le Maroc et l'Union européenne, annulation qui avait été prononcée par arrêt du tribunal de l'Union européenne datant du10 décembre 2015. La Cour de justice de l'Union européenne a rejeté, hier mercredi, comme irrecevable le recours du polisario contre ledit accord agricole et annulé l'arrêt du tribunal de l’UE à ce sujet. Le polisario a également été condamné à supporter ses propres dépens ainsi que ceux exposés par le conseil de l'UE.
Il est à rappeler que l’avocat général de la Cour de justice de l’UE avait précisé, il y a trois mois, que le polisario n’avait ni la qualité, ni la légitimité pour représenter les habitants des régions du sud du Royaume et ses intérêts. De ce fait, son recours en annulation devait être jugé irrecevable. Ainsi, la Cour de justice de l'Union européenne, qui est l'une des sept institutions de l'UE, dont la mission est de veiller à l'application du Droit de l'Union et regroupe trois juridictions, la Cour de justice, le Tribunal et le Tribunal de la fonction publique, a-t-elle clairement précisé que le polisario ne peut s’auto-ériger représentant des habitants des régions du sud et ne peut prétendre parler en leur nom.
La décision de la Cour de justice de l’UE est tout à fait conforme au Droit international, puisque la république fantoche n’est pas membre de l’Organisation des Nations Unies. Seule l’Union africaine reconnaît cette entité créée de toute pièce par l’Algérie, une situation des plus anormales qui nuit à la crédibilité de l’organisation panafricaine. Il est, d’ailleurs, à espérer que l’adhésion prochaine du Maroc à l’UA va sonner le glas de la présence de la république des mercenaires dans les rangs de cette institution, qui n’arrive toujours pas à répondre aux attentes et ambitions des peuples africains, du fait de l’influence néfaste de quelques pays sur son fonctionnement.
Avec cette gifle infligée au polisario et à ses parrains algériens par la Cour de justice de l’UE, c’est le mythe de la représentation des habitants des régions du sud du Maroc par la république fantoche qui s’évapore. C’est également un feu vert donné aux investisseurs étrangers désireux d’installer des activités productives dans les régions du sud, le polisario n’étant pas en droit d’entraver leurs démarches et de priver ces régions du développement socioéconomique que l’Etat marocain promeut à coups de milliards de Dirhams. L’opinion publique internationale peut, d’ailleurs, aisément constater actuellement que le polisario n’est bon qu’à multiplier les provocations envers le Royaume et mettre en péril le cessez-le-feu au Sahara, en installant quelques uns de ses desperados à Guerguerat, pour y protéger les trafiquants de tout genre que les services de sécurité marocains avaient récemment chassés.
Plutôt que sur la liste des entités étatiques, c’est sur celle des mouvements narcotrafiquants et terroristes que le polisario devrait normalement figurer.

Discours du Souverain devant la séance solennelle de Haut Niveau de la COP22: De la responsabilité des pays industrialis...
17/11/2016

Discours du Souverain devant la séance solennelle de Haut Niveau de la COP22: De la responsabilité des pays industrialisés

Mettre la main à la poche pour réparer les dégâts causés à la planète

Par Ahmed NAJI

Mettre les points sur les « i » est ce en quoi a consisté le discours de SM le Roi prononcé à la 22ème Conférence des Parties (COP22) à la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques. Parmi les passages saillants dudit discours, ceux où il est question du « soutien financier et technique urgent » à accorder aux pays du Sud, afin qu’ils puissent « renforcer leurs capacités et de s’adapter aux changements climatiques », et le « test réel » que devraient constituer les résultats de la conférence de Marrakech, « pour mesurer la fiabilité des engagements » et « la crédibilité des parties qui les ont annoncés ». Le plus concret, pour les pays du Sud, de ces engagements, les cent milliards de dollars à mobiliser à l’horizon 2020.
En termes moins diplomatiques, les pays industrialisés, premiers responsables des émissions des gaz à effet de serre qui ont entraîné l’actuel réchauffement climatique, doivent mettre la main à la poche pour réparer les dégâts causés à la planète, dont les pays du Sud sont les premiers à souffrir.
Ce n’est pas un hasard si le Maroc, pays hôte de la COP22, qui s’est également engagé à se faire le porte-parole des inquiétudes et attentes des autres pays de l’hémisphère Sud, se montre l’un des plus fervents défenseurs de la lutte contre le changement climatique, et ce, en appelant les pays développés à assumer leurs responsabilités autant qu’en donnant lui-même l’exemple. Comme n’a pas manqué de le rappeler SM le Roi, « le Maroc, qui a été parmi les premiers pays à avoir annoncé leur contribution prévue déterminée au niveau national, s’est engagé récemment à baisser le taux des émissions (de GES). De même, il a pris des initiatives concrètes pour assurer, à l’horizon 2030, 52% de sa capacité électrique nationale à partir de sources d’énergie propre ».
Les périodes de sécheresses, de plus en plus fréquentes, ont affecté sa production agricole, ce qui se traduit à la fois par une menace sur sa sécurité alimentaire, l’accélération de l’exode rural, alors que le tissu industriel n’est toujours pas suffisamment étoffé pour absorber la masse des nouveaux arrivants en zones urbaines, et des pertes de points du Produit Intérieur Brut, la participation de l’agriculture, par ailleurs premier employeur, à la croissance économique connaissant des variations annuelles très prononcées, selon les conditions climatiques. Le Royaume est, d’autre part, une voie de passage pour nombres de migrants africains subsahariens, voulant se rendre en Europe, et une partie d’entre eux finit par s’y installer définitivement, faute de pouvoir traverser le détroit de Gibraltar.
Est-il nécessaire de rappeler que c’est également l’impact négatif du réchauffement climatique sur la production agricole dans les pays africains du Sahel qui a chassé de chez eux nombre de ces migrants ? En régularisant massivement les migrants clandestins subsahariens présents sur son territoire, le Maroc a concrètement fait preuve de solidarité, alors même que ce n’est pas un pays riche et qu’il lutte contre la pauvreté qui touche encore une part non négligeable de sa population.
De l’autre côté de la Méditerranée et l’Atlantique Nord, c’est un tout autre son de cloche qui commence à se faire bruyamment entendre, et la voix du président français, François Hollande, appelant, dans son discours à la COP22, les Etats-Unis, nouvellement « trumpiens », à respecter leurs engagements pris dans le cadre des Accords de Paris, semble se perdre dans un désert rendu aride par l’égoïsme et la montée des nationalismes. Faisant fi des données scientifiquement validées sur le réchauffement climatique, un climato-scepticisme de mauvais augure semble trouver écho auprès de politiciens, dont la vision ne porte pas plus loin que le court terme des échéances électorales.
Par suffisance intellectuelle ou faute de courage politique pour mettre en œuvre des stratégies novatrices aptes à sortir leurs pays de la crise économique dans laquelle ils se morfondent, ces politiciens n’ont pas trouvé mieux que de nier les réalités afin de continuer sur les voies qui ont mené l’environnement planétaire à sa situation actuelle, ce qui présage, donc, d’une aggravation de cette situation. Quant aux victimes, situés principalement dans les pays du Sud, de cet aveuglement des pays dits avancés, les politiciens populistes n’ont rien trouvé de mieux que d’ériger des murs pour les contenir.
Aux Etats-Unis, la 4ème phase de l’extension de l’oléoduc Keystone XL, transportant des hydrocarbures du Canada extraits des sables bitumineux, fortement critiquée par les défenseurs de l’environnement et à laquelle le président américain sortant, Barack Obama, s’est fermement opposé, risque fort d’être relancée, maintenant que les Républicains tiennent à la fois la Maison blanche et le Congrès. La Chine, pour sa part, prévoit une augmentation de 19 % de la capacité des centrales à charbon dans son plan quinquennal à l’horizon 2020, alors que la part des énergies renouvelables dans son mix énergétique n’ira pas au-delà de 15%. Les Etats-Unis et la Chine sont actuellement les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre. Tout semble donc indiquer que les deux géants économiques ne sont pas prêts de modifier, à brève échéance, leurs politiques à ce sujet.
Que faire ? Pour les pays du Sud, d’abord se rendre à l’évidence qu’ils doivent commencer par compter sur eux-mêmes, en évitant d’attendre Godot. Et si de solidarité il est question, elle doit, en premier lieu, s’exprimer entre eux. Mais ce n’est pas une raison pour exempter les pays avancés de leurs responsabilités. Partageant un destin commun, les pays du Sud se doivent également de faire front commun, tout en se cherchant des alliés parmi les pays développés, dont les dirigeants politiques ont conscience de la menace que fait peser le réchauffement climatique sur l’ensemble de l’humanité. Et comme il existe des normes sanitaire et de qualité pour pouvoir accéder aux marchés des pays dits avancés, rien n’empêche les pays du Sud de se doter de normes de responsabilité écologique, sans le respect desquels les pollueurs atmosphériques peuvent toujours garder leurs produits peur eux.

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