17/02/2026
Bonjour à toutes et à tous,
Avant toute chose, nous souhaitons vous témoigner un immense merci pour vos messages de soutien.
Suite à la tenue, hier soir, d’un bureau majoritaire, l’organisation du festival a appris le retrait (logique) de l’ordre du jour du dernier conseil municipal de la mandature en place, à venir le 26 février, de la délibération relative au vote de la subvention de fonctionnement pour l’édition 2026 du festival à Vierzon.
Si cette décision est sans surprise, elle est l’occasion de clarifier certaines déclarations. Le post est (un peu) long, nous nous en excusons, mais la mise au point nous semble nécessaire. Vous méritez d’y voir plus clair.
Sur le volet humain de cette aventure, nous condamnons avec la plus grande fermeté les propos tenus par l’exploitante du Ciné Lumière. Dans la société dans laquelle nous vivons, la voix des vraies victimes de violences est malheureusement, d’ores et déjà, peu entendue et crue. Ainsi, il nous semble désastreux de parasiter le débat public avec des allégations mensongères et diffamatoires. Des allégations, à propos desquelles nous serions fondés à mener des poursuites judiciaires, ce que nous ne ferons pas, à ce stade, dans un souci constant d’apaisement.
Sur le volet financier, il est important de rappeler que les bilans financiers et les comptes de l'association certifiés par un cabinet d'expertise comptable, depuis la création du festival, sont tenus à la disposition de tous les élus. Par un effet de décalage dans le temps du versement des subventions publiques, l'association a franchi, pour son exercice 2024/2025, le seuil réglementaire (fixé à 153 000 euros) qui déclenche un degré supérieur de contrôle, avec la nomination d'un commissaire aux comptes qui est actuellement à pied d'œuvre.
En outre, il n’appartient pas à un prestataire privé d’un événement, de questionner l’emploi des subventions publiques reçues. Cette manœuvre grossière, ne laisse aucun doute sur l’instrumentalisation politique qui est à l’œuvre derrière, au moment où la ville de Vierzon affronte des élections municipales dans un climat, pour le moins, contrasté. Nous rappelons également que le financement du festival n’est assuré qu’à 60% par des financements publics. Ce soutien financier conséquent, est avant tout le reflet d’une volonté commune (avec les collectivités) de proposer un événement accessible au plus grand nombre, par une politique tarifaire qui fait du FFD, l’un des festivals les moins chers de France.
Enfin, sur le volet des solutions, que nous avons eu à cœur d’étudier avec les efforts constants de la ville et la communauté de communes, nous vous expliquons pourquoi elles ne sont pas possibles.
La possibilité de faire des projections au théâtre Mac-Nab : le matériel technique ne remplit pas les critères pour accueillir des projections cinématographiques d’une qualité suffisante. Si nous nous mettons dans l'hypothèse de la location de matériel adéquate, il reste un obstacle insurmontable, celui de la billetterie. En effet, pour des raisons réglementaires, les projections en billetterie CNC ne sont pas possibles en dehors d'une salle de cinéma. Ces projections permettent aux distributeurs de comptabiliser les entrées faites en festival, lors de la sortie nationale des films. Si ce sujet n’est pas grand public, il est aujourd’hui déterminant pour des festivals comme le nôtre. Comme vous l’avez peut-être remarqué, le marché du film souffre. Une baisse structurelle de la fréquentation des cinémas, qui ne permet quasiment plus aux distributeurs d'envoyer leurs films « gratuitement » en festival malgré les contreparties proposées (prises en charge, visibilité sur l'événement, presse - et pour les films en compétition : la possibilité d'avoir un prix...). Une évolution du marché que nous souhaitons accompagner en proposant une billetterie CNC sur toutes nos séances, tout en maintenant notre politique tarifaire très avantageuse (solution d’ailleurs proposée au Ciné Lumière en septembre 2025, puis à la DRAC en novembre 2025).
P.S. : pour traduire, la billetterie CNC c’est celle que vous payez quand vous allez au cinéma (la billetterie classique). Le fait de basculer toute notre billetterie en CNC, revient à devoir régler au cinéma, au minimum, 5 euros par séance, par spectateur présent, là où avec notre politique de PASS, le prix moyen par séance est aux alentours de 2,50 euros. Un delta financier potentiel pour le festival que nous étions prêts à assumer. Après tout, les subventions publiques que nous recevons doivent servir à ça.
Ainsi, dans la perspective de projections au Mac-Nab, nous allons avoir beaucoup de mal à construire une programmation de qualité, ou tout simplement, à avoir des films à proposer.
Sur la possibilité d'utiliser les deux salles qui dépendent du Centre des Congrès. Si ces salles n'appartiennent effectivement pas au cinéma, les cabines de projections, si. Il est évident qu'après les propos tenus par l’exploitante du cinéma, toute nouvelle collaboration est rendue totalement impossible. Comment avancer avec un partenaire qui agit avec un agenda caché et qui conduit une campagne mensongère dans l'unique but de nous dénigrer et de porter un coup fatal à l’avenir du festival.
Nous rappelons que si l’exploitante du Ciné Lumière souhaitait mettre un terme à notre collaboration (ce qu'elle est tout à fait libre de faire), elle aurait été fondée à le faire dès le mois de juillet 2025 lorsque nous lui avons posé la question. Alors, pourquoi avoir attendu février 2026 ?
Cette clarification était importante pour nous, mais aussi pour vous, pour avoir toutes les clés de lecture.
Nous vous remercions pour ces 4 belles années (les bénévoles, les festivaliers, les partenaires publics et privés, notre team FFD, les équipes de la Ville de Vierzon, de Communauté de Communes Vierzon Sologne Berry et du Centre de Congrès de Vierzon...) et nous continuerons de nous battre pour les valeurs auxquelles nous croyons.
Nous espérons vous donner des nouvelles très bientôt. Nous étudions actuellement plusieurs pistes (sur le territoire) et, d’ores et déjà, des propositions concrètes de rebonds qui nous ont été adressées (hors du territoire).
Camille, Louis-Julien et Mathieu