11/10/2026
Digger, le nouveau film d’Alejandro González Iñárritu, nous offre une comédie noire dont le fil conducteur surprend. Cette satire grinçante est si proche de notre réalité qu’elle en devient perturbante.
Dans la peau de Digger, Tom Cruise livre avec grand art une interprétation acérée. Son incarnation de ce magnat du pétrole est bluffante. Il campe l’archétype de l’homme détestable, symbole des excès du libéralisme et coupable utile de ceux qui s’en nourrissent.
Autour de lui, Sandra Hüller donne du mordant aux confrontations par son interprétation incisive, tandis que John Goodman et Michael Stuhlbarg prêtent leurs traits à un tandem présidentiel qui pousse la caricature du pouvoir jusqu’à la farce.
Face à l’aveuglement des puissants, le scientifique incarné par Riz Ahmed tente de faire entendre la voix de la raison.
Iñárritu signe une œuvre à part, dans laquelle le cinéma s’invite au théâtre, lui-même mis au service du septième art pour dénoncer un monde à la dérive. La tension des échanges et la démesure des personnages donnent à cette mise en scène toute sa puissance.
Digger nous interroge sur notre avenir, nos aspirations et la place que nous voulons occuper dans une société rongée par la cupidité et le culte de soi. Sous les excès de la comédie se dessine un constat amer : à force de vouloir toujours plus, nous compromettons l’essentiel.