16/07/2026
La Confédération paysanne de Saône et Loire s'oppose au projet de loi agricole et à sa procédure législative accélérée.
Le 11 juillet dernier, le sénateur Duplomb a déposé un amendement pour réintroduire, sous condition, l'acétramipide et les flupyradifurones dans le projet de loi d'urgence agricole, alors que + de 2 millions de citoyens demandaient la suppression de cette disposition. Les autorités européennes refusent encore, à ce jour, de reconnaitre les risques sur la santé humaine, en particulier la toxicité neurodéveloppementale et les effets reprotoxiques, sans oublier les risques sur les pollinisateurs et la pollution des eaux.
Le gouvernement continue de cracher son mépris perpétuel à la face des citoyens et du monde paysan qui travaille vers une agriculture résiliente.
D'autant que l'ensemble du plan d'urgence agricole ne fait que souligner le soutien aux intérêts de l'agro-industrie au détriment des urgences réelles du monde agricole, de la santé publique et du réchauffement climatique. La volonté de rendre l'agriculture toujours plus industrielle, compétitive à l'export dénote le refus de développer la souveraineté alimentaire soutenue par notre syndicat.
Dans ce texte de loi, d'autres articles sont une aberration:
- L'extension des élevages avec le relèvement des seuils, ne favorisera pas le renouvellement des générations mais profiter à l'agrandissement des grosses fermes de production animale industrielle. Sans oublier que les éleveurs ont surtout besoin de revenus et de prix minimum garantis.
- L'accaparement de l'eau par l'agro-industrie, la diminution des captages d'eau potable et le retrait de protection des zones humides vont à l'encontre de la gestion sobre en eau et du partage nécessaire de cette ressource.
Dans un contexte socio-économique et climatique plus qu'instable, il faut favoriser une agriculture résiliente face au changement climatique. Nous avons un modèle agricole productiviste et exportateur qui date des années 1960-1970, années du pétrole pas cher. Ce temps est révolu et Laurent Duplomb aussi!
Il faut stopper notre dépendance aux engrais chimiques et aux pesticides de synthèse, fabriqués avec des énergies fossiles. Favorisons une agriculture organique, biologique et relocalisons les filières, comme la viande, en favorisant l'engraissement à l'herbe.
Diversifions les cultures avec des légumineuses en grandes cultures.
Favorisons la transmission et non l'agrandissement des exploitations qui seront imprenables dans l'avenir pour des questions techniques et financières. La loi Duplomb est un mirage qui fait croire à la profession que ce modèle agricole obsolète peut perdurer indéfiniment.
Alors que l'année 2026 connait une situation climatique désastreuse pour l'agriculture, une hausse des charges inédite sur les fermes et des prix en baisse.
La vraie loi d'urgence pour l'agriculture sera une adaptation climatique et technique en changeant de modèle.