14/03/2026
NOTRE BULLETIN DEPARTEMENTAL N° 111 EST PARU.
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QUELQUES EXTRAITS :
LE MEETING LAÏQUE DU 9 DECEMBRE A LA ROCHE SUR YON
Après l’ouverture du meeting par le président de la Ligue de l’Enseignement –FOL Vendée, La Libre Pensée Vendée a ouvert les interventions du meeting par "L'impact de la loi de 1905 en Vendée".
Sous forme d'une présentation s'appuyant sur la brochure de même titre. Nous en retiendrons la conclusion :
"Les élections de mai 1906.
Dans la première circonscription de La Roche-sur-Yon, le marquis de LESPINAY, héritier d’une déjà longue dynastie électorale qui remonte à 1848, député sortant, maire de Chantonnay, est réélu
avec 53% des voix contre Pierre DANIEL-LACOMBE, républicain de gauche (c’est-à-dire républicain modéré). Dans la seconde, Paul BOURGEOIS, député depuis 1871, passe la main à Henri de LA VRIGNAIS largement élu avec 76% des voix. Le seul candidat socialiste SFIO à se présenter en Vendée, Claude BOISSEAU, employé des chemins de fer et syndicaliste, recueille 785 voix, signe d’une timide pénétration des idées socialistes sur un terrain républicain, et sur des bases anticléricales en liaison avec le mouvement ouvrier naissant : employés des chemins de fer, postiers, instituteurs, ouvriers typographes et du bâtiment, groupés depuis 1902 dans l’Union des syndicats yonnais.
De la première circonscription des Sables d’Olonne, vient la première surprise. Georges de LA ROCHE-THULON, député sortant, d’Action Libérale Populaire, un parti regroupant les catholiques ralliés à la Ré-publique, cède sa place, battu de 32 voix par Joseph CHAILLEY-BERT, républicain de gauche, qu’il accu-sait en 1902 d’ «être l’esclave de la maçonnerie et de la juiverie ». Dans la seconde, de BAUDRY d’ASSON est élu par 59% des voix contre le Docteur BAUDOIN. Sa profession de foi fait expressément référence à la monarchie, aux corporations d’Ancien Régime et à la « maternelle protection de l’Eglise ». Il annonçait « un régime honteux, de la délation, de la confiscation, de la destruction par le feu et le fer, un régime de guerre civile et de massacre ». L’Apocalypse !
Dans la première circonscription de Fontenay-le-Comte, le député sortant Raymond de FONTAINES est réélu avec 52% des voix contre le préfet d ’AURIAC. De la seconde vient une nouvelle surprise. Le radical Gaston GUILLEMET, maire de Fontenay depuis 1884, conseiller général, élu depuis une partielle de 1890 dans la 1ère circonscription jusqu’à son échec en 1902, se heurte à Henri BAZIRE, président de l’ACJF (Association catholique de la jeunesse française), qui se présente comme Action Libérale Populaire, un catholique libéral et social donc, annonciateur de la démocratie chrétienne. Après ballotage, GUILLEMET est confortablement élu avec 57% des voix. Il succède à Prosper DESHAYES qui, malade, ne se représentait pas. Partout la participation a été élevée. Après la mort de de LESPINAY, l’élection partielle du 29 juillet 1906 confirme la percée des républicains. Contre le vicomte Armand de ROUGE, conseiller géné-ral, maire des Essarts, c’est Pierre DANIEL-LACOMBE qui l’emporte, certes de justesse avec 55 voix d’écart, mais grâce notamment au vote du chef-lieu. On constate alors qu’avec trois députés républi-cains et trois députés conservateurs, la Vendée tout entière et même le bocage, ne s’est pas levée contre la République. Les républicains y sont minoritaires mais la République se consolide. Constatant qu’à trois reprises, en 1893, en 1906 et 1910, les élus républicains ont fait jeu égal ou mieux encore, ont dominé les conservateurs, Yves HELLO s’interroge dans son ouvrage Blancs, Bleus, Rouges : « Est-ce à dire que la Vendée n’était pas a priori condamnée à toujours voter à droite, que la République aurait pu l’emporter plus tôt si l’encadrement clérical ne s’était pas renforcé à la fin du XIXème et au début du XXème siècle ? ». Au plan national, les républicains emportent aux législatives de 1906 414 sièges dont 247 aux radicaux qui disposent ainsi, en gagnant 60 sièges, d’une majorité absolue, et 57 socialistes, contre 175 aux conservateurs. Ils confortent leurs positions et en Vendée, situation exceptionnelle, les sièges sont équilibrés. En 1910, les électeurs vendéens renforceront la représentation républicaine avec 4 députés sur six. La Vendée n’est plus en marge de la France.
Quand, le 30 septembre 1906, Georges CLEMENCEAU vient en visite officielle en Vendée, il ne manque pas de défendre dans un célèbre discours la loi de Séparation. Et il voit clair en rappelant que désormais « la lutte n’est plus dans les chemins creux, elle est à l’école ».
Entre temps, le pape Pie X a fait paraître le 10 août 1906 l’encyclique Gravissimo officii confirmant l’intransigeance de l’église catholique en rejetant les associations cultuelles , avec l’interdiction d’en constituer sous peine d’excommunication. Une nouvelle campagne de presse accompagne cette publica-tion dans La Croix et dans la « bonne » presse de Vendée. Au conseil général, le 24 août, 17 conseillers demandent « de nouveau et avec insistance que la loi de Séparation des Eglises et de l’Etat soit abrogée et remplacée par une autre loi qui ne portera aucune atteinte aux droits et aux libertés des citoyens ». On y retrouve les mêmes noms qu’en 1905, sauf de LESPINAY, décédé, et JEANNEAU, mais avec en plus OUVRARD. Yves HELLO remarque que « le conseil général de Vendée fait partie des 17 conseils généraux dont 11 dans le Grand Ouest qui manifestent leur opposition à la loi de Séparation ». Mais cette fois-ci, à la reprise des inventaires, et malgré le refus définitif de la papauté d’accepter les associations cul-tuelles, la situation a changé. Comme le suggère un rapport du préfet , le 7 novembre 1906 : « Le parti clérical avait décidément perdu la partie ».
La reprise des inventaires.
Georges CLEMENCEAU dont on a suggéré l’habileté en tant que ministre de l’Intérieur, a succédé au gouvernement SARRIEN, tout en conservant ce portefeuille, le 25 octobre 1906. Il fait preuve de mo-dération mais relance les inventaires à partir du mois de novembre tout en repoussant à deux ans (1908) la dévolution des biens cultuels. Aristide BRIAND entre dans son Cabinet, à l’Instruction Publique, chargé de poursuivre l’application de la Séparation.
En Vendée, les 70 inventaires inachevés sont effectués en 4 jours ! « Partout sauf dans 4 à 5 com-munes, la foule a assisté silencieusement et pour ainsi dire indifférente à la visite de l’agent des do-maines… Même à Brétignolles où l’on craignait la résistance, un instituteur en retraite ayant demandé l’envoi d’un bataillon appuyé par deux pièces de canon… l’inventaire exécuté par surprise au petit matin n’a pas attiré 10 curieux et a été terminé en ¾ d’heure ».
Tout est réglé début décembre, un an après le vote de la loi de Séparation.
La loi de Séparation des Eglises et de l’Etat est bien comme l’écrivait JAURES « la plus grande ré-forme qui ait été tentée depuis la Révolution française ». Une étape décisive dans la construction puis la consolidation de la République laïque. Même si cette loi est presque immédiatement écornée par des lois complémentaires de 1907 et 1908, et par une abondante et de plus en plus souple jurisprudence, elle reste et demeure la clé de voûte de la laïcité institutionnelle de l’Etat.
D’où la nécessité de la défendre, la célébrer, la restaurer partout où elle est bafouée, en Vendée comme ailleurs."
NB Brochure "1905 La loi de Séparation des Eglises et de l'Etat; son impact en Vendée" disponible au prix de 3 € + port
Une autre intervention
LIBRE PENSÉE :
LE FINANCEMENT PUBLIC DE L’ENSEIGNEMENT PRIVÉ
Après un rappel des manifestations de 1959 ( plus de 7000 dans les rues de la Roche) et de la pétition ( Près de 11 millions de signatures dont 57 936 en Vendée), un rappel du serment de Vincennes du 19 juin 1960, "lutter sans trêve et sans défaillance jusqu’à son abrogation", la nécessité d'abroger la loi du 24 aoùt 2021 a été mentionnée. En effet elle est bien contraire à la loi de Séparation car l'Etat peut intervenir dans la gestion des cultes !
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