17/09/2026
🕕 « Le contrat prévoit 18 h… alors j’arrive à 18 h. » Cette phrase paraît logique. Pourtant, chez une assistante maternelle, elle peut créer un malentendu : si le parent arrive à 18 h, échange quelques minutes sur la journée, puis repart avec son enfant à 18 h 10, l’accueil s’est prolongé. Et ces minutes de transmission font partie du temps de travail.
La convention collective des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile donne un repère précis dans son article 99 : le travail se termine à l’heure prévue au contrat ou au planning, ou au moment où l’enfant quitte le lieu d’accueil avec la personne autorisée à le récupérer si ce départ est plus tardif. Autrement dit, la présence du parent sur place ne met pas automatiquement fin au décompte. Dans notre exemple, le temps de travail va bien jusqu’à 18 h 10.
🤝 Les transmissions ont une vraie utilité professionnelle. Expliquer que l’enfant a peu dormi, préciser ce qu’il a mangé, raconter un événement marquant ou signaler une difficulté permet aux parents de prendre le relais. Ces échanges contribuent à la continuité de son accompagnement. Ils demandent de la disponibilité, tout comme l’accueil du matin, lorsque le parent transmet les informations nécessaires pour commencer la journée.
Le plus simple est donc d’en parler dès la préparation du contrat, en distinguant clairement l’heure d’arrivée du parent et l’heure de départ prévue avec l’enfant. Pour un accueil qui se termine à 18 h, on peut convenir d’une arrivée vers 17 h 50 ou 17 h 55, selon le temps habituellement nécessaire. Il ne s’agit pas d’une obligation générale d’arriver dix minutes avant : c’est une organisation à définir ensemble pour que les échanges et le départ tiennent dans le créneau prévu.
Si les contraintes professionnelles ou le trajet du parent lui permettent seulement d’arriver à 18 h, il faut en tenir compte dans les horaires envisagés. Sous réserve que l’assistante maternelle soit disponible et que les limites de temps de travail soient respectées, les deux parties peuvent prévoir une fin d’accueil à 18 h 10. Ce temps est alors intégré à l’horaire contractuel et à la rémunération mensualisée. Pour un contrat déjà en cours, une modification durable des horaires se formalise par un avenant accepté et signé par les deux parties.
📝 En pratique, une formulation claire peut éviter bien des tensions : « Fin d’accueil prévue à 18 h, transmissions et départ de l’enfant compris. Arrivée du parent à organiser quelques minutes auparavant. » L’essentiel est de choisir des horaires réalistes, puis de se mettre d’accord sur la manière de relever les éventuels dépassements. Cinq ou dix minutes supplémentaires qui reviennent chaque soir finissent par représenter un temps conséquent : dix minutes sur cinq jours, c’est cinquante minutes dans la semaine.
Lorsqu’un dépassement se produit, le temps effectué doit être pris en compte dans la rémunération et la déclaration. Selon le volume hebdomadaire, il relève des heures complémentaires au-delà de la durée contractuelle et jusqu’à 45 heures par semaine, ou des heures majorées au-delà de 45 heures. Pajemploi prévoit leur déclaration. Leur paiement ne dispense toutefois pas de respecter les horaires convenus : si les dépassements deviennent réguliers, l’organisation mérite d’être revue ensemble.
Prévoir ce moment permet aux parents de recevoir les informations utiles sans avoir l’impression de devoir partir précipitamment, et à la professionnelle de disposer d’une fin de journée prévisible. Chacun a ses contraintes ; les rendre explicites dès le départ aide à préserver une relation sereine autour de l’enfant.