Spurs & Sabers: 4th U.S. Cavalry - France

Spurs & Sabers: 4th U.S. Cavalry - France « Régiment de Mémoire » de la cavalerie américaine au XIXe siècle, focalisé sur le 4th U.S. Cavalry Regiment.

Cavalry Regiment.
« Memorial Regiment » of the American cavalry in the 19th Century, focused on the 4th U.S.

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18/07/2026

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10/07/2026

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08/07/2026

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Jennie Wade est la seule victime civile connue de la bataille de Gettysburg. "Jennie" est un diminutif. Son véritable no...
03/07/2026

Jennie Wade est la seule victime civile connue de la bataille de Gettysburg.

"Jennie" est un diminutif. Son véritable nom était Mary Virginia Wade. Quand elle était enfant, ses camarades la surnommaient "Gin" ou "Ginnie" et après qu'elle ait été tuée à Gettysburg, un journal a écrit son surnom en "Jennie".

Mary Virginia Wade est née le 21 mai 1843 à Gettysburg, sur Baltimore Street, fille du tailleur James Wade et Mary Ann Filby, d'origine allemande, comme beaucoup en Pennsylvanie. Elle est la cadette d'une famille de cinq enfants. La famille est Protestante Luthérienne et "Ginnie" Wade fait sa confirmation à la Saint James Lutheran Church le 20 avril 1862.

"Ginnie" Wade est très proche de deux amis d'enfance, eux aussi nés à Gettysburg, Johnston H. « Jack » Skelly et Wesley Culp. Lorsque la guerre éclate, Johnston Skelly s'engage au 87th Pennsylvania Infantry. Wesley Culp, qui a émigré en Virginie pour le travail, choisit le camp confédéré et s'engage au 2nd Virginia Infantry, dans la Stonewall Brigade.

Jack Skelly et "Ginnie" Wade tombent amoureux et échangent des lettres. Au printemps 1863, Johnston demande "Ginnie" en mariage et elle accepte. Le mariage est prévu en septembre 1863, si Jack peut avoir une permission. Mais Johnston est blessé et capturé à la Seconde Bataille de Wi******er, en Virginie, le 15 juin 1863. Wesley Culp apprend que son ami d'enfance est prisonnier et lui rend visite. Les soldats de l'Union ont compris que l'armée confédérée monte vers la Pennsylvanie. Jack demande alors à Wesley, si l'armée confédérée passe à Gettysburg, de transmettre un message oral à "Ginnie".

Le 1er juillet 1863, la bataille de Gettysburg commence. L'armée fédérale est repoussée à travers la ville et se retranche sur les hauteurs au sud de la ville. Les premiers retranchements de l’armée fédérale, au sud de la ville, sont à flanc d’une colline appelée Culp’s Hill, nommée ainsi d’après la famille de Wesley Culp.

A environ 600 m des retranchements fédéraux, la McClellan house est la demeure de Georgia Wade, épouse de John Louis McClellan depuis avril 1862. Le 26 juin 1863, Georgia avait donné naissance à son premier enfant, une heure avant que les Confédérés de la division de Jubal Early n’occupent la ville. L’accouchement ne s’était pas très bien passé et l’anxiété de la situation militaire rendait les choses plus compliquées pour Georgia, 22 ans, dont le mari était lui-même engagé dans l’armée fédérale et servant en Caroline du Sud. « Ginnie » Wade, avec sa mère, ses deux plus jeunes frères et un garçon handicapé de six ans que la famille avait accepté de prendre en charge, décide de s’installer chez sa sœur pour l’aider. Elles pensent également être plus à l’abri du danger, étant à l’extrémité sud de la ville.

Hélas, avec la déroute fédérale du premier jour, la famille se retrouve au beau milieu du champ de bataille. « Ginnie » voit passer beaucoup de soldats qui se replient sur Culp’s Hill et en passant, demandent de l’eau ou des vivres. Elle se met donc à faire du pain en boucle et distribue des miches aux soldats en retraite. Dans la nuit et la journée du lendemain, des soldats fédéraux se risquent jusqu’à la maison pour avoir du pain et de l’eau et « Ginnie » fait de son mieux pour les satisfaire.

Mais les troupes confédérées ont pris position dans la ville et la McClellan House est dans le champ de tir entre les Confédérés en ville et les Fédéraux sur la colline. Les tireurs de précision confédérés grimpent dans les clochers, étages et greniers pour avoir une meilleure visibilité. La maison est frappée par une centaine de tirs, dont un obus qui perce le toit et se loge dans la charpente, heureusement sans éclater.

Dans la nuit du 2 au 3 juillet, Wesley Culp se faufile en ville et parvient jusqu’à la maison de sa sœur. Il lui dit qu’il a un message pour « Ginnie » mais sa sœur lui dit que c’est trop dangereux pour lui. Elle lui propose de transmettre elle-même le message mais Wesley répond qu’il doit le transmettre en personne. Mais, dans des circonstances jamais établies, Wesley est tué non loin du domicile de sa sœur, peu après être reparti vers ses lignes. Le message de Jack Skelly à sa fiancée est perdu avec le messager.

Le 3 juillet 1863, à quatre heures du matin, « Ginnie » Wade et son frère Harry se lèvent et sortent ramasser du bois pour le feu et faire du pain. Puis, elle prépare un petit déjeuner pour la maisonnée. Comme tous les jours, après ses tâches du matin, « Ginnie » Wade prend sa Bible et lit des passages. Elle lit du Psaume 26 au Psaume 30 et les commente. Dans le contexte d’une bataille en cours, avec des tirs qui fracassent les fenêtres, frappent les murs et traversent les portes, ces Psaumes sont pour le moins glauques, notamment le Psaume 27. Les commentaires de « Ginnie », d’après sa sœur Georgia qui a raconté ces moments au biographe J.W. Johnston, sont quasi prémonitoires et sont anxiogènes. Georgia finit par demander à sa mère d’interrompre « Ginnie » parce que la situation est déjà assez effrayante comme ça. Les derniers mots que Georgia entend de sa sœur Ginnie sont « Si quelqu’un doit être tué, dans cette maison, aujourd’hui, j’espère que ce sera moi, parce que Georgia a ce petit bébé. ».

A huit heures, Mme Wade et « Ginnie » retournent à la cuisine pour refaire du pain. Cela fait déjà une heure que les « sharpshooters », les tireurs de précision confédérés font feu et que les b***es sifflent autour de et dans la maison. Alors que « Ginnie » est devant le plan de travail, dos à la porte extérieure de la cuisine, une b***e Minié de calibre .58 (14,7 mm) traverse la porte extérieure, traverse la porte intérieure qui était ouverte et masquait la jeune femme et vient frapper « Ginnie » dans le dos, à hauteur du cœur et se loge dans l’avant de son corset. Le tir venant du nord de la ville, il est présumé que le tir vient d’un tireur confédéré mais d’autres théories existent.

Mary Virginia Wade, 20 ans, est tuée sur le coup, sans même un cri ou un gémissement. Elle s’effondre et sa mère pense d’abord qu’elle s’est évanouie. Mais quand elle voit le sang se répandre, elle comprend. Complètement stupéfaite et émotionnellement paralysée, Mme Wade se dirige machinalement vers le salon où se trouve Georgia et lui annonce, comme un automate : « Georgia, ta sœur est morte. »

Un mois plus t**d, sans avoir pu apprendre la mort de Wesley Culp ni de Mary Virginia Wade, Johnston Skelly décède de sa blessure dans un hôpital confédéré.

Mary Virginia Wade, connue sous le nom « Jennie Wade » est enterrée dans le Evergreen Cemetery de Gettysburg, non loin de la sépulture de son fiancé Johnston « Jack » Skelly.

Capt Tim Larry, sur demande de Cécile « Daisy Potter » Grandillon

Gettysburg, 3 Juillet 1863, troisième et dernier jour de la bataille.  Après deux jours de combats à Gettysburg, la situ...
03/07/2026

Gettysburg, 3 Juillet 1863, troisième et dernier jour de la bataille.

Après deux jours de combats à Gettysburg, la situation n’a pas bougé depuis le premier soir. Les troupes fédérales de l’Army of the Potomac, désormais au complet avec l’arrivée du VI Corps du Major General John Sedgwick, sont solidement retranchées sur les hauteurs au sud-est de la ville. Les attaques confédérées sur les deux flancs n’ont pas abouti. A Little Round Top, malgré la disparition opérationnelle du III Corps, les forces fédérales ont repoussé les assauts confédérés et ont consolidé leurs positions. Le VI Corps de Sedgwick renforce le flanc gauche fédéral occupant Big Round Top et empêchant toute nouvelle manœuvre. A Culp’s Hill, malgré des combats acharnés jusque t**d dans la nuit, les assauts confédérés n’ont fait que faire reculer de quelques mètres la ligne fédérale, sans parvenir à la briser.

Initialement, le General Robert E. Lee veut à nouveau attaquer le flanc droit à Culp's Hill pour attirer des renforts fédéraux à cet endroit et laisser au Lieutenant General James Longstreet une deuxième chance de percer le flanc gauche au sud de la crête de Cemetery Ridge. Mais dès l’aube, l’artillerie fédérale pilonne les positions confédérées sur Culp’s Hill. Les combats reprennent et les fédéraux tentent de rétablir la ligne de la veille au soir. Les Confédérés perdent l’initiative à Culp’s Hill et malgré plusieurs attaques au cours de la matinée, ils ne parviennent pas à déloger leurs adversaires et sont même contraints de reculer. Les renseignements qui parviennent au General Lee indiquent également que le flanc gauche fédéral, autour des Round Top, a été solidement renforcé. Il devient illusoire de penser réussir une attaque de flanc.

Mais Robert E. Lee estime que, pour renforcer les flancs, l’Army of the Potomac a dû dégarnir son centre. Cemetery Ridge est certes un peu en hauteur mais c’est le point le plus bas des défenses fédérales. Si, comme il l’espère, les Fédéraux ont renforcé les flancs en dégarnissant le centre, Cemetery Ridge est la zone la moins défendue du dispositif fédéral.

Une attaque au centre, alors qu’il est en infériorité numérique, semble totalement déraisonnable mais Robert E. Lee ne manque pas d’audace. La Garde Impériale française l’a fait à Solférino, en Italie, le 24 juin 1859. Sous le commandement du Général de Division Jacques Camou, un béarnais, la 2ème Division d’Infanterie de la Garde Impériale, composée des Voltigeurs de la Garde, attaque en plein centre du dispositif autrichien, à un contre quatre, et prend la tour et le couvent de Solférino, perçant la ligne autrichienne. Si les Confédérés parviennent à renouveler l’exploit et à percer à Cemetery Ridge, le Major General Georges Meade sera contraint d’abandonner le terrain, ou bien prendra le risque d’être anéanti en tentant de combler la brèche. La cavalerie de JEB Stuart, contournant toute l’Army of the Potomac par le nord et l’est, attaquera Cemetery Ridge à revers pour soulager l’infanterie.

Le Lieutenant General James Longstreet, qui commande le First Corps de l’Army of Northern Virginia, s’oppose à cet assaut. Il y a presque deux kilomètres de terrain à découvert, en faux plat ascendant, entre les positions confédérées et Cemetery Ridge. La chaleur approche des 30°C, dans une météo à l’orage donc humide et lourde. Une grande partie de l’artillerie fédérale est massée à Cemetery Ridge qui est la zone la plus propice à son déploiement. L’infanterie fédérale est abritée derrière un muret de pierres qui borde une route. Les fantassins confédérés vont devoir approcher à découvert, franchir plusieurs barrières agricoles qui vont désorganiser les rangs, sous la chaleur et le feu ennemi. Longtstreet estime qu’il lui faudrait 30 000 hommes pour réussir à atteindre la ligne fédérale, la percer et exploiter. Or, son corps d’armée est meurtri des combats de la veille. Le Major General John Bell Hood a dû être amputé d’un bras, sa division est épuisée et a subi de lourdes pertes, comme celle du Brigadier General Evander Law. Seule la division de Virginiens du Major General George Pickett est fraîche et complète.

Le général Lee insiste pour l’assaut et détache deux divisions du Third Corps d’A.P. Hill. Celle du Major Generals James Pettigrew, qui remplace Henry Heth, blessé le 1er juillet, et du Major General Isaac Trimble, qui remplace Dorsey Pender, mortellement blessé le 2 juillet. Les trois divisions confédérées réunies rassemblent 12 500 hommes, moins de la moitié du nombre estimé nécessaire par Longstreet. Lee promet une préparation d’artillerie massive, réunissant entre 150 et 170 canons, qui ouvrent le feu sur Cemetery Ridge une heure avant l’assaut. Hélas, malgré son format inédit et très impressionnant, la préparation d’artillerie est largement inefficace et trompe l’Etat-Major confédéré. Le Brigadier General Henry Hunt, chef de l’artillerie fédérale, dispose de 80 canons sur Cemetery Ridge. Il attend 15 mn avant de riposter et il ordonne à ses batteries d’espacer de plus en plus leurs tirs, pour laisser croire que leurs pièces sont mises hors combat. Il veut également économiser ses obus à longue portée pour l’assaut d’infanterie mais le Major General Winfield Scott Hancock le presse de riposter pour soutenir le moral de ses hommes.

A 14h, par 31°C, les divisions de Pickett, Pettigrew et Trimble se déploient et, la mort dans l’âme, le général Longstreet ordonne l’assaut. La charge est un désastre. Les fantassins confédérés sont hachés par l'artillerie fédérale, avant d'être à portée de tir de l'infanterie. Les survivants de la progression parviennent au muret et engagent un corps à corps sauvage dans une terrible mêlée, notamment la brigade du Brigadier General Lewis Armistead, un ami personnel du général Hancock. Lewis Armistead est tué quelques instants après avoir franchi le muret et Winfield Scott Hancock est gravement blessé d’une b***e à l’aine. Les deux autres généraux de brigade de la division Pickett tombent également. Richard Garnett est tué, certainement par un tir d’artillerie à courte distance, parce que son corps ne sera jamais identifié. James Kemper est gravement blessé et doit être évacué. Les deux autres commandants de division, James Pettigrew et Isaac Trimble sont également blessés. L’assaut s’arrête de lui-même, faute d’assaillants.

Dans la division Pickett, 26 des 40 officiers supérieurs sont tués, blessés ou capturés. Sur les 12 500 hommes qui attaquent Cemetery Ridge, plus de 6500 sont mis hors de combat, tués, blessés, capturés et disparus. Les restes des forces finissent par refluer, hébétés et choqués. Le général Lee qui vient à leur rencontre, tombe sur le général Pickett, hagard et désorienté. Lorsque Lee lui ordonne de s'occuper de sa division, Pickett a cette réponse terrible : "Je n'ai plus de division". Ce qui sera appelé plus t**d « Pickett’s Charge » est terminée et c’est une catastrophe pour l’Army of Northern Virginia.

De plus, à l’est, la cavalerie de JEB Stuart, qui tente de contourner les lignes fédérale pour attaquer Cemetery Ridge par l’arrière, est interceptée par la division de cavalerie du Brigadier General David Gregg et la brigade du Brigadier General Georges A. Custer dans un endroit appelé depuis East Cavalry Field. Les « Wolverines » du Michigan de Custer chargent furieusement les cavaliers confédérés et un combat de mêlée très violent s’engage, sans vainqueur, mais qui empêche JEB Stuart de prendre Cemetery Ridge à revers.

Au sud des collines des Round Top, ayant appris l’échec de la charge de Pickett, le Brigadier General Judson Kilpatrick lance sa division de cavalerie fédérale à l’assaut du flanc droit de Longstreet et subit de lourdes pertes mais cette action empêche une nouvelle attaque sur les Round Top que Longstreet envisageait pour soulager Pickett.

A la fin de l’après-midi, toutes les attaques confédérées ont échoué, les pertes sont lourdes, l’artillerie n’a presque plus de munitions, le ravitaillement est difficile. Le général Robert E. Lee doit se rendre à l’évidence : l’Army of Northern Virginia ne peut pas vaincre l’Army of the Potomac à Gettysburg.

Lee espère encore que, galvanisés par leur succès, les fédéraux vont contre-attaquer, et qu'il pourra leur rendre la monnaie de leur pièce. Mais le général Georges Meade ne tombe pas dans le piège. Les deux armées passent 24 heures à s'observer, espérant que l'autre commette l'erreur d'attaquer. Mais Lee n'a plus les moyens et Meade ne bouge pas de ses positions. Le 4 juillet, l’Army of Northern Virginia commence à plier bagages et fait retraite vers la Virginie, poursuivie par la cavalerie nordiste qui la harcèle sans parvenir à l’empêcher de fuir.

L'Armée du Potomac reste maître du terrain et remporte la Bataille de Gettysburg. Sur près de 160 000 hommes engagés, près de 53 000 sont hors de combat, tués, blessés, disparus et capturés. C'est la bataille la plus imposante et la plus sanglante de l'histoire du continent américain.

Personne ne le sait encore, mais toute la guerre de Sécession bascule pendant ces quelques jours de juillet 1863. Gettysburg tue les derniers espoirs confédérés d’imposer une paix négociée à Washington. Et à Vicksburg, sur le Mississippi, assiégée depuis le 18 mai, le Lieutenant General John C. Pemberton réalise qu’il n’a plus le choix. Il doit capituler la ville et se rendre au Major General Ulysses S. Grant, qui parachève la conquête du Mississippi.

Capt. Tim Larry

Gettysburg, 2 juillet 1863, deuxième jour de la bataille. Repoussées sur tous les fronts, les troupes fédérales se redép...
02/07/2026

Gettysburg, 2 juillet 1863, deuxième jour de la bataille.

Repoussées sur tous les fronts, les troupes fédérales se redéployent au sud de la ville, sur les hauteurs de Cemetery Hill, Cemetery Ridge, Culp's Hill et se retranchent. La ligne fédérale sur les hauteurs est en forme d’hameçon de près de cinq kilomètres, dont la pointe est à Culp’s Hill à l’est, la courbe sur Cemetery Hill, et la tige le long de la crête de Cemetery Ridge. Pendant la soirée et la nuit, quatre autres corps d’armée fédéraux sont arrivés et ont pris position. Seul manque encore le VI Corps du Major General John Sedgwick, qui est à 50 km de là mais fait une marche forcée pour arriver au plus vite.

Du côté confédéré, l’Army of Northern Virginia est quasiment au complet. Le First Corps du Lieutenant General James Longstreet est arrivé la veille dans la soirée et sa division d’arrière-garde, commandée par le Major General George Pickett, parvient sur le champ de bataille pendant la journée. Sans Sedgwick ni Pickett, ce sont tout de même près de 140 000 hommes qui se font face au sud de Gettysburg.

Pour le General Robert E. Lee, commandant l’Army of Northern Virginia, le point faible de la défense fédérale est la gauche de la ligne, tout au sud. S’appuyant sur des renseignements incomplets du fait de l’absence de sa cavalerie, Robert E. Lee pense que les fédéraux ont laissé leur flanc gauche exposé au sud de Cemetery Ridge. Son plan est donc de faire mener une attaque de diversion sur Culp’s Hill par le Second Corps du Lieutenant General Richard S. Ewell, pendant que le First Corps de James Longstreet se mettra en position face à deux collines au sud de Cemetery Ridge. Au pied de ces collines, Longtsreet aura un boulevard pour prendre l’armée fédérale à revers.

Les espoirs sont immenses. Si le plan réussit, l’Army of the Potomac sera anéantie ou devra capituler, sur son terrain, en Pennsylvanie. Le désastre sera tel que l’armée confédérée pourra aller menacer Washington et contraindre le gouvernement de Lincoln à reconnaître l’indépendance des Etats Confédérés. En cas de victoire confédérée, l’issue de la guerre peut être décidée aujourd’hui même à Gettysburg.

Malheureusement pour le General Robert E. Lee, son évaluation de la position fédérale est erronée et sous-estime les forces en présence. Depuis plusieurs jours, la cavalerie du Major General JEB Stuart ne donne pas de nouvelles et n’envoie aucun renseignement sur les forces et positions ennemies. Les Confédérés ont été surpris par la présence des cavaliers fédéraux à Gettysburg et les ont également sous-estimés, les prenant pour une milice locale. Stuart et sa division de cavalerie ont eu maille à partir tout le mois de juin avec la cavalerie fédérale qui monte en puissance et dont la combativité lui ont rendu la tâche difficile. Le général Lee ne sait pas que le pied des collines au sud de Cemetery Ridge est occupé par le III Corps du Major General Daniel Sickles. Longstreet tente de s’opposer au plan de Lee mais ce dernier ne varie pas. Il faut attaquer le flanc gauche fédéral.

Pendant que Longstreet met en place deux de ses trois divisions, en début d’après-midi, le général Sickles décide que sa position au pied des collines n’est pas optimale. Sans ordre ni compte-rendu au commandant de l’Army of the Potomac, le Major General Georges Meade, il déplace son corps d’armée d’un kilomètre en avant, quittant l’abri naturel des deux collines, plus t**d appelées Little Round Top et Big Round Top. Déployés le long de la route d’Emmitsburg, dans un verger de pêchers, dans un champ de blé et dans un amas rocheux inhospitalier surnommé Devil’s Den, « la tanière du diable », les troupes de Sickles sont, en fait, totalement à découvert. Le général James Longstreet, très fin tacticien, comprend très vite l’erreur de Sickles et envoie la division du Major General Lafayette McLaws en attaque frontale sur le verger et le champ de blé. Plus au sud, la division du Major General John Bell Hood attaque le Devil’s Den et les collines, pour se positionner sur le flanc fédéral. Les combats sont furieux et acharnés. Le verger et le champ de blé sont intenables et tout le front du III Corps est enfoncé. Dans le Devil’s Den, les hommes de Hood progressent très difficilement, souvent en combat à bout portant mais parviennent à percer. Le III Corps de Sickles est anéanti. Pour les Fédéraux, le désastre est proche.

Mais le Major General Meade, qui commande l’Army of the Potomac, est craintif. Il ne commande l’armée que depuis deux jours et n’a pas vraiment confiance en ses subordonnés. Il avait donné l’ordre au chef du Corps du Génie, le Major General Gouverneur K. Warren de se poster au sommet de Little Round Top et de lui rendre compte de la situation. Le général Warren assiste à la jumelle au désastre du III Corps et voit les scintillements des baïonnettes confédérés s’approcher de la colline. Il envoie ses assistants rendre compte au général Meade mais aussi vers les troupes les plus proches pour les supplier de prendre position sur Little Round Top. L’un de ses assistants n’est autre que le Captain Ranald S. Mackenzie, futur héros des guerres indiennes. Mackenzie trouve le V Corps du Major General George Sykes qui l’envoie vers la brigade du Colonel Strong Vincent. Le Colonel Vincent déploie en urgence, à flanc de colline, ses quatre régiments d’infanterie, le 16th Michigan, le 44th New York, 83th Pennsylvanie et le 20th Maine.

Face à lui, le Brigadier General confédéré Evander Law déploie les fantassins du 4th, 15th et 47th Alabama et le 4th et 5th Texas. Les premières salves repoussent le premier assaut et Law envoie le 15th Alabama du Colonel William Oates chercher l’extrémité de la ligne fédérale. Pour les fédéraux, tout repose sur le 20th Maine commandé par un professeur de rhétorique, le Colonel Joshua Chamberlain. Les hommes de Chamberlain, positionnés à l’extrémité du flanc gauche, ne peuvent abandonner leur position pour rien au monde.

Pendant 1h30, Chamberlain et ses hommes se battent comme des lions, repoussant chaque vague d'assaut au prix de lourdes pertes. Mais les munitions s'épuisent, les pertes s'alourdissent et en désespoir de cause, Chamberlain ordonne de charger à la baïonnette. Les hommes du 20th Maine s'élancent, avec des fusils souvent vides, et chargent en dévalant la colline, emportant tout sur leur passage et brisant définitivement l'effort confédéré. Cette action d’éclat permet aux fédéraux de repousser les divisions de McLaws et de Hood, grièvement blessé pendant les combats. Le Colonel Strong Vincent, un avocat diplômé de Harvard, est mortellement blessé pendant les assauts confédérés.

Mais les régiments fédéraux qui défendent Little Round Top sont la réserve sur laquelle comptait le général Meade. La disparition opérationnelle du III Corps signifie que toutes les réserves sont engagées. Dans la soirée et la nuit, de l'autre côté de la ligne, Culp's Hill est sévèrement attaquée par le Corps du général Ewell. Les confédérés parviennent à percer la ligne fédérale et s'installent pour tenir la position dans l'attente de renforts mais l'exploitation de la percée est compliquée et Meade prend le risque de dégarnir temporairement Little Round Top pour les expulser.

T**d dans la nuit de la deuxième journée, l'une des plus lourdes en pertes dans les deux camps, la situation reste inchangée. Les fédéraux sont solidement accrochés à leurs hauteurs, sont renforcés par le VI Corps de John Sedgwick et sont en position défensive idéale. Les troupes des deux camps sont épuisées par les combats qui se sont déroulés sous un soleil brillant et une température de 27°C à 14h.

La deuxième journée de bataille à Gettysburg est un échec pour le général Robert E. Lee qui a toujours l'initiative mais ses options s'amenuisent. Pour les fédéraux de Meade, il faut tenir coûte que coûte, en espérant que Lee abandonne.

Mais malgré les pertes des deux jours précédents, Lee a récupéré la division de Virginie de Pickett et le corps de cavalerie de JEB Stuart. En comptant sur la combativité supérieure des Virginiens et sur l’audace de la cavalerie confédérée, Robert E. Lee pense à une nouvelle attaque, là où il n’a pas attaqué pendant deux jours : le centre de la ligne fédérale

Attaquer le centre d’une ligne ennemie est de la folie furieuse ? Non. Robert E. Lee a un exemple de succès en tête : à Solférino, en juin 1859, la 1ère Division de Voltigeurs de la Garde Impériale française enfonce le centre de la ligne autrichienne à 1 contre 4 et mène à la victoire. Le pari de Lee, c’est que les Virginiens puissent reproduire l’exploit français.

Capt. Tim Larry

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