03/06/2026
3 juin 1863: le début de la campagne de Gettysburg.
C'est le jour J pour l'armée confédérée.
Les Corps d'armées confédérés des Lieutenant Generals Richard S. Ewell et James Longstreet plient bagages et quittent discrètement la zone des fortifications autour de Fredericksburg, en Virginie, pour marcher vers l'ouest, en direction des cols des Blue Ridge Mountains.
Le plan du General Robert E. Lee est de rejoindre la vallée de la Shenandoah, de la remonter jusqu'à Harpers Ferry, de passer au Maryland et de rejoindre la vallée de la Cumberland qui mènera son Army of Northern Virginia en Pennsylvanie, dans le territoire de l'Union, bien au nord de Washington. On est le 3 juin 1863 et, un mois après la retentissante claque qu'il a infligé à l'Army of the Potomac du Major General Joe Ho**er, à Chancellorsville, le général Lee veut renouveler son plan d'invasion des Etats du Nord.
Il l'avait déjà tenté à l'automne précédent, et avait été tenu en échec à Antietam, au Maryland, le 18 septembre 1862. Pourquoi recommencer la même stratégie, après un échec aussi sanglant que Antietam, que les Confédérés appellent Sharpsburg? Parce que Robert E. Lee a appris que son échec est dû à de la malchance. Une copie de ses ordres expliquant les axes de progression de ses troupes utilisée pour envelopper des cigares avait été égarée et retrouvée par des soldats fédéraux. Le Major General Georges B. McClellan, ainsi informé, réussit à adapter ses mouvements et à concentrer ses troupes à sur les bords de l'Antietam Creek, aux abords de la ville de Sharpsburg.
Mais même avec la connaissance des plans de Lee, le général McClellan n'inflige pas de défaite tactique à l'armée confédérée. Antietam est bien davantage un match nul qu'une défaite et ce sont les pertes terribles de la bataille, près de 23 000 victimes en une journée, qui ont incité le général Lee a revenir en Virginie pour reconstituer ses forces. Trop prudent, comme toujours, McClellan ne le poursuit pas et, en conséquence, est définitivement relevé de son commandement par le Président Lincoln.
Le Major General Ambrose Burnside, qui remplace McClellan contre son gré, tente de s'emparer de Fredericksburg pour foncer sur Richmond. Mais Robert E. Lee lui inflige une très lourde défaite, très couteuse en hommes, à l'Army of the Potomac à la Bataille de Maryse Heights, en décembre 1862. Totalement dépassé, Burnside est lui aussi relevé de son commandement et remplacé par le Major General Joseph Ho**er.
Alors que Ho**er prévoyait d'encercler l'Army of Northern Virginia dans Fredericksburg, Robert E. Lee le surprend par un mouvement très audacieux, séparant ses forces et envoyant le Lieutenant General Thomas "Stonewall" Jackson sur le flanc ouest de Ho**er, là ou personne ne l'attend. Chancellorsville début mai 1863, est un nouveau désastre pour l'Army of the Potomac.
Cela fait deux ans que l'Army of the Potomac se fait humilier par Robert E. Lee, le moral des troupes est au plus bas, presque à la mutinerie et l'opinion publique bruisse d'un mouvement pacifiste aux opinions partagées par de nombreux généraux nordistes qui pensent qu'il faut laisser partir le Sud et arrêter les frais.
Robert E. Lee pense donc à nouveau qu'une invasion du Nord et une défaite de l'Army of the Potomac sur son sol, forcera l'issue de la guerre et mènera à des négociations de paix favorables à la Confédération. S'il parvient à battre l'Army of the Potomac loin au nord, en Pennsylvanie, Lee pourra menacer Washington d'un siège confédéré et Lincoln sera contraint de négocier. Et même si Lincoln refuse un compromis, le désastre lui fera perdre l'élection présidentielle l'année suivante.
On est le 3 juin 1863 et le General Robert E. Lee met son Army of Northern Virginia en ordre de marche vers les magnifiques Blue Ridge Mountains et la luxuriante vallée de la Shenandoah, laissant le Corps d'Armée du Lieutenant General A.P. Hill tenir les fortifications de Fredericksburg et masquer son départ.
C'est le début de la Campagne de Gettysburg, la campagne qui marque le tournant de la Guerre de Sécession.
Percluse de mauvaises nouvelles, de défaites et de valse des chefs, l'Army of the Potomac n'a en effet pas beaucoup d'atouts dans son jeu. Mais elle en a un, dont personne, pas même elle, peut prévoir les effets dans les prochaines semaines. Joe Ho**er a profité de l'hiver pour s'atteler à des problèmes de fond de l'armée. Il a réorganisé les corps d'armées, amélioré le soutien aux combattants et surtout, il a décidé la création d'un Corps de Cavalerie de l'Armée du Potomac. Enfin, un chef fédéral prend la cavalerie au sérieux et prend à bras le corps les problèmes inhérents à cette arme. Ho**er impose un vétérinaire par régiment, impose des maréchaux-ferrants, fourreurs et selliers par régiment, améliore l'instruction des cavaliers, perfectionne le système de sélection des chevaux, améliore le système de remplacement des chevaux, améliore les conditions de vie des cavaliers par un roulement régulier de réapprovisionnement en équipement.
Et déjà, en mars 1863 à Kelly's Ford, la 2nd Division du Cavalry Corps, sous les ordres du Brigadier General William W. Averell, en ont recueilli les effets. Traversant la Rappahanock et parvenant, pour la première fois de la guerre, à faire fuir un régiment de cavalerie sudiste, sous les yeux mêmes de JEB Stuart, la division d'Averell parvient à inquiéter lourdement la cavalerie sudiste jusque là invincible. Une charge imprévue du Brigadier General Alfred Napoléon Duffié, ancien sous-officier du 6ème Régiment de Dragons français en Crimée, manque de mettre en déroute la cavalerie confédérée mais ne reçoit pas de soutien de la brigade du Capitaine Marcus Reno, le même Marcus Reno qui ne soutiendra pas le général Georges Armstrong Custer à la Little Big Horn en 1876.
Ce 3 juin 1863, donc, alors que commence la Campagne de Gettysburg, l'Army of the Potomac est en sale état après des désastres à répétition. Mais son Corps de Cavalerie monte très rapidement en puissance et, un mois plus t**d, sera déterminant dans le déclenchement de la bataille du tournant de la guerre.
Capt. Tim Larry