10/09/2026
💜👀 FEMALE GAZE
Le Cinéma UTOPIA Bordeaux a la bonne idée de proposer un Focus MARLEEN GORRIS, réalisatrice néerlandaise injustement reléguée au second plan pour avoir commis un cinéma féministe affranchi, rempli de femmes badass et d'humour grinçant. A (re)découvrir absolument !
- ANTONIA ET SES FILLES (une fable douce-amère devenue culte pour les lesbiennes)
- LE SILENCE AUTOUR DE CHRISTINE M.
- MIROIRS BRISÉS
> à partir du 16 septembre à UTOPIA
Merci Tamasa Distribution
🕊️ Qui est Marleen Gorris ? 🕊️
Les deux œuvres culte de Marleen Gorris que nous vous proposons de (re)découvrir sur grand écran sortent dans deux jours. Retour sur le parcours de cette cinéaste néerlandaise qui interroge les rapports de pouvoir et la place des femmes dans la société… et dont les films résonnent aujourd’hui avec une force intacte !
Après des études en théâtre et en littérature anglaise, Marleen Gorris s’oriente vers le cinéma et débute une carrière qui sera marquée par un engagement féministe fort. La réalisatrice néerlandaise a en effet une vision précise de son art : l’outil cinématographique lui servira à interroger les structures de domination patriarcales et à questionner les rapports de pouvoir entre les sexes.
Une approche radicale et engagée qui apparait aujourd’hui, à l’heure où les récits féminins se réinventent au cœur du débat culturel mondial, en avance sur son temps.
En 1982, son premier long métrage LE SILENCE AUTOUR DE CHRISTINE M. provoque un choc dans le paysage cinématographique européen. Marleen Gorris s’appuie sur l’histoire de trois femmes réunies autour d’un meurtre pour questionner les normes de la violence et du pouvoir. En inversant les codes habituels du récit de violence se****le, la réalisatrice néerlandaise suscite la controverse mais révèle surtout une personnalité artistique audacieuse.
MIROIRS BRISÉS, qui sort en 1984, poursuit dans cette veine en confrontant le spectateur à deux histoires parallèles : celle d’une maison close et celle d’un tueur en série. Ce montage permet à Marleen Gorris de révéler l’oppression systémique des femmes et de filmer la violence tout en laissant émerger des fragments de sororité, de résistance et de dignité.
Si Marleen Gorris ne manque pas de devenir une référence dans les cercles féministes et cinéphiles, il lui faudra attendre une dizaine d’années avant d’obtenir la reconnaissance internationale : en 1995, elle remporte avec ANTONIA ET SES FILLES l’Oscar du meilleur film étranger. Une première historique pour une femme réalisatrice en solo.
"[Marleen Gorris] est l’une des cinéastes les plus audacieuses et les plus engagées de sa génération. Ses films s’inscrivent dans le cadre de la deuxième vague féministe qui dénonce la société patriarcale et la violence genrée. On y remarque déjà des traces de la notion d’intersectionnalité, avec la présence de femmes noires et l’allusion à l’homosexualité féminine (…). Mais, contrairement à beaucoup de films féministes de l’époque qui s’affirmaient expérimentaux ou contre la narration, le cinéma de Marleen Gorris est à la fois réaliste, métaphorique et attaché à des genres traditionnels, dans des mises en scène affirmées et stylisées qui donnent aux films une dimension crue et brutale".
Caroline Maleville, La Cinémathèque française, 3 février 2025
Photo ©Rob Bogaerts / Anefo