15/07/2026
Hermine, Vanoise, juillet 26... la première de l'été, pour moi.
texte à lire pour faire de beaux rêves cette nuit !... :
«Je suis allé au Yosemite National Park, et j’ai vu d’immenses chutes d’eau. La plus haute a quatre cents mètres de hauteur, et l’eau en tombe comme un rideau jeté du sommet de la montagne. Elle n’a pas l’air de descendre rapidement comme on pourrait s’y attendre ; la longueur de la chute la fait paraître descendre très lentement. Et l’eau ne descend pas en un seul flot, elle se sépare en multiples et minuscules filets. De loin on dirait un rideau. Et je pensais que ce devait être une expérience bien difficile pour chaque goutte d’eau de descendre du sommet d’une aussi haute montagne. L’eau met du temps, vous savez, longtemps, à finalement atteindre le bas de la chute. Et il me semble que notre vie humaine est un peu ainsi. Notre vie passe par beaucoup d’expériences difficiles. Mais en même temps, ai-je pensé, à l’origine, l’eau n’est pas séparée, elle forme une rivière entière. C’est seulement séparée qu’elle a de la difficulté à tomber. Comme si l’eau n’éprouvait rien lorsqu’elle forme une rivière entière. Et c’est seulement séparée en multiples gouttes qu’alors elle commence à éprouver ou à exprimer quelque chose. Quand nous voyons une rivière entière, nous ne sentons pas la vivante activité de l’eau, mais quand nous prenons une partie de l’eau dans une louche, nous avons une certaine sensation de l’eau, et nous sentons aussi la valeur de la personne qui utilise l’eau. Nous sentant ainsi nous même et sentant l’eau, nous ne pouvons pas l’utiliser d’une façon uniquement matérielle. C’est quelque chose de vivant.
Avant notre naissance, nous n’avions pas de sensations ; nous faisions un avec l’univers. C’est ce qu’on appelle « rien que l’esprit », « essence de l’esprit », « esprit vaste ». Quand la naissance nous a séparé de cette unité, comme le vent et les rochers séparent l’eau qui tombe de la chute d’eau, alors nous avons la sensation. Vous avez des difficultés parce que vous avez la sensation. Vous vous attachez à votre sensation sans même savoir comment est créée cette sorte de sensation.
Quand vous ne réalisez pas que vous faite un avec la rivière, ou un avec l’univers, vous avez peur. Qu’elle soit ou non séparée en gouttes, l’eau est l’eau. Notre vie et notre mort sont la même chose. Quand nous réalisons ce fait, nous ne craignons plus la mort, et nous n’avons pas de vraie difficulté dans notre vie. »
Pour ceux qui veulent aller plus loin lire le livre : "Esprit Zen, esprit neuf" de Shunryu Suzuki.