19/11/2024
Un grand merci à notre public qui a été nombreux à la projection mois de novembre de KAMAY, film poignant sur une réalité afghane. Ci-dessous le témoignage d’Aliullah
étudiant en journalisme à l’université de Kaboul avant son exil, après avoir visionné le film «Kamay». Nous le remercions pour son partage!
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«Les films comme 'Kamay' revêtent une grande importance, parce qu’ils reflètent des enjeux sociaux, culturels et humains qui sont parfois négligés. Non seulement pour les Afghans, mais aussi pour le reste du monde.
Ces films sont nécessaires pour les Afghans, parce qu’ils illustrent les expériences de leur vie. Ils rappellent les souffrances que les gens ont traversés et nourrissent de la fierté pour leur identité et leur histoire.
Ce film agit comme un miroir pour les Afghans. Il reflète les douleurs, les joies et les défis de leur instance.
Regarder des films comme 'Kamay' est nécessaire pour les Afghans, pour qu’ils se reconnectent à leur identité et à leurs réalités sociales.
Pour les Suisses et les habitants d’autres pays, regarder un tel film aide à mieux comprendre les réalités de la vie en Afghanistan. Ces films présentent une image plus authentique et plus humaine de ce pays. Les Suisses peuvent prendre conscience des différences culturelles et des points communs entre les deux sociétés. Et la compréhension peut favoriser l’empathie et le respect mutuel.
Regarder 'Kamay' m’a rappelé de nombreux souvenir. L’année où Zahra s’est suicidée à l’université de Kaboul, j’étais à Kaboul aussi. Dans la ville, on a vu des affiches demandant justice pour Zahra.
Le film évoquait aussi l’attentat-suicide au centre éducatif Mawood, qui reste pour moi un très mauvais souvenir. Justement, il y a quelques jours, un matin alors que je venais de me réveiller, j’ai ouvert Instagram. Parmi les suggestions, il y avait le profil d’Ataullah qui est mort dans cet attentat avec sa sœur. Nous étions dans la même école. C’était un garçon vraiment gentil. Je suis allé visiter son profil et j’ai vu tous ses posts. Le dernier était daté du 14 août, avec une photo de lui et cette légende : 'à plus t**d'. L’attaque a eu lieu le 15 août. Plus de 160 personnes sont mortes, des jeunes de 16 à 19 ans. Ce n’était pas la seule attaque dans le quartier de Dasht-e-Barchi à Kaboul qui a coûté la vie à de nombreux Hazaras. Ces attaques n’ont épargné ni les enfants, ni les nouveaux-nés, ni leurs mères. Tous ont été massacrés. Ils n’ont pas eu de pitié non plus pour les jeunes filles et garçons Hazaras qui allaient à l’école pour apprendre.
En conclusion, montrer des films comme 'Kamay' reflète non seulement la culture et l'histoire d'une nation, mais aide aussi à renforcer la solidarité et la compréhension entre les cultures.»