08/15/2026
Tellement une belle réflexion qui me parle ❤️
Crédit d’une traduction d’une collègue Street Wise Canine!
Ce n’est pas mon texte, mais elle a lu dans mes pensées. 🙌🏻🙌🏻🙌🏻
« Lettre ouverte à la prochaine génération d’éducateurs canins
Si tu commences dans le domaine de l’éducation canine, j’aimerais te dire quelque chose qui me trotte dans la tête depuis un bon moment.
Je suis sincèrement inquiète de l’éducation que tu reçois.
Pas parce que je pense qu’on t’apprend à moins te soucier des chiens. Au contraire, je pense que cette génération se préoccupe davantage du bien-être, des émotions et de faire les choses correctement pour l’animal que toutes les générations précédentes.
Et ça, c’est une bonne chose.
Ce qui m’inquiète, c’est qu’en chemin, on a commencé à remplacer l’éducation par l’idéologie.
Et l’idéologie commence à décider de ce que tu as même le droit d’apprendre.
Je me fiche complètement de l’étiquette que tu finiras par te donner.
« Force-free ». Éducateur balancé. Renforcement positif. LIMA. Peu importe.
Je m’en fiche vraiment.
Parce qu’avant de décider quel genre d’éducateur tu veux être, tu mérites d’avoir la chance de comprendre comment fonctionne réellement l’éducation canine.
Tout.
On est tranquillement en train de passer de :
« Apprends tout. Comprends-le. Questionne-le. Ensuite, prends des décisions éclairées. »
à :
« Nous, on ne fait pas ça, donc tu n’as pas besoin de l’apprendre. »
On demande maintenant aux éducateurs d’adhérer à des codes, des engagements ou des restrictions concernant certaines méthodes ou certains outils avant même qu’ils aient eu la chance de comprendre complètement ce qu’ils choisissent de ne pas utiliser.
Arrête-toi deux secondes et pense à ça.
On demande à des gens de prendre des décisions professionnelles concernant des choses qu’en même temps, on leur dit qu’ils ne devraient même pas apprendre.
Ce n’est pas de l’éducation.
Les chiens n’arrêtent pas d’apprendre par la punition simplement parce qu’on a arrêté de l’enseigner.
Ils n’arrêtent pas de vivre du renforcement négatif parce qu’on n’aime pas en parler.
La pression ne disparaît pas simplement parce qu’on a décidé que la pression était mauvaise.
La théorie de l’apprentissage ne change pas parce qu’une organisation change sa position éthique.
Le renforcement positif existe.
Le renforcement négatif existe.
La punition positive existe.
La punition négative existe.
Tu peux prendre des décisions éthiques concernant quand, si et comment tu utilises intentionnellement ces processus.
Mais tu dois quand même les comprendre.
Parce qu’ils se produisent, que tu choisisses intentionnellement de les utiliser ou non.
Et la même chose se produit avec la compréhension des outils et de leur mécanique.
Chaque outil a une mécanique.
Un harnais. Un collier plat. Un licou. Une laisse coulissante. Un collier à pointes. Une longe.
Ils changent le levier. Ils changent l’endroit où la pression s’exerce. Ils changent la façon dont le mouvement de ta main se transmet au chien. Ils changent la vitesse à laquelle l’information arrive et disparaît.
Apprendre ces différences éduque tes mains.
Ton timing. La pression. Le relâchement. Le mouvement. Ta position. Ton observation.
Ça t’apprend à remarquer le petit changement de poids juste avant que le chien bouge.
Le moment où la tension apparaît dans la laisse.
La différence entre guider et retenir.
Le relâchement qui arrive une demi-seconde trop t**d et qui change complètement ce que le chien apprend.
Tu pourrais apprendre à utiliser tous ces outils et, au bout du compte, décider que tu ne veux jamais utiliser la moitié d’entre eux.
Parfait.
C’est ça, une décision professionnelle éclairée.
Parce qu’il y a une énorme différence entre :
« Je comprends exactement comment ça fonctionne, j’ai réfléchi aux risques et aux avantages et j’ai décidé de ne pas l’utiliser. »
et :
« Je n’ai jamais appris comment ça fonctionne parce que les gens qui m’ont formé m’ont dit que les bons éducateurs n’utilisent pas ça. »
L’un, c’est de l’éducation.
L’autre, c’est de l’idéologie.
Et j’ai peur qu’on soit en train d’éliminer la première tout en se félicitant de faire la deuxième.
Voici pourquoi ça devient important.
Tu vas rencontrer des chiens difficiles.
Pas des chiens Instagram.
Pas des chiens de démonstration.
Des vrais chiens.
Des chiens avec des histoires complexes.
Des chiens qui ont déjà mordu.
Des chiens dont les comportements leur ont déjà fait perdre une partie de leur liberté ou de leur vie.
Des chiens qui vivent sous plusieurs couches de gestion et de restrictions.
Des chiens dont les propriétaires sont épuisés.
Des chiens qui ne réagissent pas comme ton cours t’avait dit qu’ils allaient réagir.
Des chiens pour lesquels il n’existe pas de réponse parfaite et évidente.
Et c’est là que la profondeur de ton éducation devient importante.
Tu as besoin de plus qu’une liste de choses que tu as le droit de faire.
Tu dois comprendre le comportement.
L’apprentissage.
La mécanique.
Le bien-être.
Les risques.
Ce qui arrive quand le plan A ne fonctionne pas.
Et le plan B.
Et le plan C.
Parce que parfois, le chien devant toi ne va tout simplement pas entrer parfaitement dans ton idéologie.
Et quand ça arrive, ce ne devrait pas être le chien qui paie pour les trous dans ton éducation.
C’est ça qui m’inquiète.
Pendant que l’industrie se bat pour savoir qui peut revendiquer la science, il y a des chiens dont le monde devient de plus en plus petit.
Des chiens qui passent leur vie sous gestion.
Des chiens qui ne peuvent pas accéder à certains environnements de façon sécuritaire.
Des chiens qui n’apprennent jamais les compétences nécessaires pour avoir davantage de liberté.
Des chiens dont les familles finissent par atteindre leurs limites quant à ce qu’elles sont capables de gérer.
Non, ça ne veut pas dire que tous ces chiens ont besoin d’un collier à pointes ou d’un collier électronique.
C’est exactement le genre de pensée simpliste contre laquelle je m’élève.
Ça veut dire que tu dois avoir suffisamment d’éducation pour évaluer le chien devant toi et comprendre les options qui s’offrent à toi.
Parfois, la réponse sera le renforcement.
Parfois, la gestion.
Parfois, un changement dans l’environnement.
Parfois, changer les attentes du propriétaire.
Parfois, décider qu’un objectif particulier n’est tout simplement pas approprié.
Et parfois, des professionnels ne seront pas d’accord sur la meilleure option.
Et c’est correct.
C’est ce qui arrive dans les domaines complexes.
Mais tu devrais comprendre suffisamment de choses pour pouvoir participer à cette conversation.
Je ne veux pas que tu défendes aveuglément les outils.
Je ne veux pas non plus que tu les condamnes aveuglément.
Je veux que tu sois suffisamment éduqué pour ne pas avoir besoin que quelqu’un d’autre te dise quoi penser.
Apprends le renforcement à fond.
Apprends la punition.
Apprends la motivation.
Apprends la frustration.
Apprends la pression et le relâchement.
Apprends le timing.
Apprends la mécanique.
Apprends la gestion.
Apprends le langage corporel.
Apprends les émotions.
Apprends le bien-être.
Apprends les risques.
Apprends la science.
Et apprends aussi à connaître ses limites.
Apprends tout ce que tu peux.
Ensuite, décide quel genre d’éducateur tu veux être.
Parce que la connaissance ne t’oblige pas à utiliser quelque chose.
La connaissance te donne plutôt la capacité de prendre une décision éclairée de ne pas l’utiliser.
C’est ça que je pense qu’on est en train d’oublier.
Je me fiche de l’étiquette que la prochaine génération d’éducateurs choisira.
Ce qui m’importe, c’est de savoir si on t’a suffisamment bien formé pour que tu sois à la hauteur des chiens qui se retrouveront éventuellement devant toi.
Parce que même si l’idéologie peut gagner des arguments en ligne, les chiens ne bénéficient pas d’éducateurs à qui on a appris moins.
Ils bénéficient d’éducateurs qui comprennent davantage. »