Ciné Ma Passion

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"The Last Viking" = C +. Pas mal.En salles en France et pas de date de sortie annoncée au Québec.En quelques mots: Le ré...
07/19/2026

"The Last Viking" = C +. Pas mal.

En salles en France et pas de date de sortie annoncée au Québec.

En quelques mots: Le réalisateur Anders Thomas Jensen aime à mélanger les genres et les tonalités. Parfois ça prend admirablement (le génial "Riders of Justice" ou "Les Bouchers verts"), parfois moins comme ici. Si le film contient assez de séquences loufoques et/ou barrées réjouissantes, que l'ensemble se suit avec plaisir, que le décor idyllique enchante et que Mads Mikkelsen impressionne encore une fois, il y a trop de ruptures de tons et l'intrigue s'éparpille comme le film pur pleinement convaincre. Du coup on ne rit pas assez et on décroche parfois, surtout que le long-métrage peine vraiment à se conclure.

Un film danois d'Anders Thomas Jensen.
Avec Nikolaj Lie Kass, Mads Mikkelsen, Lars Brygmann, ...

Entre le réalisateur danois Anders Thomas Jensen et le grand acteur désormais reconnu à l’international Mads Mikkelsen, c’est une grande histoire d’amour : il tourné ses six films avec l’acteur! Il était donc logique que les deux refassent équipe pour « The Last Viking ». Le style du cinéaste est assuré et assumé : il aime mêler un humour noir à la scandinave avec d’autres genres, notamment le polar violent et sanglant. Et c’était souvent proche de la perfection comme le prouvent l’excellent « Riders of Justice » et, à moindre mesure, « Les Bouchers verts ». Avec ce nouveau long-métrage, il ne déroge pas à la règle en mêlant un humour décalé, presque burlesque, avec le drame psychologique et familial et une intrigue de polar violente. Sauf que cette fois, le cocktail est moins évident et maîtrisé.

En effet, « The Last Viking” passe d’une tonalité à une autre de manière beaucoup moins fluide qu’à l’accoutumée. L’émotion censée ressortir du traumatisme familial a plus de mal à éclore entre les saillies de violence souvent intenses et ces notes d’humour complètement absurde. Ces dernières sont majoritairement le fait du personnage atypique incarné par un sens du métier indéniable par Mads Mikkelsen, un acteur caméléon qui sait vraiment tout jouer et qu’on ne cesse de (re)découvrir à chaque long-métrage. Il est ici une nouvelle fois magistral. Oui, le film nous fait sourire régulièrement avec des gags visuels inattendus qui font mouche mais qui ne s’intègrent pas toujours parfaitement à une hétérogénéité de ton trop poussée et pas toujours digeste. En outre, le film zigzague entre sa dizaine de personnages parfois maladroitement. Et, force est de constater, qu’il y a des longueurs et surtout que le film peine à se conclure avec une fin qui n’en finit plus de se finir, comme si le script ne parvenait pas à une conclusion d’ensemble mais s’empêtrait dans des mini épilogues à répétition.

Malgré ces défauts, « The Last Viking » demeure une œuvre à part et comme en voit peu. Ce film de fous qu’on pourrait voir comme une ode à la différence et le besoin de se trouver une réalité commune fait du bien dans ce qu’il dit. C’est le type d’œuvre avec laquelle on ne sait jamais vraiment où on va être emmené. Le cadre idyllique d’une maison étrange au fin fond des forêts danoises bien mis en valeur donne un cachet singulier à cette œuvre bancale mais plaisante. Il y a de nombreuses séquences barrées et loufoques qui marquent l’esprit comme les sauts dans le vide de John/Manfred. L’idée de ces évadés d’hôpital psychiatrique qui veulent recréer les Beatles est amusante mais elle se marie mal à l’intrigue policière qui apparait presque accessoire. En effet, on ajoute un genre supplémentaire, celui de la comédie musicale, à une production qui a en contient déjà beaucoup. On se réjouit néanmoins de cette galerie de personnages azimutés et de nombreux moments particulièrement – et forcément - fous. Pas le meilleur film de son réalisateur, car inégal et perclus de nombreux défauts, mais une œuvre sympathique quand même.

"Jim Queen" = B +. Très bien.En salles en France et pas de date de sortie annoncée au Québec.En quelques mots: Une sacré...
07/18/2026

"Jim Queen" = B +. Très bien.

En salles en France et pas de date de sortie annoncée au Québec.

En quelques mots: Une sacrée surprise que ce film d'animation q***r style manga à la française. Certes c'est très cru et azimuté mais le tout se révèle aussi très juste dans la caricature si on accepte que ça ne représente qu'une partie de la communauté LGBT. La dose d'humour, de clins d'oeil et de second degré offerte à la minute est totalement jubilatoire. On rit beaucoup car c'est vraiment bien écrit et dialogué dans l'aspect parodique. Un film complètement dingue et inattendu qui embrasse le trash, le vulgaire, l'excès mais aussi la tendresse avec un discours politique fracassant et bienvenu en ces temps troublés. Un OFNI au rythme tonitruant amené à devenir culte.

Un film d'animation français de Marco Nguyen et Nicolas Athalé.

C’est ce qui s’appelle une énorme surprise! Il faut avouer que ce film d’animation tricolore avait fait forte impression au dernier Festival de Cannes. Depuis, le buzz a fait son chemin avec un joli succès critique et d’estime ainsi qu’un beau box-office en salles pour ce type de productions difficile à distribuer et vendre au public. D’ailleurs, il est certain que ce dessin animé très q***r à l’esthétique de manga japonais et plus spécialement destiné aux adultes n’était pas forcément une production attendue et vouée au succès. Plutôt un film de niche comme on dit. Alors certes, ce n’est vraiment pas pour tous les publics et peut-être davantage orienté pour le public gay, qui y verra plus de références, mais - si l’on est ouvert d’esprit - c’est une sacrée tranche de folie et de rigolade sur une petite heure et demie qui passe à une vitesse f***e. Juste une chose, n’y amenez pas des personnes trop jeunes, des spectateurs fermés d’esprit ou un public homophobe, cela risque de choquer ou d’agacer. En comparaison concernant le coté décomplexé, c’est dans la même veine que l’excellent film d’animation américain « Sausage Party », mais encore plus cul, cru et osé.

« Jim Queen » entend moquer et/ou parodier et/ou tourner en dérision tout le microcosme gay parisien et ses travers. Plus particulièrement les penchants communautaristes g**s et les étiquettes qui vont avec comme le clubbing, la salle de sport, les spots de dragues, entre autres. Il est donc entendu que le film ne traite qu’une petite partie des g**s, ceux que l’on voit le plus dans les médias, ceux qui sortent en club, sont autocentrés sur leur physique et adeptes des excès en tous genres. En quelque sorte, ceux de cette communauté qui entre dans les clichés et la caricature et peuplent un certain imaginaire collectif. Il manque d’ailleurs peut-être un petit commentaire en filigrane précisant que le film n’entend pas représenter tous les homosexuels de la planète mais si l’on a un minimum de recul et de jugeotte on s’en doute. Oui, le film entend tordre et s’amuser avec les clichés (plus ou moins avérés) de ce milieu en les exagérant, les extrapolant de manière plus ou moins poussée. Et tout le monde en prend pour son grade, avec un humour ravageur, pas mal de piques mais aussi de la bienveillance, sans jugement.

Certains devraient se retrouver là-dedans et ne pas apprécier mais c’est ce qui plaît aussi dans « Jim Queen ». C’est que, par le biais de l’animation, il s’autorise tout et n’épargne rien ni personne. L’adage selon lequel on peut rire de tout avec les bonnes personnes s’applique ici à merveille. Et si ce film d’animation atypique écorne le communautarisme présent dans une même communauté (les twinks, les bears, les gym queen, etc), il se moque aussi des clichés inhérents à ladite communauté avec leurs codes et des règles parfois ridicules. Il n’hésite pas à singer l’addiction à la salle, au sexe et même aux drogues. Le film fonce dans tout, ose tout, avec joie et fracas et c’est purement et simplement jubilatoire. Le long-métrage va aussi plus loin en nous inventant un simili Didier Raoult et une Christine Boutin d’opérette, qu’il malmène avec joie tout en proposant une satire acerbe de l’industrie pharmaceutique et de certains politiciens ultra-conservateurs ou du public de La Manif pour Tous. En plus d’un fond social, voilà donc une œuvre qui tire à boulets rouges sur tout en n’oubliant pas d’être politique.

Cependant – et c’est encore plus surprenant – il y a beaucoup de tendresse et une jolie histoire d’amour là-dedans. On est surpris de s’attacher à ces personnages de dessins animés, vulgaires de prime abord et totalement superficiels. Les seconds couteaux comme la meilleure amie, la drag-queen ou le concurrent sont bien croqués et nous font rire à gorge déployée. Car oui on rit beaucoup avec « Jim Queen », bien plus que dans la plupart des comédies actuelles. Et comme le film s’autorise tout, que c’est trash, sans concessions, parfois très vulgaire, on plussoie. Le rythme échevelé des péripéties ne nous laisse pas une minute de répit. Que ce soit la « chems » party ou le lieu de cruising dans un parc, même les moments les plus sexuels parviennent à nous amuser tellement c’est retranscrit avec une bonne dose de véracité trempée dans l’humour. Il y a une idée à la minute, que ce soit dans les dialogues, les situations ou même dans un coin d’écran via le graphisme. C’est franchement bien trouvé, maitrisé et clairement amené à devenir culte. Un petit bijou d’animation pour adultes, extrême, généreux, fou et, surtout, à mourir de rire et qui, délivre heureusement – in fine – un beau message de tolérance. À ne pas louper.

"L'Odyssée" = B -. Bien.En salles en France et au Québec.En quelques mots: Nolan met son sens du spectaculaire au servic...
07/17/2026

"L'Odyssée" = B -. Bien.

En salles en France et au Québec.

En quelques mots: Nolan met son sens du spectaculaire au service de l’aventure mythologique avec une mise en scène ample et des moments spectaculaires (la prise de Troie, la caverne du Cyclope, ...). La direction artistique est sublime et la moitié des stars d'Hollywood donne le change avec talent, dominé par un Matt Damon impérial. Mais on peut-être un peu déçu après la maestria de "Oppenheimer" par un manque de souffle épique, des thématiques parfois brouillonnes et par une oeuvre fleuve trop longue qui tend à ramollir dans la dernière partie.

Un film américain de Christopher Nolan.
Avec Matt Damon, Anne Hathaway, Tom Holland, ...

Chaque nouveau film de Christopher Nolan est un évènement pour la cinématographie mondiale. Il est attendu comme le Messie, à l’instar d’un Spielberg ou d’un Scorsese de la grande époque. Avec Denis Villeneuve c’est peut-être l’un des seuls réalisateurs contemporains à savoir faire d’énormes blockbusters dits intelligents. Pas que les autres films à budget pharaoniques soient bêtes mais ils découlent davantage de franchises, du genre super-héroïque et d’adaptations de licences connues. Cette fois cependant, le cinéaste n’a pas mis en images un scénario totalement original puisqu’il s’inspire des illustres écrits antiques d’Homère. En l’occurrence « L’Odyssée », récemment adapté avec Ralph Fiennes et Juliette Binoche en mode minimaliste et hermétique avec le très pénible « The Return » sorti l’an passé, a été le matériau de base du réalisateur qu’il a retranscrit plus ou moins fidèlement à sa sauce et avec ses obsessions.

Comme il aime vaquer d’un genre à l’autre, Nolan change donc à nouveau de genre et de registre en appréhendant cette fois le film d’aventures mythologiques. On ne parlera pas de péplum à proprement parler puisque la dimension fantastique induite par la mythologie grecque, ses dieux, ses créatures et ses monstres, est très présente. Il fait donc le choix, comme on s’en doutait, du film à très grand spectacle, ample et spectaculaire. Et voilà d’ailleurs deux termes qui collent parfaitement à la mise en scène impressionnante qu’il nous a confectionné. Il confirme – s’il était encore besoin de le faire – qu’il est un immense technicien d’images et nous gratifie d’un lot de séquences incroyables qui impactent durablement la rétine et transcendent l’écran. Et comme la direction artistique est également à son sommet, on ne peut qu’être conquis par ce niveau de maîtrise et de maestria presque parfait.

Au niveau des perles incontestables qui figurent au tableau de chasse de « L’Odyssée », notons la captivante prise de Troie, différente de celle du film de Wolfgang Petersen avec Brad Pitt, où le viscéral remplace l’esbrouffe. Proposée en deux parties, elle est impeccable. Il y a aussi la partie avec le Cyclope, braconnant sur les terres de l’horreur et dont le design est plus que surprenant mais tout à fait probant. Et que dire de ces magnifiques images de désolation proposées par le passage aux confins de l’enfer d’Hadès ou d’une séquence convolant admirablement avec le body horror sur l’île de la sorcière Circin. Bref, des morceaux de bravoure aussi visuels que narratifs, le film en regorge pour notre plus grand plaisir. Le choix d’avoir une narration éclatée et non linéaire est un peu perturbant au début mais finit par faire sens au fur et à mesure que le long-métrage progresse.

« L’Odyssée » est comme souvent (et de plus en plus) au sein des films de Nolan, garni d’un casting qui réunit tout le gratin hollywoodien, même dans des rôles secondaires. Matt Damon domine sans conteste cette prestigieuse distribution avec beaucoup d’aplomb aussi bien physiquement qu’émotionnellement. Rien à dire sur le reste sauf peut-être un Robert Pattinson un peu trop grimaçant au jeu forcé alors qu’il est généralement excellent et certains acteurs qui ne font vraiment que passer comme Zendaya, laissant un goût de trop peu. La polémique concernant les choix de casting inclusifs tendance woke s’entend puisqu’on met des personnes de couleur pour jouer des grecs mais on pourra rétorquer que c’est une adaptation de légendes et que ce n’est pas le plus important. Les paysages et décors sont en outre magnifiques et le tournage en décor naturel apporte beaucoup à la beauté des images.

Malgré tout, on préfèrera son magnum récent, « Oppenheimer », finalement bien plus mémorable et définitif à tous niveaux. En effet, « L’Odyssée » se situera dans les bons films de Nolan mais pas dans ceux dits exceptionnels comme « Inception » ou « Le Prestige ». La faute à un côté tout de même fort hollywoodien et un manque flagrant de souffle épique. L’émotion qui aurait dû être induite par la poésie et le côté mythologique ne traversent pas souvent l’écran. Il y a aussi certaines séquences un peu bâclées ou ratées comme celle avec les sirènes comme un brassage de ses thématiques habituelles (la mémoire, le temps, ...) un peu brouillon si ce n’est une morale pacifiste un peu facile. Et il faut souligner qu’il y a des longueurs, que les presque trois heures ne se justifiaient pas forcément. Lors de la dernière heure, le film commence un peu à ronronner et à s’étendre pour rien. Quant au combat final, il semble peu réaliste et finit le film sur une note pas vraiment positive. Néanmoins, c’est probablement le gros film de l’été le plus impressionnant et prestigieux à date.

"Swiped" = B -. Bien.Disponible sur Disney +.En quelques mots: Bien que la mise en scène soit plutôt lisse, voire illust...
07/15/2026

"Swiped" = B -. Bien.

Disponible sur Disney +.

En quelques mots: Bien que la mise en scène soit plutôt lisse, voire illustrative, et l'interprétation correcte mais sans emphase, ce récit de la création des plus célèbres applis de rencontre nous scotche du début a la fin. Le récit - forcément adapté aux besoins du film - est particulièrement bien écrit et le tout captivant. Et puis cette guerre des egos pointe du doigt bien des travers de notre époque avec brio (masculinité toxique, diffamation, place des femmes dans la tech, ...).

Un film américain de Rachel Goldenberg.
Avec Lily James, Dan Steven, Ben Schnetzer, ...

Les longs-métrages qui traient de la création de produits deviennent un sous-genre à part entière. Entre l’avènement de Facebook dans l’excellent « The Social Network », celui du Blackberry dans le tout aussi excellent film éponyme, la naissance du jeu vidéo Tetris avec... « Tetris » ou encore la production de célèbre chaussure Nike « Air » avec... « Air », il y a une recrudescence de simili biopics de ce type. Des œuvres souvent incongrues de prime abord mais qui s’avèrent souvent étonnantes et passionnantes par leur traitement. Bientôt, on aura celle de Luca Guadagnino sur OpenAI et son créateur Sam Altman intitulée « Artificial » qui fait déjà polémique en ayant été abandonnée par son studio. Il fallait bien que les applis de rencontre y passent et « Swiped » entend donc raconter comment se sont créées Tinder et Bumble en retraçant le parcours de celle qui les a inventées. Et, encore une fois, le film est largement digne d’intérêt à défaut d’être marquant.

La réalisatrice de séries et de quelques films inédits en salles Rachel Goldenberg n’a clairement pas le talent d’un David Fincher mais « Swiped » se révèle tout de même passionnant par le simple fait que l’histoire l’est en elle-même. On retrace les grandes lignes qui ont mené Whitney Wolffe à se lancer dans la création d’applications destinées à faire des rencontres dans le milieu concurrentiel de la tech. Le scénario est linéaire mais factuel, fluide et concis, appréhendant les faits cruciaux qui ont mené à la naissance de ces deux illustres applis. Bien sûr, comme l’encart débutant le film le souligne, certaines parties du script sont romancées ou inventées pour les besoins de la dramaturgie. Il n’empêche, c’est toujours bien écrit et on va à l’essentiel pour captiver le spectateur sans jamais aller trop vite.

On apprécie que des thèmes éminemment contemporains et nécessaires soient traités même si beaucoup de choses sont survolées et manquent de profondeur. On parle ici de masculinité toxique et d’emprise, de misogynie, de la prépondérance des hommes dans le milieu de la tech et de diffamation de manière exemplaire et juste. « Swiped » suit le schéma classique mais logique des balbutiements initiaux puis de la route vers le succès qui sera forcément ternie par des guerres d’egos et des impasses jusqu’à la consécration en forme de vengeance. Jamais on ne s’ennuie durant les près de deux heures du film. Et si l’interprétation est correcte sans jamais être flamboyante ou remarquable, signe d’une production de plateforme qui fait parfois le minimum syndical sur bien des aspects, le long-métrage fonctionne bien. Alors oui, il est vrai que la mise en scène est générique, voire illustrative, mais il y a assez d’aspects réussis pour une œuvre aussi intéressante que divertissante qui nous apprend beaucoup avec un sens du rythme indéniable.

Pour la première fois, Ciné Ma Passion va ralentir un peu la cadence après quinze ans!Pas d’arrêt de la page, pas de vac...
07/13/2026

Pour la première fois, Ciné Ma Passion va ralentir un peu la cadence après quinze ans!

Pas d’arrêt de la page, pas de vacances non plus cette fois, juste un rythme de critiques moins assidu et moins quotidien durant quelques mois.

En clair, à partir d’aujourd’hui et jusque la fin octobre, les publications ne seront plus journalières mais davantage épisodiques. Les plus gros films seront couverts tout comme nos plus grosses attentes également mais pas forcément la semaine de sortie non plus.

Bref on ralentit le rythme quelques mois pour se focaliser sur d’autres choses et parce qu’on en a besoin! ☺️

En espérant votre fidélité toujours au rendez-vous! Bonnes toiles! 🎬

"La Danse des renards" = B -. Bien.Déjà sorti en France et disponible en VOD, en salles au Québec le 24 juillet.En quelq...
07/11/2026

"La Danse des renards" = B -. Bien.

Déjà sorti en France et disponible en VOD, en salles au Québec le 24 juillet.

En quelques mots: Une véritable (et belle) découverte que ce premier film belge qui prend la boxe comme décor pour nous emmener bien plus loin qu'un simple film de sport. Entre récit initiatique et chronique adolescente sur une amitié masculine rongée par le masculinisme et la compétition, le film nous touche, nous angoisse, nous happe. Et le jeune Samuel Kircher impose une animalité rare dans un rôle complexe dont il se tire avec les honneurs. Un long-métrage étonnant, beau et presque perturbant par instants.

Un film belge de Valéry Caudroy.
Avec Samuel Kircher, Faycal Anaflous, Jean-Baptiste Durand, ...

Petit coup de cœur pour ce premier film belge aussi singulier que réussi. Pourtant, Valéry Carnoy pose le décor de son film dans un milieu à priori déjà vu sous bien des angles : celui de la boxe. En effet, les œuvres sur ce sport – et ceux de combats en général – sont légion, de l’immense « Warrior » à la saga « Rocky ». Cependant, il en bouge les lignes de manière significative en le positionnant dans un internat sportif, un lieu où s’entraînent des jeunes pour des compétitions. Le script, plus proche du récit d’apprentissage anxiogène, ne prend d’ailleurs cette discipline que comme un contexte qui va catalyser une suite de problèmes suite à l’accident du personnage principal. Ce n’est donc pas vraiment la compétition ni le parcours physique de ce dernier pour gagner (ou pas) qui intéresse le cinéaste. Non, cette histoire parle surtout d’une amitié forte entre deux garçons (et sans aucune tension sexuelle) et du masculinisme inhérent à ce milieu, virant à la toxicité.

« La danse des renards » (très joli titre fort à propos, indexé sur un certain symbolisme étonnat en rapport avec cet animal) est portée par une troupe de jeunes acteurs plus vrais que nature. Alors oui, les protagonistes sont d’origine très diverse (conforme à la mixité sociale actuelle) et on parle ici comme dans les cités, ce qui pourra agacer. C’est cependant réaliste et on ne serait pas étonné que ce soit même pire dans la réalité. En attendant, ce long-métrage venu de Belgique peut compter sur ses jeunes comédiens non professionnels et méconnus très doués du côté des seconds rôles pour un effet de groupe plus que pertinent. Cependant, c’est Samuel Kircher (frère de Paul) dans le rôle principal qui dévore l’écran. Après son rôle casse-gu**le dans « L’Été dernier » de Catherine Breillat où, à seize ans, il vivait une histoire d’amour interdite avec Léa Drucker, il nous gratifie ici de sa présence animale et sauvage pour ce petit film attachant, aux émotions puissantes et délivrées toute en finesse. Le jeune comédien a un charisme incroyable et il impressionne dans cette prestation complexe. Il parvient à faire ressentir des sentiments contradictoires ainsi que ses souffrances psychologiques et physiques avec beaucoup de nuances. Impressionnant.

Carnoy développe donc par petites touches comment des égos, l’effet de groupe et des comportements masculinistes vont petit à petit perturber une amitié forte entre les deux garçons, parfumée de rivalité. Un engrenage relationnel et viril ô combien toxique et bien campé à l’écran. Tantôt drame psychologique pour ensuite se muer en chronique adolescente ou en film sportif, « La danse des renards » convoque parfois même les atours du suspense avec sa musique angoissante. La réalisation, naturaliste et presque documentaire, se met au plus proche des personnages et de leurs ressentis. Le film reste toujours focalisé sur le point de vue de Camille et dresse le portrait d’un jeune homme en plein questionnement physique, sentimental et existentiel. Simple mais beau, le film enchaîne les petits instants de grâce, naturels et puissants, avec d’autres plus intenses et durs. Ce n’est pas parfait mais, pour une première œuvre, c’est une jolie découverte.

"Evil Dead Burns" = B -. Bien.En salles en France et au Québec.En quelques mots: Un cran moins réussi et définitif que l...
07/10/2026

"Evil Dead Burns" = B -. Bien.

En salles en France et au Québec.

En quelques mots: Un cran moins réussi et définitif que le précédent, la faute à un script encore plus maigre et accessoire, des personnages à la psychologie plus facile ainsi qu'une fin qui n'en finit plus de finir, cet opus est tout de même sacrément roborative. La mise en scène du prodige francais Sebastien Vanicek fait des étincelles et confirme son potentiel. En outre et c'est la base d'un tel projet: il y va à fond dans le gore, le sang et l'horreur avec une inventivité exceptionnelle à tel point qu'on se demande jusqu'où ils peuvent aller. Âmes sensibles (vraiment) s'abstenir!

Un film américain de Sebastien Vanicek.
Avec Souheila Yacoub, Hunter Doohan, Tandi Wright, ...

Sam Raimi avait resuscité sa propre trilogie culte « Evil Dead » avec un nouveau film éponyme en 2013. Un film plus moderne qui faisait honneur aux premiers mais à la réception mitigée. Récemment, la saga avait connu une renaissance incroyable avec celui de Lee Cronin, « Evil Dead Rise », un opus extrême et sans concession, presque définitif dans sa manière de pousser les curseurs du gore et de l’écœurement, pour un résultat magistral et mémorable. Succès aidant, voilà le nouvel opus d’une saga qui pourrait s’étirer à l’infini puisqu’on change tout le temps de protagonistes avec les nouveaux films, avec juste le Livre des morts et les Deadites comme lien. Lee Cronin n’a pas resigné puisqu’il est parti réaliser sa version tout aussi extrême (et géniale) du mythe de la momie avec « Le Réveil de la Momie », d’excellente mémoire tant c’était inattendu, intense et dégoûtant.

Cette fois, c’est un frenchie qui a été appelé : le jeune prodige à l’origine du film d’horreur avec araignées complètement traumatisant « Vermines ». Un film de série B français particulièrement marquant et horrible qui lui a permis d’être remarqué. Les sirènes d’Hollywood l’ont donc appelé et on peut dire qu’il ne s’est pas cassé les dents comme tant d’autres lors de leur passage outre-Atlantique, notamment dans le film de genre. En effet, « Evil Dead Burns » est très réussi et confirme tout le bien que l’on pensait de ce jeune prodige. On pourra tout de même avancer que l’opus précédent était plus roboratif et que le contexte citadin d’un immeuble de centre-ville ajoutait une touche originale que n’a pas celui-ci avec sa vieille – et sempiternelle – maison isolée dans les bois. En outre, l’histoire offerte ici est vraiment réduite à peau de chagrin, presque accessoire, pour permettre le maximum d’horreur, de violence et de sévices. On notera aussi que la psychologie des personnages est plus basique avec en toile de fond, une famille dysfonctionnelle et le thème à la mode au cinéma de la masculinité toxique et des violences conjugales.

Ceci mis de côté on ne peut qu’apprécier le déluge de gore et de sang offert ici avec une sauvagerie sans limite. Bien sûr, si on est client de ce type de cinéma sinon la séance sera particulièrement pénible. L’inventivité mise en branle ici pour traumatiser les corps, les chairs et les esprits est à son paroxysme. N’importe quel outil de tous les jours devient un instrument de torture et de douleur dans un joyeux opéra de terreur viscéral (comme le suggère le titre québécois) qui ravira les amateurs. Certaines séquences sont incroyables de méchanceté. Du lave-vaisselle à la jambe en bois en passant par le crayon dans le tympan, c’est incroyablement imaginatif et extrême. Même les torture-porn à la « Saw » passeraient pour des enfants de cœur tant c’est dégoûtant ici. Qui plus est, Vanicek impressionne avec une mise en scène vigoureuse et toute aussi musclée. Entre un plan-séquence destructeur qui nous met KO et des mouvements de caméra rendant la violence encore plus flamboyante, on est gâtés. Tellement, qu’arrivé à la toute fin, on en serait presque épuisé et qu’on voudrait que cela se termine. Mais la note d’intention « Evil Dead » est remplie haut la main avec fracas, tripailles et hémoglobine à gogo.

"Saccharine" = C +. Pas mal.Déjà sorti en salles en France et disponible en VOD en septembre, disponible en VOD au Québe...
07/09/2026

"Saccharine" = C +. Pas mal.

Déjà sorti en salles en France et disponible en VOD en septembre, disponible en VOD au Québec.

En quelques mots: Ce nouvel ersatz de "The Substance" part un peu dans trop de directions connues du film de genre (body-horror, film de fantômes, ambiance malsaine, ...) et s'avère trop long et répétitif. En revanche, il y a une atmosphère poisseuse de toute beauté accentuée par une mise en scène aux effets très probants. Et il faut avouer que c'est plutôt flippant et surprenant à bien des égards même si on en attendait plus du discours sur la minceur et la beauté.

Un film australien de Natalia Erika James.
Avec Midori Francis, Danielle McDonald, Madeleine Madden, ...

Décidément, la claque de 2024 « The Substance » et, à moindre mesure, la Palme d’or 2023 « Titane », deux films tricolores, n’ont de cesse de faire des émules. Et c’est peu dire que les copies et plagiats (ou films inspirés de, si on reste poli) ne se sont guère distingués. Le seul body-horror à message qui nous a marqué est peut-être celui qui ressemble le moins aux films de Coralie Fargeat et Julia Ducornau : « Together » avec ses corps qui fusionnent à l’extrême. Sinon, de « Shell » à « Slanted » en passant par « Grafted », toutes ces œuvres n’arrivent même pas à la cheville de leur illustre modèle. Elles sont, au mieux, distrayantes, au pire, totalement dispensables. De voir l’australienne, Natalie Erika James que l’on avait découverte avec le prometteur « Relic » s’attaquer à la thématique du physique, du poids et du paraître par le biais du fantastique et du body-horror était prometteur. Et, en effet, « Saccharine » est peut-être le moins mauvais de ces ersatz.

Il déploie quand même pas mal de défauts qui l’empêchent d’être aussi bien qu’espéré mais il dépasse tout de même largement la concurrence actuelle de cette mouvance ressuscitée. D’abord, et c’est quand même bien frustrant, le discours sur le diktats de beauté, notamment la minceur, est quand même évacué à une vitesse assez ahurissante. Le sujet de « Saccharine » apparaît donc plus comme un prétexte qu’une véritable analyse ou un commentaire sur le sujet. Comme si James avait été effrayée par l’impact qu’un tel sujet pouvait avoir sur le public et qu’elle était devenue frileuse en cours de tournage (ou de montage). Ensuite, le long-métrage regorge d’idées et pioche dans beaucoup de domaines du fantastique et de l’horreur mais tout cela manque d’homogénéité et frôle le pot-pourri tendance fourre-tout. Entre les pilules amincissantes, le fantôme du corps disséqué à la morgue, les pulsions boulimiques du personnage principal ou encore l’histoire des reflets convexes, le script est un peu chargé et enquille les idées un peu n’importe comment, aussi bonnes soient-elles. Et puis il faut avouer que cette œuvre est un peu trop longue pour ce qu’elle a à raconter.

Néanmoins, James muscle encore une fois sa mise en scène. À l’instar du film de Fargeat, en moins choc tout de même, les images proposées par « Saccharine » sont de toute beauté. Tourné majoritairement dans la pénombre, optimisant les coins sombres et jouant avec de nombreux effets de style plutôt bienvenus, la réalisation a de la gu**le et colle au propos. L’ambiance malsaine, accentuée par une bande sonore oppressante et des effets du meilleur goût, finit de donner une forme appréciable au film. Ensuite, il y a pas mal de moments qui font peur et parfois sursauter et on suit l’histoire avec plaisir, on veut savoir comment va se terminer cette histoire. À ce titre, le plan final est sublime, proche du giallo. Alors si on y perd sur le fond, laissé un peu en jachère et partant dans tous les sens, l’univers et l’atmosphère ainsi que des idées en pagaille font de « Saccharine » une œuvre de body-horror plus que respectable à défaut d’être inoubliable ou incontournable.

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