07/19/2026
"The Last Viking" = C +. Pas mal.
En salles en France et pas de date de sortie annoncée au Québec.
En quelques mots: Le réalisateur Anders Thomas Jensen aime à mélanger les genres et les tonalités. Parfois ça prend admirablement (le génial "Riders of Justice" ou "Les Bouchers verts"), parfois moins comme ici. Si le film contient assez de séquences loufoques et/ou barrées réjouissantes, que l'ensemble se suit avec plaisir, que le décor idyllique enchante et que Mads Mikkelsen impressionne encore une fois, il y a trop de ruptures de tons et l'intrigue s'éparpille comme le film pur pleinement convaincre. Du coup on ne rit pas assez et on décroche parfois, surtout que le long-métrage peine vraiment à se conclure.
Un film danois d'Anders Thomas Jensen.
Avec Nikolaj Lie Kass, Mads Mikkelsen, Lars Brygmann, ...
Entre le réalisateur danois Anders Thomas Jensen et le grand acteur désormais reconnu à l’international Mads Mikkelsen, c’est une grande histoire d’amour : il tourné ses six films avec l’acteur! Il était donc logique que les deux refassent équipe pour « The Last Viking ». Le style du cinéaste est assuré et assumé : il aime mêler un humour noir à la scandinave avec d’autres genres, notamment le polar violent et sanglant. Et c’était souvent proche de la perfection comme le prouvent l’excellent « Riders of Justice » et, à moindre mesure, « Les Bouchers verts ». Avec ce nouveau long-métrage, il ne déroge pas à la règle en mêlant un humour décalé, presque burlesque, avec le drame psychologique et familial et une intrigue de polar violente. Sauf que cette fois, le cocktail est moins évident et maîtrisé.
En effet, « The Last Viking” passe d’une tonalité à une autre de manière beaucoup moins fluide qu’à l’accoutumée. L’émotion censée ressortir du traumatisme familial a plus de mal à éclore entre les saillies de violence souvent intenses et ces notes d’humour complètement absurde. Ces dernières sont majoritairement le fait du personnage atypique incarné par un sens du métier indéniable par Mads Mikkelsen, un acteur caméléon qui sait vraiment tout jouer et qu’on ne cesse de (re)découvrir à chaque long-métrage. Il est ici une nouvelle fois magistral. Oui, le film nous fait sourire régulièrement avec des gags visuels inattendus qui font mouche mais qui ne s’intègrent pas toujours parfaitement à une hétérogénéité de ton trop poussée et pas toujours digeste. En outre, le film zigzague entre sa dizaine de personnages parfois maladroitement. Et, force est de constater, qu’il y a des longueurs et surtout que le film peine à se conclure avec une fin qui n’en finit plus de se finir, comme si le script ne parvenait pas à une conclusion d’ensemble mais s’empêtrait dans des mini épilogues à répétition.
Malgré ces défauts, « The Last Viking » demeure une œuvre à part et comme en voit peu. Ce film de fous qu’on pourrait voir comme une ode à la différence et le besoin de se trouver une réalité commune fait du bien dans ce qu’il dit. C’est le type d’œuvre avec laquelle on ne sait jamais vraiment où on va être emmené. Le cadre idyllique d’une maison étrange au fin fond des forêts danoises bien mis en valeur donne un cachet singulier à cette œuvre bancale mais plaisante. Il y a de nombreuses séquences barrées et loufoques qui marquent l’esprit comme les sauts dans le vide de John/Manfred. L’idée de ces évadés d’hôpital psychiatrique qui veulent recréer les Beatles est amusante mais elle se marie mal à l’intrigue policière qui apparait presque accessoire. En effet, on ajoute un genre supplémentaire, celui de la comédie musicale, à une production qui a en contient déjà beaucoup. On se réjouit néanmoins de cette galerie de personnages azimutés et de nombreux moments particulièrement – et forcément - fous. Pas le meilleur film de son réalisateur, car inégal et perclus de nombreux défauts, mais une œuvre sympathique quand même.