03/10/2016
Parti Communiste Revolutionnaire Voltaique (PCRV)
Proletaire de tous les pays,unissez vous !
DECLARATION DE RENTREE
L’éducation est l’action exercée par les générations adultes sur celles qui ne sont pas encore mûres pour la vie sociale. Elle a pour objet de susciter et de développer chez le jeune un certain nombre d’états physiques, intellectuels et mentaux que réclament de lui et la société politique dans son ensemble et le milieu social auquel il est particulièrement destiné. L’éducation est également un facteur dominant de l’économie générale d’un pays. Pour tout pays qui clame sa souveraineté nationale, il doit faire de l’éducation une priorité nationale. Toutes les lois bourgeoises sur l’éducation convergent pour dire que tout citoyen a droit à l’éducation sans discrimination fondée sur le sexe, la race, la religion ou l’origine sociale. Partant de ces éléments ci-dessus, il est donc normal et même un devoir pour notre peuple d’exiger une école démocratique et populaire. Tout Etat responsable qui assure le financement de l’éducation, est dans son rôle régalien de garantir le droit à l’éducation de tous les citoyens et de mettre à la société une force de travail en quantité et en qualité.
Dans la société capitaliste actuelle, l’éducation est soumise à la crise économique et à celle de la pensée bourgeoise. C’est donc dans un contexte de crise généralisée que se déroule la rentrée académique et scolaire 2016-2017.Au niveau du secteur de l’éducation, cette crise a atteint un niveau jamais égalé de par son ampleur, sa profondeur et son acuité. Tous les analystes et démocrates sincères s’accordent pour dire que la détérioration du système éducatif s’est accélérée à partir de l’application du programme d’ajustement structurel (PAS) mis en avant par le FMI et la BM. Dans la pratique, ces réformes libérales obligent l’Etat néocolonial de Haute-Volta dite Burkina-Faso, à une liquidation des services sociaux publics et à en faire des biens que les citoyens sont obligés de payer sur le marché capitaliste. Au niveau de l’éducation cela se traduit suivant deux indicateurs :
Le premier indicateur concerne la situation chaotique de l’enseignement public. A ce niveau, les reformes se manifestent par des réductions budgétaires, la diminution des œuvres scolaires et universitaires, le gel de construction d’infrastructures ; le gel de recrutement des enseignants, la suppression des bourses (0 % des élèves au secondaire et seulement 6 % des étudiants de l’UPB), la précarisation des conditions de vie et de travail des enseignants et du personnel ATOS. Les reformes se manifestent aussi par l’application des mesures aventuristes (continuum, LMD, etc.) sans réunir un minimum de condition et par l’obligation pour les établissements publics de créer des postes de recettes propres. C’est dans cet esprit qu’il faut comprendre que malgré la gratuité de l’école jusqu’à l’âge de 16 ans annoncée avec pompe, les parents d’élèves doivent payer au niveau du primaire et du secondaire des cotisations APE (de force), les frais de vacations, les frais des examens blancs, les frais de constructions des salles de professeurs, des frais de réparation des tables bancs, etc. Au niveau du supérieure choix a été fait de prendre 15 000 FCFA à des centaines de bacheliers pour passer des tests d’entrée pour certaines filières et de ne retenir qu’un minimum (moins de 100 par filière) et après revenir par des pratiques de corruption pour recruter le même effectif (voir plus) pour soi-disant un complément d’effectifs. Le choix a été fait également de privatiser certaines formations en portant les couts à 500 000 FCFA.
Le deuxième indicateur concerne le développement à une vitesse ahurissante des établissements privés dans tous les ordres d’enseignement. Au secondaire, plus de 81 des établissements de la province du Houet étaient privés en 2015-2016, soit 111 établissements privés contre 25 établissements publics. Pour l’enseignement supérieur, on dénombrait en 2014-2015,09 établissements privés contre 01 établissement dans la ville de Bobo-Dioulasso .L’élément sur la rentrée scolaire du journal télévisé de 200h du 25/09/2016 de la RTB ,illustre parfaitement la consternation des parents d’élèves par rapport au manque de places dans le public et au cout de l’éducation (plus de 80 000 CFA comme frais de scolarité) dans le privé. Des établissements privés ont trouvé des mécanismes pour instituer des frais spéciaux pour le retrait des diplômes, des relevés de notes, etc. Par ailleurs, les travailleurs de ces établissements privés se trouvent dans une situation d’indigence avec de re**rds voire le non payement des heures de cours.
Ces reformes constituent un terreau fertile pour des actes de corruption, de fraude et de détournement en partant de la construction des infrastructures jusqu’à la gestion des fonds collectés, en passant par les recrutements du personnel et des élèves et étudiants. C’est le cas de vente de place entre 40 000 et 50 000 FCFA (sans frais de scolarité) qui a été dénoncée au lycée départemental de Toussiana.C’est le cas également de la lutte des élèves et leurs parents à Houndé pour la suppression des cotisation spéciales (près de 22 millions sur 3 ans ) pour la construction et l’équipement d’une salle informatique ,d’un parking et l’organisation d’une mutuelle de santé (jamais réalisés).A l’université, c’est la défectuosité de certaines infrastructures dès leur première utilisation (cas de la cité universitaire de Belle-ville)
Au niveau de l’UPB, l’application avec zèle des réformes libérales et aventuristes, conduit inexorablement à sa désorganisation. En témoigne, la situation chaotique au niveau des œuvres sociales qui a conduit à une quasi-paralysie des activités académiques de mai à juillet 2016 sans qu’aucune autorité ne soit effarée. Certaines autorités se plaisent de voir les étudiants payer des salles en villes à 15 000 FCFA la semaine pour prendre cours. En réalité, c’est ce que visent les réformes libérales. Que les étudiants et leurs parents paient tout et tout avant d’accéder au savoir. La désorganisation de l’UPB s’illustre aussi par le gel de recrutement d’enseignants. En effet, l’UPB ne comptait que 93 enseignants permanents durant l’année 2014-2015 avec un ratio atteignant 152 étudiants pour un enseignant dans certains établissements, alors que les normes UNESCO indiquent 25 étudiants pour un enseignant. Ces 193 enseignants doivent partager 19 bureaux, soit un bureau pour 10 enseignants. Il apparait clairement que le seul point d’attache entre enseignant et l’université ne peut être que ses enseignants, car aucune condition n’est réunie pour lui permettre de mener une vie universitaire correcte.
Les universités ont la particularité de pouvoir produire leur propre personnel surtout enseignant, ce qui n’est pas le cas pour la majorité des services et entreprises. Le désarroi à l’UPB, est qu’aucun mécanisme n’est mis en place pour produire le personnel enseignant .Pire, les autorités de l’UPB mettent des conditions drastiques pour l’accès à la formation de 3 ème cycle. Il faut débourser au minimum 500 000 FCFA par an pour faire le Master et le Doctorat. Du coup, le système Licence-Master-Doctorat (LMD) devient un système L pour la majorité des étudiants.
Face à la situation actuelle de l’UPB, il ne faut pas se faire d’illusion sur la capacité et la volonté du pouvoir de Rock Marc Christian KABORE à apporter des solutions sérieuses. L’illustration parfaite de cette incurie politique est la promesse du premier ministre Paul Kaba THIEBA lors de sa déclaration de politique générale du 05 février 2016, de construire en 2016 pour l’enseignement supérieur 10 amphithéâtres, 12 bâtiments pédagogiques, 2 bibliothèques, 2 cités universitaires, etc.
La situation actuelle de l’UPB demande par contre plus d’engagement, plus d’actions fortes non seulement de la part des acteurs universitaires mais de l’ensemble de la population parce qu’il s’agit d’une question de la ville de Bobo-Dioulasso et de sa région. Le problème de transport posé par les étudiants, est en réalité un problème de transport urbain dont la ville doit se saisir. Ce problème touche le jeune apprenti mécanicien qui quitte les 24 ou 25 pour venir dans son garage au centre-ville. Il en est de même pour le scolaire qui quitte le cartier Belle-ville à vélo pour aller prendre cours au CEG de Nasso.
C’est pourquoi, le PCRV appelle les élèves, les étudiants, les enseignants, le personnel ATOS, les parents d’élèves et d’étudiants, la classe ouvrière, la paysannerie et la jeunesse populaire à maintenir l’élan révolutionnaire des 30 et 31 octobre 2014 et la flamme de la résistance populaire au coup d’Etat de type fasciste du RSP.
Le Comité de l’Université du PCRV :
-Lance un appel à tous les acteurs de l’UPB à renforcer leurs différents cadres d’organisation et poursuivre leurs luttes pour l’amélioration des conditions de vie, d’étude et de travail ;
-Invite les populations à s’approprier la question de l’éducation à l’UPB, car la situation chaotique actuelle dépasse les capacités des seuls acteurs. La construction d’une université démocratique au service des enfants de notre peuple doit être une revendication de tous.
La plate-forme minimale qui doit faire l’unité de notre action est :
-l’effectivité de l’école gratuite et obligatoire pour tous les enfants jusqu’à l’âge de 16 ans ;
-l’arrêt de la privatisation du secteur de l’éducation ;
-la suspension et l’audit de la gestion des fonds collectés par les APE des établissements ;
-la poursuite des auteurs de détournements et de corruption dans l’administration scolaire et universitaires ;
-la construction d’infrastructures pour tous les ordres d’enseignement ;
-le recrutement et la formation d’enseignants en nombre dans tous les ordres d’enseignement ;
-la prise de mesures adéquates pour arrêter le chevauchement des années à l’université ;
-la mise en place d’un système de transport urbain pour assurer la mobilité des jeunes scolaires, des étudiants et l’ensemble de la population de la ville de Bobo-Dioulasso ;
-la mise en place des œuvres scolaires et universitaires et l’extension des équipements culturels et sportifs pour les travailleurs (transport, santé, logement, loisir, etc.) ;
-la répression du favoritisme dans les recrutements à titre de complément d’effectifs.
Non à la liquidation du système éducatif !
Non à la désorganisation de l’Université !
En avant pour la défense et l’approfondissement des acquis de l’insurrection populaire à l’Université !
Vive le PCRV, parti de l’action révolutionnaire !
Pain et liberté pour le peuple !
Bobo-Dioulasso, le 1er Octobre 2016
Le Comité de l’Université