15/03/2026
𝐌𝐚𝐫𝐝𝐢 𝟏𝟕 𝐦𝐚𝐫𝐬, 𝟏𝟗𝐡𝟑𝟎 𝐞𝐭 𝟐𝟏𝐡𝟑𝟎, Cinéma Aventure: double programme León Klimovsky. Deux films, deux univers, un seul homme derrière la caméra. Lien billetterie en bio.
Parce que Klimovsky, c’est un cas à part. Pendant quinze ans, il exerce comme dentiste dans une clinique de Buenos Aires. Mais le soir, il écrit des critiques de cinéma et de musique. Il fonde le premier ciné-club argentin en 1929. Il adapte Dostoïevski, Dumas, Ernesto Sabato. Et puis à 65 ans, le producteur Salvadore Romero lui propose de diriger un film de loup-garou avec Paul Naschy. Il dit oui.
Rien dans son parcours ne le prépare à ça. Et c’est exactement pour ça que ça marche. Là où les réalisateurs précédents traitaient Daninsky comme un monstre de série B, Klimovsky l’éclaire comme un personnage de film noir. Dans l’ombre. Avec une mélancolie qui colle à la peau.
Naschy lui reprochera toujours de ne jamais reprendre une scène une deuxième fois. Mais il dira aussi que c’était son réalisateur préféré. Huit films ensemble. Une admiration mêlée de frustration permanente. Les meilleurs Daninsky de la série.
Pour THE WEREWOLF VS THE VAMPIRE WOMAN (19h30), l’argent vient d’Allemagne : coproduction hispano-allemande. Condition du financement, des actrices allemandes au casting. C’est comme ça qu’arrivent Gaby Fuchs et Barbara Capell. La comtesse vampire Wandessa, elle, est jouée par Patty Shepard, Américaine expatriée en Espagne, présence froide et envoûtante, la Barbara Steele espagnole.
Pour I HATE MY BODY (21h30), Klimovsky change complètement de registre. Plus de loup-garou, plus de Daninsky. Un homme dont le cerveau est transplanté dans le corps d’une femme par un médecin n**i, et qui découvre de l’intérieur le sexisme quotidien de l’Espagne franquiste. Le film se déguise en exploitation. Mais le fond est là, et Klimovsky le sait. Dans le rôle principal, Alexandra Bastedo, actrice britannique expatriée en Espagne, que les cinéphiles connaissent pour avoir tourné avec Peter Cushing dans THE GHOUL (1975) de Freddie Francis. Face à lui, Narciso Ibáñez Menta, acteur espagnol émigré en Argentine à l’âge de 7 ans, que Klimovsky connaît depuis Buenos Aires. Une légende du cinéma argentin : c’est lui qui incarne le vengeur de LA BESTIA DEBE MORIR (1952), film noir argentin de référence. Il revient en Espagne dans les années 70 pour une série de films d’horreur, LA SAGA DE LOS DRÁCULA (1973). Deux expatriés qui se retrouvent en Espagne pour faire un film sur l’identité et la survie. Difficile de ne pas y voir autre chose qu’une coïncidence.