09/04/2026
Critique de film : KRAKEN
De : Pål Øie
Année : 2025
Genre : Fantastique
Pays : Norvège
Avant d'être une plateforme d'échange de cryptomonaies, le Kraken était une créature mythologique issue des légendes scandinaves.
Ce monstre marin tentaculaire, situé quelque part entre le Chtulhu de Lovecraft et le calmar géant de Jules Vernes, dont les premières évocations dans la littérature datent du XIIIe siècle, a connu bien des adaptations et des déclinaisons dans la pop culture, avant de revenir sur ses terres d'origine, en Norvège, dans cette petite serie B fantastique qui ne paye pas de mine, mais qui vaut toutefois le coup d'œil.
Nous suivons donc une scientifique envoyée en mission dans un fjord, pour effectuer des contrôles dans un élevage de saumons. Sur place, en plus d'être confrontée à des retrouvailles tendues avec son ex, qui n'est autre que l'ingénieur en charge de l'installation, elle va faire une stupéfiante découverte sous-marine qui va menacer la population.
Peu de suspens, même si le déroulé du film est plutôt bien rythmé, on comprend dès la scène d'intro, à base d'images d'archives d'une mysterieuse apparition d'une créature gigantesque, vers où, et comment, va evoluer la narration.
Analogue à la plupart des films de montres géants, le film s'efforce le plus possible de reculer l'apparition de sa créature, dans un soucis technique dans un premier temps, ce qui évite des CGI dégueulasses qui décrédibiliseraient toute la suite de l'histoire et aussi le suspens. Mais aussi dans une optique de faire monter la tension crescendo, les scènes d’action sont d'abord en hors champ, avant que la menace ne se précise, pour aboutir à une révélation finale du titanesque monstre tentaculaire, et de ce côté là, c'est quand même une réussite. L'intrigue se dévoile à mesure que la brume se dissipe pour laisser entrevoir les tentacules visqueuses du monstre.
Sublimée par les décors somptueux des fjords norvégiens, la photographie du film est elle aussi très belle, et rend directement hommage à ces terres sauvages soumises hélas de plus en plus, à l'activité humaine. Le propos du film est d'ailleurs en faveur de l'écologie et contre la surexploitation et la mondialisation, mais on reste néanmoins en surface, la critique n'est pas assez appuyée comme avait pu le faire l'excellent SEA FEVER, et son calmar géant bioluminescent. C'est à peu de chose près le même film que KRAKEN, mais en mieux.
Car KRAKEN malgré toutes cette bonne volonté, souffre toutefois de pas mal de lacunes, à commencer par une narration classique avec son dénouement attendu. Peu de surprises, comme je le disais précédemment, ça reste assez conventionnel dans le genre film de monstre marin.
Le métrage est surtout plombé par sa direction d'acteurs et ses dialogues laborieux, aucune émotion ne se fait ressentir malgré les enjeux et les liens qui unissent les personnages.
Dans un microcosme avec ses règles établies, où tout le monde se côtoie, on est en droit d'en attendre plus dans l'intensité des relations, pour le coup on est plus sur du "oh mince, mon mari s'est fait dévorer quel dommage, la vie continue", sans trop caricaturer.
Pour conclure avec KRAKEN, nous avons ici une énième adaptation de ce mythe, mais réalisée dans sa terre natale par un cinéaste du cru. Un gage d'authenticité, qui hélas ne masque évidemment pas les lacunes narratives et les fausses notes de casting et de direction d’acteur.
C'est quand même bien dommage car la partie fantastique est très satisfaisante, si les sous-intrigues ne sont pas assez, pas du tout même, développées, on a droit à notre lot de scènes spectaculaires et la tension est bien présente. Mention spéciale à ces petits parasites très agressifs qui rappellent fortement les facehuggers d'ALIEN, cette version imaginée du monstre Kraken quand à elle est une réussite, ça tombe bien on vient voir le film pour cette raison.
Ma note : 5/10
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