07/05/2026
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𝐂𝐢𝐧𝐞́𝐦𝐚𝐬 𝐝’𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 : 𝐥𝐞𝐬 𝐞́𝐜𝐫𝐚𝐧𝐬 𝐝’𝐮𝐧𝐞 𝐦𝐞́𝐦𝐨𝐢𝐫𝐞, 𝐥𝐞𝐬 𝐯𝐨𝐢𝐱 𝐝’𝐮𝐧 𝐜𝐨𝐧𝐭𝐢𝐧𝐞𝐧𝐭
𝐿𝑜𝑛𝑔𝑡𝑒𝑚𝑝𝑠 𝑟𝑒𝑔𝑎𝑟𝑑𝑒́ 𝑎̀ 𝑡𝑟𝑎𝑣𝑒𝑟𝑠 𝑙𝑒 𝑝𝑟𝑖𝑠𝑚𝑒 𝑑𝑒 𝑙’𝑒𝑥𝑜𝑡𝑖𝑠𝑚𝑒 𝑜𝑢 𝑑𝑒 𝑙𝑎 𝑚𝑎𝑟𝑔𝑖𝑛𝑎𝑙𝑖𝑡𝑒́, 𝑙𝑒 𝑐𝑖𝑛𝑒́𝑚𝑎 𝑎𝑓𝑟𝑖𝑐𝑎𝑖𝑛 𝑠’𝑖𝑚𝑝𝑜𝑠𝑒 𝑎𝑢𝑗𝑜𝑢𝑟𝑑’ℎ𝑢𝑖 𝑐𝑜𝑚𝑚𝑒 𝑙’𝑢𝑛 𝑑𝑒𝑠 𝑝𝑙𝑢𝑠 𝑝𝑢𝑖𝑠𝑠𝑎𝑛𝑡𝑠 𝑡𝑒𝑟𝑟𝑖𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑐𝑟𝑒́𝑎𝑡𝑖𝑜𝑛 𝑎𝑢 𝑚𝑜𝑛𝑑𝑒. 𝐷𝑒𝑠 𝑝𝑖𝑜𝑛𝑛𝑖𝑒𝑟𝑠 𝑑𝑒 𝑙’𝑖𝑛𝑑𝑒́𝑝𝑒𝑛𝑑𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑎𝑢𝑥 𝑛𝑜𝑢𝑣𝑒𝑎𝑢𝑥 𝑎𝑟𝑡𝑖𝑠𝑎𝑛𝑠 𝑑𝑢 𝑛𝑢𝑚𝑒́𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒, 𝑑𝑒𝑠 𝑠𝑎𝑙𝑙𝑒𝑠 𝑚𝑦𝑡ℎ𝑖𝑞𝑢𝑒𝑠 𝑑𝑢 𝐶𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑎𝑢𝑥 𝑠𝑡𝑢𝑑𝑖𝑜𝑠 𝑖𝑚𝑝𝑟𝑜𝑣𝑖𝑠𝑒́𝑠 𝑑𝑒 𝐿𝑎𝑔𝑜𝑠, 𝑑𝑒𝑠 𝑟𝑒́𝑐𝑖𝑡𝑠 𝑑𝑒 𝑟𝑒́𝑠𝑖𝑠𝑡𝑎𝑛𝑐𝑒 𝑎𝑢𝑥 𝑐𝑜𝑚𝑏𝑎𝑡𝑠 𝑑𝑒𝑠 𝑓𝑒𝑚𝑚𝑒𝑠 𝑐𝑖𝑛𝑒́𝑎𝑠𝑡𝑒𝑠, 𝑙𝑒𝑠 𝑐𝑖𝑛𝑒́𝑚𝑎𝑠 𝑎𝑓𝑟𝑖𝑐𝑎𝑖𝑛𝑠 𝑟𝑎𝑐𝑜𝑛𝑡𝑒𝑛𝑡 𝑢𝑛 𝑐𝑜𝑛𝑡𝑖𝑛𝑒𝑛𝑡 𝑚𝑢𝑙𝑡𝑖𝑝𝑙𝑒, 𝑣𝑖𝑏𝑟𝑎𝑛𝑡, 𝑡𝑟𝑎𝑣𝑒𝑟𝑠𝑒́ 𝑝𝑎𝑟 𝑙𝑒𝑠 𝑏𝑙𝑒𝑠𝑠𝑢𝑟𝑒𝑠 𝑑𝑒 𝑙’ℎ𝑖𝑠𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒 𝑚𝑎𝑖𝑠 𝑝𝑜𝑟𝑡𝑒́ 𝑝𝑎𝑟 𝑢𝑛𝑒 𝑖𝑟𝑟𝑒́𝑝𝑟𝑒𝑠𝑠𝑖𝑏𝑙𝑒 𝑠𝑜𝑖𝑓 𝑑𝑒 𝑟𝑎𝑐𝑜𝑛𝑡𝑒𝑟 𝑠𝑒𝑠 𝑝𝑟𝑜𝑝𝑟𝑒𝑠 𝑣𝑒́𝑟𝑖𝑡𝑒́𝑠.
𝐋’𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐟𝐢𝐥𝐦𝐞 𝐞𝐧𝐟𝐢𝐧 𝐬𝐨𝐧 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐫𝐞 𝐫𝐞𝐠𝐚𝐫𝐝
Il n’existe pas un cinéma africain. Il existe des cinémas africains. Des cinémas pluriels, traversés par des langues, des cultures, des mémoires et des réalités sociales qui font du continent l’un des espaces narratifs les plus riches de la planète.
Longtemps confisquée par les regards coloniaux, l’image de l’Afrique a progressivement été reconquise par ses propres créateurs. Dès les années des indépendances, une génération de cinéastes visionnaires comprend que la caméra peut devenir une arme de dignité, un outil de mémoire et un espace de résistance culturelle. Le Sénégalais Ousmane Sembène ouvre la voie avec un cinéma engagé, profondément enraciné dans les réalités africaines et porté par les langues nationales. À ses côtés, Paulin Soumanou Vieyra pose les bases d’une pensée panafricaine du septième art, tandis que Djibril Diop Mambety bouleverse les codes narratifs avec une esthétique libre et audacieuse.
Très vite, Ouagadougou devient la capitale symbolique de ce réveil culturel grâce au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou, devenu au fil des décennies le cœur battant du cinéma africain. Plus qu’un festival, le FESPACO est une déclaration politique : l’Afrique entend désormais raconter elle-même son histoire.
𝐄𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐡𝐞́𝐫𝐢𝐭𝐚𝐠𝐞, 𝐟𝐫𝐚𝐜𝐭𝐮𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐫𝐞𝐧𝐚𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐧𝐮𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞
Le parcours du cinéma africain reste pourtant celui d’un combat permanent. Combat pour le financement, pour les salles, pour la distribution, pour la reconnaissance internationale. Pendant des décennies, de nombreux réalisateurs ont dû créer depuis l’exil, entre Paris, Bruxelles ou Montréal, faute d’infrastructures solides sur le continent.
Mais l’Afrique du cinéma n’a jamais cessé de se réinventer.
Au Nigeria, l’explosion de Nollywood change radicalement la géographie mondiale de la production audiovisuelle. Films tournés rapidement, diffusion massive en DVD puis sur internet, récits populaires proches des réalités quotidiennes : le Nigeria devient une véritable puissance culturelle mondiale. Pendant ce temps, les plateformes numériques, les réseaux sociaux et la vidéo légère ouvrent une nouvelle ère où un simple smartphone peut devenir un outil de création cinématographique.
Cette révolution technologique démocratise l’accès au cinéma et permet à une nouvelle génération de raconter les villes africaines contemporaines, les migrations, les violences politiques, les rêves de jeunesse, l’identité diasporique ou encore les fractures sociales du continent.
Des réalisateurs comme Mahamat-Saleh Haroun, Abderrahmane Sissako ou Souleymane Cissé imposent un langage cinématographique profondément africain tout en conquérant les plus grands festivals internationaux.
𝐋𝐞𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐜𝐢𝐧𝐞́𝐚𝐬𝐭𝐞𝐬 : 𝐥𝐞𝐬 𝐯𝐨𝐢𝐱 𝐪𝐮𝐢 𝐛𝐫𝐢𝐬𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐬𝐢𝐥𝐞𝐧𝐜𝐞
L’une des plus grandes révolutions du cinéma africain vient aussi des femmes.
Pendant longtemps invisibilisées, elles ont pourtant été parmi les premières à défier les conventions sociales et artistiques. En Égypte, des pionnières comme Aziza Amir ou Fatma Rochdi refusent très tôt de laisser la mise en scène exclusivement aux hommes.
Puis viennent les grandes figures du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne : Safi Faye, Assia Djebar, Leïla Kilani, Apolline Traoré ou encore Tsitsi Dangarembga.
Leurs films parlent d’excision, de violences sexuelles, de mariages forcés, de racisme, de diaspora, de sécheresse, de guerre et de survie. Elles ne filment pas seulement des histoires : elles documentent des réalités souvent étouffées par le silence social et politique.
À travers leurs œuvres, le cinéma africain cesse d’être uniquement un espace de représentation masculine pour devenir un lieu de confrontation, de mémoire et d’émancipation.
𝐂𝐚𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐚𝐩𝐩𝐥𝐚𝐮𝐝𝐢𝐭, 𝐦𝐚𝐢𝐬 𝐥’𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐚𝐭𝐭𝐞𝐧𝐝 𝐞𝐧𝐜𝐨𝐫𝐞 𝐬𝐚 𝐩𝐥𝐞𝐢𝐧𝐞 𝐫𝐞𝐜𝐨𝐧𝐧𝐚𝐢𝐬𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞
Depuis plusieurs décennies, les films africains brillent dans les grands rendez-vous internationaux. De Yeelen à Timbuktu, de Touki Bouki à Un homme qui crie, les œuvres africaines séduisent les critiques et remportent des distinctions majeures.
Pourtant, une contradiction demeure : l’Afrique fascine les festivals mondiaux sans toujours bénéficier d’un véritable équilibre économique et médiatique. Les récompenses existent, mais les réseaux de diffusion restent fragiles. Les talents abondent, mais les industries nationales peinent encore à rivaliser avec les grandes puissances audiovisuelles.
Et malgré cela, le continent continue de créer.
Parce qu’au fond, le cinéma africain ne s’est jamais résumé à une industrie. Il est d’abord une nécessité. Une manière de préserver les mémoires, de résister à l’effacement, de transmettre les langues, les traditions, les douleurs et les espérances d’un continent jeune qui refuse d’être raconté par d’autres.
𝐋𝐞 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝 𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐭 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧 𝐧𝐞 𝐟𝐚𝐢𝐭 𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐜𝐞𝐫
Aujourd’hui, l’Afrique cinématographique entre dans une nouvelle phase de son histoire. Une génération numérique, mobile et mondialisée prend la relève. Les plateformes VOD ouvrent de nouveaux marchés. Les festivals africains gagnent en influence. Les écoles de cinéma émergent. Les diasporas créatives bâtissent des ponts entre continents.
Le futur des cinémas africains se dessine désormais entre tradition et modernité, entre enracinement local et ambition mondiale.
Et peut-être est-ce là la plus grande victoire de ces cinéastes : avoir transformé le cinéma africain d’un simple objet de curiosité en un espace majeur de pensée, de création et de puissance culturelle.
Car derrière chaque image venue d’Afrique, il y a plus qu’un film : il y a un continent qui reprend la parole.
𝐃𝐚𝐭𝐞𝐬-𝐜𝐥𝐞𝐟𝐬
1952 : Le Fils du Nil, long-métrage de Youssef Chahine en sélection au Festival de Cannes
1955 : Afrique-sur-Seine court-métrage de Paulin Soumanou Vieyra
1955 : Song of Khartoum, court-métrage de Gadalla Gubara (Soudan), premier film africain en couleurs
1958 : Gare Centrale, long-métrage de Youssef Chahine
1963 : Borom Sarret, court-métrage d'Ousmane Sembène
1966 : La Noire de…, d'Ousmane Sembène, premier long-métrage d'Afrique subsaharienne
1966 : première édition des Journées cinématographiques de Carthage à Tunis
1969 : première édition du FESPACO à Ouagadougou (Haute Volta, actuel Burkina Faso)
1973 : Touki Bouki de Djibril Diop Mambety
1975 : Chronique des années de braise de Mohammed Lakhdar-Hamina, Palme d'or Festival de Cannes
1983 : Les Dieux sont tombés sur la tête du sud-africain Jamie Uys fait 5 950 000 entrées en France, le film totalisera 30,031,783 de dollars de recettes aux États-Unis en 1986
1987 : Yeelen (La Lumière) de Souleymane Cissé, Prix du jury au Festival de Cannes
1988 : Bal Poussière avec Bamba Bakary, Naky Sy Savané ((long métrage, primé au Festival du film de Fort-de-France en 1988 et au Festival du Film d'humour de Chamrousse en 1989)
2005 : Wah-Wah de Richard E. Grant, premier film tourné au Swaziland actuel Eswatini (enclavé en Afrique du Sud)
2006 : record d'entrées pour deux films venant d'Afrique noire en France : 323 049 entrées pour Mon nom est Tsotsi de Gavin Hood (également le premier film africain à obtenir l'Oscar du meilleur film en langue étrangère) et 195 444 entrées pour Bamako d'Abderrahmane Sissako
2010 : Prix du Jury au Festival de Cannes pour Un homme qui crie, du réalisateur tchadien Mahamat Saleh Haroun
2015 : Timbuktu d'Abderrahmane Sissako, César du meilleur film
Souleymane Cissé (Mali).
Moussa Sène Absa (Sénégal).
𝐋𝐞𝐬 𝐟𝐞𝐦𝐦𝐞𝐬 𝐚𝐟𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐞𝐬 𝐜𝐢𝐧𝐞́𝐚𝐬𝐭𝐞𝐬
Kalthoum Bornaz.
Apolline Traoré réalisatrice et productrice burkinabè.
Leïla Kilani.
Tsitsi Dangarembga.
Parmi les cinéastes africains, il existe peu de femmes. Les toutes premières sont sans doute en Égypte, un pays qui a connu le cinématographe dès les Frères Lumière et qui a été pendant plusieurs décennies un grand producteur de films au monde. Dès l'entre-deux-guerres, des actrices égyptiennes se lancent dans la réalisation de films. Aziza Amir, Fatma Rochdi, Assia Dagher, etc., sont parmi les premières à ne pas laisser la direction du tournage aux hommes. Un documentaire de Marianne Khoury, Ashikat Al-Cinema (Les Passionnées du Cinéma), leur rend hommage en 2002. En Tunisie, au Maroc, en Algérie, les pionnières apparaissent après la Seconde Guerre mondiale, et plus encore, après l'indépendance, comme Kalthoum Bornaz, Farida Bourquia, Farida Benlyazid et Assia Djebar. En 2013, le film Yema de la réalisatrice algérienne Djamila Sahraoui est présenté au festival de Venise et remporte l'étalon d'Argent de Yennenga au Fespaco. Une nouvelle génération suit avec, par exemple, Leïla Kilani, Dalila Ennadre, etc., et plus récemment encore, Houda Benyamina, née en France, caméra d'or au festival de Cannes 2016.
Dans l'Afrique subsaharienne, les pionnières, Thérèse Sita-Bella, ou encore Safi Faye se sont illustrées dans les années 1960 et au début des années 1970. Le documentaire, Lettre paysanne réalisé par Safi Faye en 1972 est considéré comme le premier long-métrage réalisé. Dans les années 1980 et 1990, de nombreuses cinéastes se sont fait connaitre et en 1997, le festival panafricain du cinéma de Ouagadougou (Fespaco) présentait 4 longs métrages réalisés par des femmes sur les 19 films de la compétition officielle.
Ces réalisatrices savent également se montrer critiques sur la situation socio-politique en Afrique, et décrire, par des documentaires ou des fictions, dans les années 1990 et 2000, la condition des femmes, ou encore, la vie de la diaspora dans leurs pays d'accueil. En 1994, la tchadienne Zara Mahamat Yacoub s'engage pour l'amélioration des droits de la personne, en particulier l'égalité des femmes au Tchad. Son court-métrage Dilemme au féminin qui critique les mutilations génitales féminines, a ainsi provoqué une fatwa en son encontre. En 1994 toujours, le documentaire Femmes aux yeux ouverts de la Togolaise Anne-Laure Folly se focalise sur ces sujets sensibles que sont les mariages forcés, l'excision, le sida, etc., à travers les yeux des femmes de l'Afrique de l'Ouest. L'année précédente, elle s'était attachée à décrire les Femmes du Niger entre intégrisme et démocratie. La Burkinabè Fanta Régina Nacro réalise en 1995, en langue moré et wolof sous-titré en français, une fiction au titre proche, Ouvre les yeux, ou Puk Nini, abordant de façon originale le thème de la polygamie. Un autre de ses films, son long-métrage La Nuit de la vérité est consacré aux guerres ethniques. Les Oubliées, d’Anne-Laure Folly, de nouveau, évoque en 1997 le sort des femmes dans les guerres civiles, en Angola. La cinéaste afrikaner Katinka Heyns s'intéresse à la fois au régime d'apartheid, et à la condition féminine en Afrique du Sud. En 2000, la Burkinabè Apolline Traoré met en scène dans The Price of Ignorance (Le Prix de l’ignorance), la victime d’un viol à Boston, aux États-Unis, et en 2003, dans Kounandi (La Personne qui porte chance), une naine rejetée de tous. Dans Kare Kare Zwako (La Fête des mères), en 2004, la zimbabwéenne Tsitsi Dangarembga décortique, autour d’un plat de termites, les conséquences de la sécheresse et les profiteurs de cette situation. Valérie Kaboré, en 2005, réalise la série Ina, consacrée, en quinze épisodes, à l'éducation des jeunes filles. La Nigérienne Rahmatou Keïta raconte en 2010, dans Al’lèèssi, le parcours de Zalika Souley, l’une des premières actrices professionnelles du continent, vivant désormais dans un grand dénuement à Niamey. Plus récemment, la Zambienne Jessie Chisi collabore avec Cassie Kabwita pour réaliser Sound of Silence, un film sur la violence sexuelle et domestique. La Franco-Ivoirienne Isabelle Boni-Claverie décrit dans Trop Noire pour être Française ? Comment le passé colonial conditionne encore le regard des Français sur les Noirs, et la Marocaine Meryem Benm'Barek pointe les difficultés suite à des relations sexuelles hors mariage au Maghreb. La cinéaste helvético-rwandaise Kantarama Gahigiri s'intéresse, dans son film Tapis rouge aux rêves de jeunes d'origines africaines vivant dans les banlieues de cités européennes,
Afin de promouvoir le travail des femmes réalisatrices, le Burkina-Faso organise tous les deux ans, en alternance avec le Fespaco, les journées cinématographiques de la femme africaine de l’image (JCFA). Parmi les réalisatrices africaines qui se sont fait connaitre lors de ces festivals: Françoise Ellong (Cameroun), Leyla Bouzid (Égypte), ou encore Apolline Traoré (Burkina Faso).
Le Centre pour l'étude et la recherche des femmes africaines dans le cinéma, dirigé par Beti Ellerson, docteure en études africaines (Howard University, USA), tient à jour un index des réalisatrices africaines par pays.
En 2011, le Premier Prix du Documentaire du FESPACO va au long métrage Monica Wangu Wamwere - The Unbroken Spirit (en) de Jane Murago-Munene (Kenya). En 2013, la Tunisienne Nadia El Fani reçoit ce prix pour Même pas mal. En 2019, Aïcha Boro le reçoit pour Le Loup d'or de Balolé, sur les travailleurs d'une gigantesque gravière au centre de Ouagadougou.
En 2020, la réalisatrice afro-allemande Ines Johnson-Spain obtient le prix du Africa Movie Academy Award dans la catégorie meilleur film documentaire de diaspora pour son long-métrage autobiographique Becoming Black. Elle explore les questions d’identité, d’affiliation et de normes sociales et dresse un portrait critique de la société est-allemande des années 60 dans laquelle elle a grandi, témoin du déni de son entourage quant à sa couleur de peau et du racisme structurel.
𝐅𝐞𝐬𝐭𝐢𝐯𝐚𝐥𝐬
Liste de festivals de cinéma en Afrique.
Le Festival Khouribga de Cinéma Africain (Maroc) existe depuis 1977.
Liste de festivals de cinéma en Afrique, Festivals de cinéma africain
Les Journées cinématographiques de Carthage en Tunisie existent depuis 1966.
Le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) est le plus grand festival africain de cinéma. Créé en 1969, il se déroule désormais tous les deux ans dans la capitale du Burkina Faso.
Le Festival du cinéma africain de Milan (Italie), créé en 1991, devenu en 2004, le Festival du cinéma africain, d’Asie et d’Amérique latine (Milan) en ouvrant sa programmation aux films provenant du continent asiatique et de l'Amérique latine.
Écrans noirs, fondé par le réalisateur camerounais Bassek Ba Kobhio, se tient à Yaoundé, au Cameroun, depuis 1996.
Les Rencontres Cinématographiques de Hergla en Tunisie.
Clap-Ivoire (Côte d'Ivoire).
FESNACI (Côte d'Ivoire).
Panafrica International (Montréal, Canada).
Ciné Sud, festival de courts métrages de réalisation africaine, à Saint-Georges-de-Didonne, Charente-Maritime (France)
AFRIKAMERA (Berlin, Allemagne) : le festival des films contemporains d´Afrique.
Festival international du film de Marrakech, depuis 2001.
YARHA Festival, Semaine Internationale du 1er film, fondé la Promotrice Culturelle/artistique, productrice, Sylvie Nwet, depuis 2014 à Yaoundé (Cameroun).
Cinewax Festival de Cinéma africain en ligne depuis 2015.
Festival International de Cinéma de Kinshasa (FICKIN), depuis 2014.
Festival Africlap, Festival des cinémas d'Afrique de Toulouse, depuis 2014.
Festival ouest-africain des arts et de la culture (ECOFEST, depuis 2025).
𝐃𝐢𝐬𝐭𝐢𝐧𝐜𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬
Liste de récompenses de cinéma
Africa Movie Academy Awards
Africa Movie Academy Award du meilleur film
Ghana Movie Awards
South African Film and Television Awards
List of South African Film and Television Award categories
Marrakech International Film Festival Awards
Nollywood and African Film Critics Awards
Zulu African Film Academy Awards (en)
Golden Movie Awards (Ghana)
Tanit d'or
Africa International Film Festival
Étalon de Yennenga (Burkina Faso, Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou)
𝐂𝐢𝐧𝐞́𝐦𝐚 𝐧𝐮𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐚𝐦𝐛𝐮𝐥𝐚𝐧𝐭
Le siège du cinéma numérique ambulant est situé à Ouagadougou, au Burkina Faso, son conseil d'administration est composé d'un représentant de chaque pays et de quatre personnalités extérieures. Une quinzaine d'unités de projection cinéma numérique fonctionnent dans neuf pays : au Bénin, au Niger, au Mali, au Burkina Faso, au Cameroun, au Sénégal, au Togo et en Tunisie.
Depuis 2003, le cinéma numérique ambulant a réalisé plus de 5 000 projections pour des millions de spectateurs. De nouvelles unités de projection sont en cours de création.
𝐂𝐢𝐧𝐞́𝐦𝐚 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞́ 𝐬𝐮𝐫 𝐥'𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞
Le cinéma africain et ses thèmes sont aussi repris par des cinéastes d'autres provenances.
𝐀𝐟𝐫𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐒𝐮𝐝 : The Killing of the Imam, par Khalid Shamis, film sur un événement sous l’apartheid.
République démocratique du Congo : Kafka au Congo, par Arnaud Zajtman et Marlène Rabaud, film tragicomique dans les coulisses de la justice et de la politique congolaises.
Guinée-Bissau : Los dioses de verdad tienen huesos par David Alfaro en 2010.
Ouganda : Kengere, un film de Tukei Peter, racontant la vie quotidienne et certains moments graves de l'histoire de l'Ouganda.
✍𝐏𝐚𝐫 𝐎𝐮𝐬𝐦𝐚𝐧𝐞 𝐀𝐛𝐲 𝐂𝐎𝐋𝐘 / À 𝐥𝐚 𝐜𝐫𝐨𝐢𝐬é𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐚𝐢𝐭𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥'𝐚𝐧𝐚𝐥𝐲𝐬𝐞