29/07/2026
🕷️SPIDER-MAN: BRAND NEW DAY 🕸️
La critique SANS SPOILERS d’Anth Au Ciné
🤐👇
Cinq ans après la conclusion de No Way Home, Spider-Man: Brand New Day ouvre un nouveau chapitre dans la vie du Peter Parker incarné par Tom Holland. Un chapitre plus adulte, plus mélancolique et surtout plus mature que tout ce que cette version du personnage nous avait proposé jusqu’à présent.
Le changement de réalisateur se fait immédiatement sentir, et dans le bon sens du terme. Destin Daniel Cretton, déjà derrière Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux, succède à Jon Watts et apporte une mise en scène beaucoup plus affirmée. Là où les précédents films se reposaient parfois davantage sur leur scénario, leurs personnages secondaires ou les connexions avec le MCU, Brand New Day cherche réellement à raconter quelque chose avec ses cadres, ses mouvements de caméra, ses éclairages et ses arrière-plans.
J’y ai même vu, à plusieurs reprises, des clins d’œil visuels aux films de Sam Raimi, notamment dans la manière de filmer Spider-Man lorsqu’il s’élance dans les airs. Les mouvements du personnage sont davantage mis en valeur, les plans sont plus amples et permettent de mieux ressentir sa vitesse, sa puissance et la hauteur des environnements qu’il traverse. On retrouve un véritable aspect « comic book », avec une image plus colorée, une colorimétrie mieux travaillée et un costume dont le rouge vif, parfois plus sombre selon les éclairages, rappelle par moments celui porté par Tobey Maguire.
Le film a notamment été proposé dans un format ScreenX étendu, et cela se ressent dans certaines compositions particulièrement larges. Plusieurs séquences donnent l’impression d’avoir été pensées pour laisser respirer le décor autour de Spider-Man. Les axes de caméra, les champs-contrechamps et la façon dont les regards nous orientent vers certains éléments permettent de savoir instinctivement où regarder. Destin Daniel Cretton maîtrise beaucoup mieux cet aspect que Jon Watts à mes yeux : il sait attirer notre attention sur un arrière-plan, un détail ou une réaction sans avoir besoin de nous les imposer lourdement.
Les fonds verts restent parfois visibles, mais l’ensemble demeure nettement plus convaincant que ce que j’avais pu craindre. J’ai d’ailleurs découvert la bande-annonce d’Avengers: Doomsday juste avant ma séance et, pour le moment, certains rendus visuels ne m’ont pas vraiment rassuré. Il faudra évidemment attendre le film complet en décembre avant de tirer des conclusions, mais cette première impression reste mitigée de mon côté.
Heureusement, Brand New Day m’a au contraire rassuré sur la direction prise par Spider-Man au sein du MCU.
Le film reprend directement les conséquences de No Way Home. Tous les proches de Peter ont oublié son existence et celui-ci doit désormais affronter une vie entièrement nouvelle, marquée par la solitude, la nostalgie et les sacrifices qu’il a accepté de faire pour protéger ceux qu’il aime. Le monde ne connaît plus Peter Parker, mais Spider-Man, lui, semble avoir retrouvé une place encore plus importante auprès des habitants de New York.
C’est l’un des éléments que j’ai le plus appréciés. Spider-Man ne se contente plus d’affronter un grand adversaire au cours d’une seule crise spectaculaire. On le voit réellement vivre son quotidien de super-héros, multiplier les interventions, combattre différentes menaces et venir en aide à la population. Il est beaucoup mieux réinstallé en tant que héros de proximité, avec toutes les responsabilités que cela implique.
Peter Parker est seul, triste et encore profondément attaché à sa vie passée. Mais Spider-Man continue d’avancer.
Cette opposition constitue le véritable cœur du film. On suit un homme partagé entre ses blessures personnelles, son désir de retrouver ceux qu’il aime et son devoir d’aider les autres. Les thèmes de la solitude, de l’altruisme, du choix et du sacrifice sont clairement installés, sans empêcher le film de conserver un rythme soutenu et une importante dimension spectaculaire.
La mutation des pouvoirs de Peter, déjà révélée dans les bandes-annonces, fonctionne également pour moi comme une seconde lecture de cette évolution. Ses capacités changent, sa puissance augmente et son corps semble lui-même accompagner son passage à l’âge adulte. Spider-Man est devenu un homme, un vrai homme, ce que le film assume jusque dans une plaisanterie au cours de laquelle Peter rappelle qu’il n’a plus treize ou quinze ans.
C’est un changement qui me fait particulièrement plaisir, car j’avais justement reproché à Homecoming et Far From Home de maintenir Peter dans une attitude parfois trop enfantine. Tom Holland a grandi, son personnage aussi, et Brand New Day ne cherche plus à faire semblant du contraire. Le film franchit enfin ce cap que j’attendais depuis plusieurs années.
Cette maturité se retrouve également dans les combats. Les chorégraphies sont travaillées, lisibles et suffisamment longues pour donner une véritable ampleur aux affrontements. Peter est plus puissant, mais il n’est pas invincible. Il peut être blessé, saigner, s’épuiser et se retrouver physiquement affaibli. Cette vulnérabilité ne sert cependant pas uniquement de ressort comique.
C’est d’ailleurs une différence que j’ai beaucoup appréciée par rapport au Superman de James Gunn, que j’ai récemment tenté de revoir sur myCANAL sans changer d’avis à son sujet. J’avais trouvé que l’affaiblissement constant de Superman y était traité de manière beaucoup trop légère et tournée vers le second degré. Dans Brand New Day, la souffrance de Peter est utilisée avec davantage de sérieux et de crédibilité. On ressent ses limites sans que le film ne cherche systématiquement à désamorcer la situation par une plaisanterie.
L’humour propre aux productions Marvel n’a pourtant pas disparu. Quelques punchlines fonctionnent bien et plusieurs petites blagues permettent de conserver la personnalité habituelle de Peter. J’en suis plutôt client, mais elles sont ici moins envahissantes. Elles ne viennent pas annuler les émotions ou les conséquences des scènes plus graves, ce qui correspond parfaitement au ton plus adulte recherché par le film.
Tom Holland s’en sort très bien dans ce registre. Il parvient à exprimer la tristesse, la retenue et la maturité d’un Peter qui continue d’avancer malgré ce qu’il a perdu. Zendaya et Jacob Batalon sont également convaincants. Même si leurs personnages ont oublié Peter, ils suivent eux aussi leur propre évolution et leur interprétation permet aux moments d’émotion de fonctionner sans forcer artificiellement la nostalgie.
Une nouvelle actrice, connue pour son rôle dans une série Netflix à succès, rejoint également le MCU dans la peau d’un personnage central que je préfère ne pas dévoiler. Le développement de cette menace reprend certains codes et certaines histoires déjà rencontrés dans les comics, mais le film cherche à leur apporter davantage de profondeur et de détails. J’y ai parfois retrouvé une approche proche de celle de Black Widow, avec une intrigue plus sérieuse, plus développée et moins enfantine qu’elle aurait pu l’être.
Le lien avec une autre partie récente du MCU est par ailleurs construit avec tact. Le film parvient à établir un pont avec une œuvre précédente sans donner l’impression d’interrompre l’histoire de Peter uniquement pour préparer le prochain grand événement Marvel. Je n’en dirai pas davantage, mais cette intégration m’a semblé naturelle et bien pensée.
Bruce Banner possède lui aussi une petite place dans l’intrigue, comme les bandes-annonces l’avaient déjà annoncé. Retrouver Mark Ruffalo me fait toujours plaisir. J’ai néanmoins encore le sentiment que le MCU n’exploite pas complètement son potentiel d’acteur. Même à travers les expressions de son personnage en images de synthèse, je ne retrouve pas toute la richesse et l’intensité qu’il peut montrer dans d’autres films. Son apparition reste agréable, mais j’aimerais un jour voir Marvel lui offrir une matière dramatique à la hauteur de ses capacités.
En deux heures et vingt-cinq minutes, Brand New Day propose beaucoup d’action, du spectacle, de l’émotion et des thèmes étonnamment adultes pour une production Marvel estivale. Le rythme est suffisamment maîtrisé pour que la durée ne devienne pas véritablement pesante. Certaines scènes et certains affrontements sont même assez intenses pour me faire penser qu’une interdiction aux moins de douze ans aurait pu être pertinente. De très jeunes enfants étaient présents lors de ma séance, alors que ce nouvel opus ne leur est peut-être plus totalement destiné. Ce n’est absolument pas un défaut : c’est même, à mes yeux, l’une des conséquences positives de la maturité enfin assumée du personnage.
Le film multiplie également les références aux différentes époques de Spider-Man. Il joue avec la nostalgie sans chercher à reproduire l’effet événement de No Way Home. À la fin de ce dernier, après le retour de Tobey Maguire et d’Andrew Garfield, je me demandais comment Marvel allait pouvoir continuer. La conclusion avait presque des allures de reboot. Brand New Day démontre qu’il ne s’agit pas d’effacer ce qui a précédé, mais de s’en servir pour faire évoluer Peter vers une nouvelle étape de sa vie.
Il n’y a pas de scène entre le premier générique et le générique déroulant. Une scène post-générique est toutefois présente, mais elle ne nous en apprend malheureusement pas davantage sur Avengers: Doomsday. Après une bande-annonce qui ne m’a pas entièrement convaincu visuellement, j’aurais apprécié un élément plus alléchant pour faire monter l’impatience. Cette absence de véritable teasing ne contribue donc pas à me rassurer à quelques mois de la sortie du prochain Avengers.
J’espère sincèrement que Brand New Day rencontrera son public. Avec peu de concurrence directe au cœur du mois d’août, un tel spectacle semble avoir toutes les armes pour fonctionner grâce au bouche-à-oreille. C’est un film que l’on peut découvrir en famille, entre amis ou même seul, comme je l’ai fait. Et lorsqu’il fait près de quarante degrés dehors, passer deux heures et demie dans une salle climatisée devant un blockbuster aussi généreux ne se refuse pas !
J’ai encore beaucoup critiqué le DC Universe de James Gunn, mais je tiens tout de même à rappeler que j’avais apprécié Supergirl et que je fais partie de ceux qui sont tristes de voir le film rencontrer des difficultés au box-office mondial. Mon avis ne repose donc pas sur une opposition automatique entre Marvel et DC. Je juge simplement chaque film selon ce qu’il me procure, et Brand New Day réussit précisément là où certaines productions récentes m’ont déçu.
Le film n’est pas parfait et ne possède évidemment pas l’ambition cinématographique d’une œuvre comme L’Odyssée. Mais pour une production Marvel, il est très convaincant. Il donne le sentiment que le studio est enfin reparti dans la bonne direction en comprenant que ses personnages doivent évoluer avec leurs acteurs et avec leur public.
Petite apparté, les méchants ont de l’allure, bien que spoilés dans les bandes-annonces ils sont efficaces même si je regrette leur temps d’écran, mais c’est pardonné, la deuxième partie du film explique bien pourquoi.
La bande originale par contre, c’est loupé selon moi, pas marquante du tout avec aucune note qui s’en détache, pourtant certaines scènes de vol du super-héro aurait méritées une partition digne de ce nom… Vraiment dommage sur ce point.
Néanmoins, Tom Holland peut être fier de ce quatrième volet et de sa prestation. Peter Parker a grandi, Spider-Man a retrouvé son rôle de héros du quotidien et la saga entre dans une période plus adulte sans renier son humour, son action ou son héritage.
Je pense que ce film va bien tisser son box office sur les toiles du monde, il va plaire et est beaucoup plus réussi que No Way Home qui avait déjà cartonné !
Je vous le recommande.
⭐ ⭐️⭐️ Note : 3,1/5