30/10/2025
Un article sur Les Intrus, publié à l’occasion de la présentation du film ce samedi au festival :
Bourganeuf. Reza Serkanian entre deux mondes
Né en Iran et formé entre Téhéran et Amsterdam, Réza Serkanian s’est imposé comme une figure singulière du cinéma d’auteur contemporain. Marqué par les bouleversements politiques et culturels de son pays natal, il explore à travers son œuvre les thèmes du déracinement, de la mémoire et des tensions sociales, mêlant sans cesse documentaire et fiction.
Installé en France depuis 1998, il multiplie les casquettes - réalisateur, chef opérateur, monteur - et signe un cinéma à la fois intime et ouvert sur le monde. Son premier long métrage « Noces éphémères » (2011), tourné clandestinement en Iran et présenté à Cannes, révèle son regard audacieux sur les contraintes sociales et religieuses.
Avec le documentaire « Passeurs » (2020), Réza Serkanian s’intéresse aux trajectoires des migrants et à ceux qui les accompagnent. Il revient aujourd’hui à la fiction avec « Les Intrus », une histoire qui prolonge la réflexion sur l’accueil et la peur de l’autre, mêlant réalisme et allégorie dans une mise en scène d’une rare justesse.
Qu’est-ce qui vous a convaincu de venir au festival Ciné des Villes - Ciné des Champs ?
« Je ne connaissais pas, je l’avoue, c’est mon ami Jacques Bonnaffé, qui joue dans le film qui m’en a parlé. J’ai eu de bonnes expériences de festivals locaux et me suis laissé convaincre. Je sais qu’il s’y passe des choses beaucoup plus profondes que dans les grands festivals qui font beaucoup de bruit. Pour moi, ce qui compte, c’est la rencontre avec le public. »
Le thème du festival, c’est la tendresse, quel est le lien avec « Les Intrus » ?
« Il y a une tendresse sous-jacente dans le film qui parle d’une situation de vie difficile pour des jeunes mineurs étrangers un peu perdus sans leurs parents, et qui trouvent refuge dans la ferme d’une dame bienveillante. Ils se retrouvent impliqués dans l’histoire d’une famille déchirée et la situation s’aggrave lorsque la dame disparaît mystérieusement. Ça peut paraître très dur comme situation, mais le tendre espoir est là, surtout à la fin du film qui se termine par un vrai moment de grâce. »
Quel est le fond de l’histoire ?
« « Les Intrus » pose la question de l’altérité et raconte l’autre à travers le monde. Le film observe, avec humour et ironie, le comportement des personnages réunis dans des circonstances particulières et inattendues, malgré eux, avec des préjugés et les stéréotypes bien ancrés dans les esprits. Il raconte finalement les traditions et l’état d’esprit des habitants des campagnes, tout en parlant du monde. J’ai eu la chance de connaître ces deux situations, et je veux que le monde ouvre les yeux, regarde autour de lui. Je souhaite que ce film provoque des questionnements. »
Est-ce sa première diffusion en avant-première ?
« Le film a beaucoup tourné dans les festivals, deux fois aux États-Unis, au Canada et a obtenu le Prix du meilleur long métrage en Allemagne et aux Pays Bas. Il a été présenté à un festival à Paris et commence à faire des avant-premières un peu partout avant sa sortie en salles prévue en 2028. »
Pratique :
Le film « Les Intrus », avec Dominique Blanc, Jacques Bonnaffé, David d’Ingéo et Christelle Comil, sera présenté par le réalisateur et projeté, samedi 1 er novembre, à 15 h 30, au cinéma Claude Miller à Bourganeuf.
Né en Iran et formé entre Téhéran et Amsterdam, Reza Serkanian s’est imposé comme une figure singulière du cinéma d’auteur contemporain. Marqué par les bouleversements politiques et culturels de son pays natal, il explore à travers son œuvre les thèmes du déracinement, de la mémoire...