22/01/2025
LE CENTRE INTERNATIONAL DE SEINE SAINT DENIS POUR LES ŒUVRES CHORÉGRAPHIQUES
J'ai hérité, en prenant la direction du concours de Bagnolet, d'une riche histoire tournée vers la reconnaissance des compagnies françaises de danse contemporaine de leurs interprètes et de leurs chorégraphes.
Comme il n'y avait pas de direction de la danse pour décider qui recevrait des subventions, ce concours arrangeait bien l'État qui donnerait ainsi des subventions aux compagnies vues dans ce cadre et qui etaient les plus intéressantes.
C'est sur la proposition de mon projet que le choix pour diriger le nouveau concours s'est porté sur moi.
Mon projet est parti de ce constat: j'évaluais le poids qu'avaient les compagnies de danse contemporaine dans chaque pays et je me suis rendue compte que, comme en France, elles ne pesaient pas lourd: c'était une petite communauté.
Alors j'ai fait là un calcul semblable à celui que j'avais fait pour la Biennale de la danse du Val de Marne à savoir, qu'à travers la perception que j'avais de la possible existance d'une communauté internationale de la danse et d'une économie internationale également car, et c'est là que mon raisonnement est semblable à celui de la Biennale, dans chaque pays, des villes avaient leurs théâtres, leurs élus à la culture et des subventions, leurs publiques et qu'il fallait unir toutes ces villes et toutes ces belles initiatives nationales méconnues pour donner à la danse contemporaine sa visibilité et son poids dans chaque pays. Autrement dit, être international pour peser de tout son poids sur le plan national.
Je ne voulais pas reproduire la même erreur que j'avais faite en concevant la Biennale du val de marne, je voulais que la conception de ce concours soit donc internationale.
Il a gardé l'aspect concours à la Maison de la culture de Seine Saint Denis pendant les deux premières éditions.
Puis, les 20 compagnies qui étaient invitées à présenter leur œuvre étaient lauréates et remportaient un Prix.
Ce Prix était ainsi conçu que la moitié du montant était pour la compagnie et l'autre moitié était pour aider les compagnies à être reçu par les théâtres internationaux que le Centre aidait selon l'importance du lieu jusqu'à 50% du coût du déplacement et des représentations de la compagnie. Ainsi les théâtres cherchaient eux mêmes d'autres partenaires locaux qu'ils trouvaient et les compagnies étaient ainsi vues par plus de monde dans chaque pays, de même que dans plus de pays.
Le bénéfice était évident. Les directeurs de structures et d'initiatives qui n'avaient pas encore dans leur budget un chapitre voyages en ont fait apparaître un et ils se sont mis à voyager sur ce que l'on avait appelé les Plateformes de la danse... Avec ces enchaînements de partenaires les compagnies voyaient le montant de leur Prix augmenter également.
Ces Plateformes étaient un moment national imposant ou se présentaient les compagnies qui souhaitaient participer aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine Saint Denis ainsi que toutes les autres compagnies du pays. C'était clairement une aide à la diffusion qui, aidant les théâtres, bénéficiait aux compagnies participantes mais a toutes les autres compagnies puisqu'en montrant leur travail elles pouvaient être, elles aussi, choisies par les nombreux diffuseurs qui se déplaçaient alors. C'était à la MC93 que se déroulaient les soirées chorégraphiques.
Le choix des compagnies, après une sélection sur vidéo, se faisait avec un groupe de cinq membres de ce qu'on avait nommé Le conseil artistique qui était constitué par les représentants des 30 pays où se déroulaient les Plateformes. J'étais de tous les voyages et accompagnée de 3 à 5 confrères. Nous nous réunissions tous à la fin pour décider ensemble quelles compagnies nous retiendrions et je les informais de notre choix.
Les chorégraphe invités donnaient parfois des cours auxquels pouvaient participer les danseurs des autres compagnies qui étaient sur place.
Un beau-livre était publié avec les éditions Les belles lettres, qui concernait chacune des différentes années des Rencontres ou là aussi un écrivain français relatait sa perception des artistes et de leurs œuvres avec un reportage photo original à chaque fois.
Le Centre avait aussi créé avec les éditions Armand Colin une collection de livres monographiques qui portaient sur les chorégraphes, les photographes et autres artistes de la danse, écrits par des personnalités de la littérature contemporaine.
Le Centre s'était doté d'un Centre de documentation avec une bibliothèque et prêt d'ouvrages et des archives.
Avec ce Centre on organisait des conférences sur l'art chorégraphique dans les centres culturels étrangers à Paris.
CHARGÉE DE MISSION AUPRÈS DU CONSEIL GÉNÉRAL DE SEINE SAINT DENIS
En tant que chargée de mission, j'ai favorisé l'implantation de chorégraphes dans des résidences artistiques dans certaines villes qui n'en avaient pas encore et qui visaient à présenter leur travail aux publiques du 93 tout en les sensibilisant. Les artistes ont réalisé un travail magistral et engagé dans ce sens et les publiques des jeunes et des moins jeunes du département ont été émouvant dans leur façon de participer, de s'investir et de creer.